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Recueil de prières

Prières envoyées pendant la crise de la COVID 19

Prière à St Joseph

St josephJe te salue, Joseph,
Toi que la grâce divine a comblé.
Le sauveur a reposé dans tes bras et grandi sous tes yeux.
Tu es béni entre tous les hommes et Jésus,
l’enfant divin de ta virginale épouse est béni.
Saint Joseph, donné pour père au Fils de Dieu,
prie pour nous dans nos soucis de famille, de santé et de travail, jusqu’à nos derniers jours,
et daigne nous secourir à l’heure de notre mort.

Amen.

Prière à Notre Dame du Perpétuel secours

076a4620 4a29 44e1 bf77 156632f3fd6f n d de perpetuel secoursO sainte Vierge Marie, qui, pour nous inspirer une confiance sans bornes, avez voulu prendre le nom si doux de Mère du Perpétuel Secours, je vous supplie de me secourir en tout temps et en tout lieu, dans mes tentations, après mes chutes, dans mes difficultés, dans toutes les misères de la vie, et surtout au moment de ma mort.

Donnez-moi, ô charitable Mère, la pensée et l’habitude de recourir toujours à vous, car je suis sûr que si je vous invoque fidèlement, vous serez fidèle à me secourir. Procurez-moi donc cette grâce des grâces, la grâce de vous prier sans cesse et avec la confiance d’un enfant, afin que, par la vertu de cette prière fidèle, j’obtienne votre Perpétuel Secours et la persévérance finale.

Bénissez-moi, ô tendre et secourable Mère, et priez pour moi, maintenant et à l’heure de ma mort. Ainsi soit-il.

S'appuyer sur le Seigneur

Tu es là présent, livré pour nousNeff angel

Toi le tout petit des serviteurs

Toi, le Tout puissant, humblement Tu t'abaisses

Tu fais ta demeure en nous, Seigneur

 

Seigneur, je connais ma faiblesse, ma misère, mes incapacités et mon inconstance, aussi je ne m'appuie pas sur ma fidèlité mais sur la Tienne. Puisque tu es venu sauver ce qui était perdu, je m'appuie sur ta promesse. Et pour que, malgrè mon péché, je te laisse toute liberté d'agir avec moi selon ton bon plaisir, je me confie à la tendresse de Marie, ma Reine et ma Maman, à la protection de mon ange gardien et à l'intercession des anges et de tous les saints. AMEN

 

Prière envoyée par Bernadette.

Méditation : Bonne crise !

Bonne crise (Timothy RADCLIFFE)

« Nous ne devrions pas craindre les crises. C’est lorsque tout paraît fini, dans notre vie personnelle ou communautaire, que le Seigneur se manifeste d’une façon nouvelle et secrète…

En ces temps où l’humanité traverse une profonde crise de l’espérance, nous, chrétiens, devrions être aux aguets, les yeux et les oreilles bien ouverts, pour le reconnaître (le Christ) quand il viendra sous une forme inédite.

Les sacrements sont des signes. Ils expriment que nous espérons en quelque chose qui ne peut se dire avec des mots : la venue de Dieu. Ils désignent une plénitude expressive que seuls des gestes peuvent traduire.

« Gens des sacrements », nous devrions inventer une gestuelle créative qui soit l’expression de notre espérance.

Notre tâche est de faire des gestes qui appelleront les gens vers le Christ, des gestes qui soient le signe d’une espérance ineffable. »

 

Prière au Sacré coeur de Jésus

D’un cœur confiant et assuré, unissons-nous à la prière des religieuses du Secrétariat des Œuvres du Sacré Cœur à Paray le Monial : Sacre coeur

Seigneur Jésus, par ton Cœur,
Tu nous révèles
la plénitude de ton amour.
Dans l’Évangile, Tu nous montres
que la prière confiante
obtient des merveilles de grâce.Viens au secours de nos doutes.

Dans nos inquiétudes,
augmente notre foi.
Donne-nous de croire fermement
que Tu nous aimes d’un amour infini

En ces temps d’épidémie,
où nous sommes empêchés de Te recevoir
sacramentellement, viens nous visiter ;
pour nous fortifier dans nos épreuves.

Tu connais notre désir de T’aimer
et notre manque de fidélité.
Faibles et pécheurs,
nous nous en remettons avec confiance
à Ton immense miséricorde.
Protège-nous et garde-nous
dans la tendresse infinie de Ton Cœur.
Cœur de Jésus, plein d’amour et de bonté,
nous avons confiance en Toi.
Amen

La vierge marie n401Prière pour lutter contre le coronavirus

Notre Père,
nous demandons avec confiance
que le coronavirus de Wuhan
ne fasse plus de mal et que
l’épidémie soit maîtrisée rapidement,
que vous rendiez la santé
aux personnes touchées
et la paix aux endroits où elle s’est propagée.

Accueillez les personnes décédées de cette maladie,
réconfortez leurs familles.

Aidez et protégez le personnel
de santé qui la combat,
et inspirez et bénissez ceux
qui travaillent pour la contrôler.

Seigneur Jésus,
docteur de nos âmes et de nos corps,
nous nous sentons impuissants
dans cette situation
d’urgence sanitaire internationale
mais nous avons confiance en vous,

donnez-nous votre paix et votre santé.

 

Ô Marie,
protégez-nous,
continuez de prendre soin de nous
et de nous conduire avec votre amour
vers votre fils Jésus.
Amen.

 

Prière des malades à Notre Dame de Lourdes

Vierge Marie, Mère de Miséricorde,
c’est avec confiance que je tourne
vers Vous mon regard filial.

Je sais et je crois
que vous m’accompagnez dans mon épreuve,
comme vous l’avez fait pour Jésus, votre Fils,
sur le chemin du calvaire.

Quand ma croix sera trop lourde,
aidez-moi à la porter
et à ne pas perdre courage.

Vierge Marie, notre Mère
priez pour moi ainsi que pour tous ceux
qui me manifestent leur affection.

Que par votre intercession,
Jésus votre Fils,
nous comble de sa Paix
et nous garde dans l’Espérance.
Amen.

Paul Ostarena

Prières à Marie

Buglose sorde

Notre Dame de Buglose   église de Sorde l'abbaye

Notre dame de fatima 2020 n3 

Prière offerte par Gérard

Rosaire de Fatima

Fatima madonna shrines of europeFatima au Portugal, Notre-Dame du très saint Rosaire 1917 ;

Fatima, une ville à consonance musulmane pour avoir pris le nom d'une jeune-fille mauresque convertie au catholicisme au 12ème siècle. Il est à souligner par ailleurs, que la fille du prophète Mahomet se prénommait également Fatima.

La Vierge Marie est apparue en 1917 à Trois petits bergers, les petits pastoureaux, comme on les appelait en ce temps-là; il s'agit de : Lucia, l'ainée des trois, née le 22 mars 1907, Francesco né le 11 juin 1908, cousin germain de Lucie, et Jacintha, sœur de Francesco, née le 10 mars 1910.

Ce rosaire va nous permettre de revivre toutes les apparitions de l’ange et de la Vierge aux trois enfants tout d’abord. Puis, plus tard de la Vierge à Lucie.

MYSTERES JOYEUX

Premier mystère joyeux: L’ANNONCIATION

Fruit du mystère: Demandons une grande humilité

LES APPARITIONS DE L'ANGE
La première manifestation divine s'est traduite par l'apparition de l'Ange au printemps 1916.
-«Ne craignez pas! Je suis l'Ange de la Paix, annonça-t-il aux enfants. Priez avec moi !
S'agenouillant à terre, il courba le front jusqu'au sol, et récita alors trois fois cette prière: " Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je vous aime ! Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas et qui ne vous aiment pas !" »

Prière du sacrifice de Fatima :

O Jésus, c’est par amour pour vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie que je prie. 

  Deuxième mystère joyeux :

LA VISITE DE MARIE A SA COUSINE ELIZABETH

Fruit du mystère: Demandons une grande charité

 Poussés par un mouvement surnaturel, les enfants répétèrent les paroles de l’ange.

- Priez ainsi!, continua-t-il, les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications. Et il disparut.

Prière du pardon de Fatima :

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime et je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne vous aiment pas.

Troisième mystère joyeux:

LA NAISSANCE DE JESUS

Fruit du mystère: Demandons l’amour des pauvres et de la pauvreté, le détachement des richesses 

L'Ange se montra une seconde fois aux enfants, qui étaient en train de jouer, quelques semaines plus tard: "Que faites-vous? leur dit-il, Priez, priez beaucoup ! Les Cœurs de Jésus et de Marie ont sur vous des desseins de miséricorde. Offrez constamment au Très-Haut des prières et des sacrifices."
- Comment devons-nous nous sacrifier ? demanda Lucie.
- De tout ce que vous pourrez, offrez un sacrifice au Seigneur, en acte de réparation pour les péchés par lesquels il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. Attirez ainsi la paix sur votre patrie. Je suis son Ange gardien, l'Ange du Portugal. Par-dessus tout, acceptez et supportez avec soumission les souffrances que le Seigneur vous enverra.

Prière eucharistique de Fatima :

O très Sainte Trinité, je vous adore mon Dieu, mon Dieu, je vous aime dans le très Saint Sacrement.

Quatrième mystère joyeux:

LA PRESENTATION DE JESUS AU TEMPLE

Fruit du mystère: Demandons une grande pureté

"Puis à l'automne, raconte Lucie, alors que nous avions récité notre chapelet et la prière que l'Ange nous avait enseignée à sa première apparition, il nous apparut une troisième fois, tenant à la main un calice, et, au-dessus de celui-ci une Hostie, d'où tombaient dans le calice quelques gouttes de sang. Laissant le calice et l'Hostie suspendus en l'air, il se prosterna à terre, et répéta trois fois cette prière : «Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint Esprit, je vous adore profondément, et je vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Ame et Divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles du monde, en réparation des outrages, des sacrilèges et des indifférences par lesquels il est Lui-même offensé ! Et par les mérites infinis de son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pécheurs»
Puis, se levant, continue Lucie, il prit de nouveau le calice et me donna l'hostie, et donna à boire ce que contenait le calice à Jacinthe et à François, en disant en même temps: «Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu ! » De nouveau, il se prosterna à terre, et répéta avec nous, encore trois fois, la même prière.

Prière de conversion de Fatima :

Par votre pure et immaculée conception, ô Marie, obtenez la conversion de la Russie, de l’Espagne, du Portugal, de l’Europe et du monde entier.

Cinquième mystère joyeux:

LE RECOUVREMENT DE JESUS AU TEMPLE

Fruit du mystère: Demandons la recherche de Dieu en toute chose.

LES APPARITIONS DE LA VIERGE MARIE A LA COVA DA IRIA 
APPARITION DU 13 MAI 1917

Quelque temps plus tard, la "Dame vêtue de blanc", comme la décrit Lucie, "plus brillante que le soleil, qui rayonnait une lumière plus vive et plus intense qu'une coupe de cristal remplie d'eau pure, traversée par les rayons ardents du soleil", se montra aux enfants à un endroit appelé la Cova Da Iria, là où les moutons aimaient aller:

«N'ayez pas peur! dit-elle. Je ne vous ferai pas de mal.» 
- D'où êtes-vous? demande Lucie
- Je suis du Ciel. 
- Et que voulez-vous de moi ? poursuit Lucie.
- Je suis venue pour vous demander de venir ici six mois de suite, le 13 de chaque mois, à cette même heure. Plus tard je vous dirai qui je suis et ce que je veux.
- Et moi, demande Lucie, j'irai aussi au Ciel ? 
-Oui, tu iras. 
- Et Jacinthe?
-Aussi
- Et François ?
-Oui, il ira; mais il devra dire beaucoup de chapelets.
- Et Marie du Rosaire, la fille de José das Neves, est-elle au Ciel ? 
- Oui, répond la Dame.
- Et Amélie ? 
- Elle sera en Purgatoire jusqu'à fin du monde. 

Puis, la Vierge Marie demande:
- Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu'Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés qui l'offensent, et de supplication pour la conversion des pécheurs ? 
- Oui, nous le voulons. 
- Eh bien, vous aurez beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu sera votre réconfort.
Les enfants tombèrent alors à genoux pour réciter des prières. Puis la Dame blanche conclut:
- Dites le chapelet tous les jours, ajouta enfin la blanche Dame, afin d'obtenir la paix pour le monde, et la fin de la guerre.

Prière du salut :

Cœur doux de Marie, soyez le salut de la Russie, de l’Espagne, du Portugal, de l’Europe et du monde entier.

MYSTERES LUMINEUX

Premier mystère lumineux:

LE BAPTEME DE JESUS

Fruit du mystère: Demandons de devenir enfant de Dieu à l’exemple de Jésus

APPARITION DU 13 JUIN 1917
Une cinquantaine de personnes sont présentes à La Cova Da Iria; elles récitent le chapeletAlors qu'elles entament les litanies de la Sainte Vierge, Lucie les interrompt, avant de s'écrier: "Jacinthe, Notre-Dame va venir ; voilà l'éclair !"
Joignant les mains devant elle et levant les yeux, Lucie poursuit : " Vous m'avez demandé de venir ici. Dites-moi, s'il vous plaît, ce que vous voulez."
- Je veux que vous veniez ici le 13 du mois prochain, que vous récitiez le chapelet tous les jours, et que vous appreniez à lire. Plus tard, je vous dirai ce que je veux. 
Lucie fit cependant une requête: "Je voudrais vous demander de nous emmener au Ciel !"
-Oui, répondit la Vierge Marie, Jacinthe et Francesco je vais les emmener bientôt. Mais toi, tu resteras ici encore quelque temps. Jésus veut se servir de toi pour me faire connaître et aimer. II veut établir dans le monde la dévotion à mon Coeur Immaculé
- Je resterai ici toute seule ? demanda Lucie, inquiète 
- Non ma fille! Tu souffres beaucoup ?... Je ne t'abandonnerai jamais. Mon Cœur Immaculé sera ton refuge, et le chemin qui te conduira jusqu'à Dieu.
Et la Mère de Dieu disparut.

Prière après la dizaine :

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Deuxième mystère lumineux:

LES NOCES DE CANA

Fruit du mystère: Demandons la confiance en Dieu

APPARITION DU 13 JUILLET 1917
Comme pour répondre au curé qui doutait des apparitions, ou plutôt qui en donnait la paternité au démon, la Vierge Marie commence la conversation avec Lucie en ces termes: "C'est moi... Je viens du Ciel... En Enfer il ne peut pas y avoir tant de blancheur... tant de lumière. Surtout, il n'y a pas tant de bonté et de douceur..."
-Que voulez-vous de moi ? demande une nouvelle fois l'enfant.
- Je veux que l'on revienne ici le 13 du mois prochain ; que l'on continue à réciter le chapelet tous les jours, en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, car Elle seule peut vous secourir.
- Je voudrais vous demander de nous dire qui vous êtes, et de faire un miracle pour que tout le monde croie que vous nous apparaissez. 
- Que l'on continue à venir ici tous les mois. En Octobre, je dirai qui je suis, et ce que je veux; et je ferai un miracle que tout le monde verra pour croire. 
Elle ajoute: «Sacrifiez-vous pour les pécheurs, dit-elle, et dites souvent, spécialement chaque fois que vous ferez un sacrifice : 0 Jésus, c'est pour votre amour, pour la conversion des pécheurs, et en réparation pour les péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie.»
Aux demandes de guérison formulées par Lucie, Notre-Dame répond que la grâce ne sera pas consentie à toutes.

Prière du pardon de Fatima :

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime et je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne vous aiment pas.

Troisième mystère lumineux:

L’ANNONCE DU ROYAUME ET L’APPEL A LA CONVERSION

Fruit du mystère: Demandons la conversion du cœur

APPARITION DU 13 JUILLET 1917
La Vierge Marie montre ensuite l'enfer, première des trois parties du secret, aux trois enfants effrayés:
- Vous avez vu l'Enfer, où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si l'on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d'âmes se sauveront, et on aura la paix ! La guerre va finir; mais si l'on ne cesse pas d'offenser Dieu, une autre, pire, va commencer sous le règne de Pie XI. Quand vous verrez une nuit éclairée par une lumière inconnue), sachez que c'est le grand signe que Dieu vous donne, qu'il va punir le monde de ses crimes par le moyen de la guerre, de la famine, et des persécutions contre l'Église et contre le Saint-Père. Pour empêcher cela, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé, et la Communion réparatrice des premiers samedis. Si l'on écoute mes demandes, la Russie se convertira, et on aura la paix ; sinon elle répandra ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l'Église. Les bons seront martyrisés; le Saint Père aura beaucoup à souffrir ; plusieurs nations seront anéanties. Finalement, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie, qui se convertira, et il sera donné au monde un certain temps de paix. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi... Ceci, ne le dites à personne. A François seulement vous pouvez le dire. Quand vous dites le chapelet, dites après chaque dizaine: "O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer, et conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de Votre Miséricorde." 
Comme abasourdie parce qu'elle venait de voir et d'entendre, on la comprend aisément, Lucie laisse passer un court instant de silence avant de questionner encore : "Vous n'avez plus rien à me demander? "
- Non, aujourd'hui je ne te demande plus rien. 
Un coup de tonnerre marqua la fin de l'entretien et de la vision.

Prière eucharistique de Fatima :

O très Sainte Trinité, je vous adore mon Dieu, mon Dieu, je vous aime dans le très Saint Sacrement.

Quatrième mystère lumineux:

LA TRANSFIGURATION

Fruit du mystère: Demandons la lumière intérieure

13 AOUT 1917
Six mille personnes sont présentes à la Cova Da Iria, mais les enfants ne sont pas là, car l'Administrateur en opposition aux apparitions les avait séquestrés. (Ils furent relâchés le 15 Août 1917). L'apparition programmée n'eut lieu donc pas ce jour-là. 

Prière de conversion de Fatima :

Par votre pure et immaculée conception, ô Marie, obtenez la conversion de la Russie, de l’Espagne, du Portugal, de l’Europe et du monde entier.

Cinquième mystère lumineux:

L’INSTITUTION DE L’EUCHARISTIE

Fruit du mystère: Demandons l’amour de l’Eucharistie

APPARITION DU 19 AOUT 1917
A la traditionnelle question de Lucie: "Que voulez-vous de moi ?", la Vierge Marie répondit: 
- Je veux que vous continuiez à aller à la Cova da Iria le 13, et que vous continuiez à dire le chapelet tous les jours.
Lucie redemande à Notre-Dame de faire un miracle, pour que tout le monde croie.
- Oui, répondit la Vierge, le dernier mois, en Octobre, je ferai un miracle pour que tout le monde croie à mes apparitions. Si on ne vous avait pas emmenés à la ville, le miracle aurait été plus grandiose. Saint Joseph viendra avec l'Enfant Jésus, pour donner la paix au monde. Notre Seigneur viendra aussi pour bénir le peuple. Notre-Dame des Douleurs viendra aussi, et Notre-Dame du Carmel. 
Lucie demande alors ce qu'il faut faire de l'argent laissé par les gens au pied du chêne-vert à la Cova da Iria. 
- Je veux que l'on fasse deux brancards de procession. Tu porteras l'un avec Jacinthe et et deux autres petites filles habillées de blanc. L'autre, François le portera avec trois autres garçons comme lui, vêtus d'aubes blanches. Ce sera pour la fête de Notre-Dame du Rosaire. Ce qui restera de l'argent, servira pour aider à construire une chapelle.
- Je voudrais vous demander la guérison de quelques malades, demande encore Lucie. 
- Oui, j'en guérirai certains dans l'année.
Mais prenant un air triste, la Sainte Vierge ajoute: 
- Priez, priez beaucoup et faîtes des sacrifices pour les pécheurs, car beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu'il n'y a personne qui se sacrifie et prie pour elles. 
La Vierge Marie s'élève alors vers le ciel, mettant fin à l'entretien.

Prière du salut :

Cœur doux de Marie, soyez le salut de la Russie, de l’Espagne, du Portugal, de l’Europe et du monde entier.

MYSTERES DOULOUREUX

Premier mystère douloureux:

L’AGONIE DE JESUS A GETHSEMANI

Fruit du mystère: Demandons la contrition de nos péchés

APPARITION DU 13 SEPTEMBRE 1917

Plus de 25000 personnes se sont rassemblées à la Cova Da Iria dans l'attente de l'apparition.
- Que voulez-vous de moi ? demande, comme toujours, Lucie. 
- Continuez à réciter le chapelet tous les jours pour obtenir la fin de la guerre ! lui répond la Vierge. En Octobre, viendront aussi Notre Seigneur, et Saint Joseph avec l'Enfant Jésus, pour bénir le monde. Dieu est content de vos sacrifices, mais il ne veut pas que vous dormiez avec la corde. Portez-la seulement pendant le jour.
- On m'a priée de vous demander beaucoup de choses, dit Lucie : Une petite fille qui est sourde... Vous ne voulez pas la guérir ? 
-Au cours de l'année elle éprouvera du mieux... J'en guérirai quelques-uns ; les autres, non, parce que Notre Seigneur ne se fie pas à eux. 
Avant de mettre fin à son apparition, la Vierge Marie promit: "En octobre, je ferai le miracle, pour que tous croient." 

Prière du sacrifice de Fatima :

O Jésus, c’est par amour pour vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie que je prie.

Deuxième mystère douloureux:

LA FLAGELLATION

Fruit du mystère: Demandons le pardon de nos sensualités et la mortification

APPARITION DU 13 OCTOBRE 1917
Ce 13 octobre, malgré la pluie, la foule vint nombreuse pour assister au miracle prédit (plus de 50.000 personnes). 
A la demande traditionnelle de Lucie, "Que voulez-vous de moi ?", la Vierge Marie répondit:
Je veux te dire que l'on fasse ici une chapelle en mon honneur. Je suis Notre-Dame du Rosaire. Que l'on continue toujours à réciter le chapelet tous les jours. La guerre va finir et les militaires rentreront bientôt chez eux. 
Lucie sollicite à nouveau la guérison de malades.
Les uns, oui, les autres, non. Il faut qu'ils se corrigent, qu'ils demandent pardon de leurs péchés.
D'un air grave, Notre Dame rajoute:
- Que l'on n'offense pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, car il est déjà trop offensé!
- Vous ne voulez plus rien de moi, questionne enfin Lucie ?
- Non, je ne demande plus rien.
- Alors, je ne demande plus rien non plus.

Prière du pardon de Fatima :

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime et je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne vous aiment pas.

Troisième mystère douloureux:

LE COURONNEMENT D’EPINES

Fruit du mystère: Demandons le pardon de nos vanités et de nos mauvais désirs

Après que la Vierge Marie eut disparu, et alors que les enfants ont la vision de la Sainte Famille, puis de la Vierge, sous les traits de Notre Dame des Douleurs et de Notre Dame du Mont-Carmel, le miracle annoncé se produisit, le soleil se met à tourner vertigineusement.

Le père de Jacinthe et de Francisco raconte: «Tout à coup, la pluie a cessé, les nuages se sont écartés, laissant la place au soleil ...On pouvait le regarder parfaitement sans en être incommodé. On aurait dit qu'il s'éteignait et se rallumait, tantôt d'une manière, tantôt de l'autre. Il lançait des faisceaux de lumière, d'un côté et de l'autre, et peignait tout de différentes couleurs: les arbres, les gens, le sol, l'air. Le soleil ne faisait pas mal aux yeux. Tout le monde était immobile et silencieux... Tous regardaient le ciel. A un certain moment, le soleil s'arrêta, et puis recommença à danser, à tournoyer; il s'arrêta encore une fois, et se remit une nouvelle fois à danser, jusqu'au moment, enfin, où il parut se détacher du ciel, et s'avancer sur nous. II dégageait une forte chaleur. Ce fut un instant terrible, tout le monde croyait mourir!» 
A la suite de quoi, saisie de frayeur, la foule tomba à genoux pour redoubler de prières. 

Prière eucharistique de Fatima :

O très Sainte Trinité, je vous adore mon Dieu, mon Dieu, je vous aime dans le très Saint Sacrement.

Quatrième mystère douloureux:

LE PORTEMENT DE CROIX

Fruit du mystère: Demandons le courage dans les épreuves

Révélations données à Jacinthe dans le cœur

- Les péchés qui conduisent le plus d'âmes en enfer, ce sont les péchés de la chair. 
- Maman, il ne faut jamais manger de la viande le vendredi, ni nous en donner à nous autres... 
- II viendra des modes qui offenseront beaucoup Notre Seigneur. 
- Les personnes qui servent Dieu ne doivent pas suivre la mode. L'Eglise n'a pas de modes. Notre Seigneur est toujours le même.
- Si les hommes savaient ce qu'est l'éternité, ils feraient tout pour changer de vie.
- Les hommes se perdent, parce qu'ils ne pensent pas à la mort de Notre Seigneur, et ne font pas pénitence. 
- Beaucoup de mariages ne sont pas bons; ils ne plaisent pas à Notre Seigneur, et ne sont pas de Dieu. 
- Les guerres ne sont que le châtiment des péchés du monde. 
- Notre Dame ne peut plus retenir le bras de son Fils bien-aimé sur le monde. 
- II faut faire pénitence. Si les gens se corrigent, Notre Seigneur viendra encore secourir le monde; mais s'ils ne se corrigent pas, le châtiment viendra. 

Prière de conversion de Fatima :

Par votre pure et immaculée conception, ô Marie, obtenez la conversion de la Russie, de l’Espagne, du Portugal, de l’Europe et du monde entier.

Cinquième mystère douloureux:

LE CRUCIFIEMENT ET LA MORT DE JESUS

Fruit du mystère: Demandons l’Amour de Jésus et de Marie

Révélations données à Jacinthe dans le cœur :

- Priez beaucoup pour les pécheurs ! Priez beaucoup pour les prêtres ! Priez beaucoup pour les religieux ! La Mère de Dieu voudrait qu'il y ait plus de vierges qui s'attachent à elle par le vœu de chasteté. 
- Les prêtres devraient s'occuper seulement des choses de l'Eglise. 
- Les prêtres doivent être purs, très purs. 
- La désobéissance des prêtres et des religieux à leurs supérieurs et au Saint-Père offense beaucoup Notre Seigneur. 
- Priez beaucoup pour les gouvernements !
- Malheur à ceux qui persécutent la religion de Notre Seigneur 
- Si le gouvernement laissait en paix l'Eglise, et s'il donnait la liberté à la sainte religion, il serait béni de Dieu. 
- N'allez pas au milieu du luxe ! Fuyez les richesses ! 
-Ayez beaucoup de charité, même avec ceux qui sont mauvais. 
- Soyez amie de la pauvreté et du silence. 

Prière du salut :

Cœur doux de Marie, soyez le salut de la Russie, de l’Espagne, du Portugal, de l’Europe et du monde entier.

MYSTERES GLORIEUX

Premier mystère glorieux:

LA RESURRECTION

Fruit du mystère: Demandons une grande foi

Révélations données à Jacinthe dans le cœur :

- Ne dites du mal de personne, et fuyez ceux qui en disent. 
-Ayez beaucoup de patience, parce que la patience nous conduit au Ciel. 
- La confession est un sacrement de miséricorde. Aussi faut-il s'approcher du confessionnal avec confiance et joie. Sans confession il n'y a pas de salut. 
- Etre pur de corps, c'est garder la chasteté; être pur d'âme, c'est ne pas faire de péchés : ne pas regarder ce qu'il ne faut pas voir, ne pas voler, ne jamais mentir, dire toujours la vérité, même si cela coûte. 
- Ceux qui n'accomplissent pas les promesses faites à Notre-Dame ne seront jamais heureux dans leur vie. 

Prière du sacrifice de Fatima :

O Jésus, c’est par amour pour vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie que je prie. 

Deuxième mystère glorieux:

L’ASCENSION DE JESUS AU CIEL

Fruit du mystère: Demandons le détachement de la terre et le désir du ciel

LES APPARITIONS A PONTEVEDRA (Espagne)
François et Jacinthe sont morts de la grippe espagnole en 1919 et 1920.

Lucie est entrée au couvent des sœurs Dorothées, à Pontevedra, le 25 octobre 1925. 

Dans la soirée du 10 décembre 1925, Lucie, bénéficiera d'une nouvelle apparition de la Vierge-Marie et de l'Enfant-Jésus. 
La Sainte Vierge lui montra un Cœur entouré d'épines qu'Elle tenait dans Sa main. L'Enfant-Jésus dit: "Aie compassion du Cœur de ta Très Sainte Mère entouré des épines que les hommes ingrats lui enfoncent à tout moment, sans qu'il y ait personne pour faire acte de réparation afin de les en retirer."
La Vierge Marie ajouta: "Vois, ma fille, mon Cœur entouré d'épines que les hommes ingrats m'enfoncent à chaque instant par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, du moins, tâche de me consoler et dis que tous ceux qui, pendant cinq mois, le premier samedi, se confesseront, recevront la sainte Communion, réciteront un chapelet, et me tiendront compagnie pendant quinze minutes en méditant sur les quinze mystères du Rosaire, en esprit de réparation, je promets de les assister à l'heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme." 

"Le 15 janvier suivant, raconte Lucie, en allant porter une boîte à ordures en dehors de l'enclos, j'ai rencontré un enfant, et je lui ai demandé s'il savait l'Ave Maria. II me répondit que oui, et je lui dis de le réciter pour que je l'entende. Mais comme il ne se décidait pas à le dire seul, je l'ai récité trois fois avec lui. A la fin des trois Ave Maria, je lui ai demandé de le réciter seul. Comme il restait silencieux, et ne paraissait pas capable de le dire seul, je lui ai demandé s'il connaissait l'église Sainte-Marie. II me répondit que oui. Je lui dis d'y aller tous les jours et de dire là : `0 ma Mère du Ciel, donnez-moi votre petit Jésus!' Je lui ai enseigné cela et je suis partie. 

Le 1er février, en revenant au même endroit, je rencontrais un enfant, qui me parut le même, et je lui demandai: Alors, as-tu demandé le petit Jésus à notre Mère du Ciel ? L'enfant se tourna vers moi et me dit : 
- Et toi, as-tu répandu dans le monde ce que la Mère du Ciel t'a demandé ?"
C'est à cet instant que Lucie reconnut l'Enfant-Jésus.

Prière du pardon de Fatima :

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime et je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne vous aiment pas.

Troisième mystère glorieux:

LA PENTECOTE

Fruit du mystère: Demandons le zèle apostolique

La dévotion des 5 premiers samedis du mois, expliquée par Sœur Lucie
Jeudi 29 mai 1930 au soir, à la chapelle de Couvent de Tuy, Sœur Lucie de Fatima, faisait comme à l'accoutumée l’heure sainte, de 23 heures à minuit, selon les demandes du Sacré-Cœur à Paray-le-Monial. 

Une présence divine lui révéla qu'il y a cinq espèces d'offenses et de blasphèmes proférés contre le Cœur Immaculé de Marie : les blasphèmes contre l'Immaculée Conception ; les blasphèmes contre sa virginité ; les blasphèmes contre sa maternité divine, en refusant en même temps de la reconnaître comme Mère des hommes ; les blasphèmes de ceux qui cherchent publiquement à mettre dans le cœur des enfants l'indifférence ou le mépris, ou même la haine à l'égard de notre Mère Immaculée ; et les offenses de ceux qui l'outragent directement dans les saintes images. 

Voilà pourquoi, en réparation de ces cinq blasphèmes contre sa Très Sainte Mère, Notre Seigneur Jésus-Christ nous demande la dévotion réparatrice les cinq premiers samedis du mois, réclamés par le Seigneur et sa Mère en 1925. 

« Ils veulent donner la grâce du pardon aux âmes qui ont eu le malheur d'offenser le Cœur Immaculé de Marie au moyen de cette petite dévotion », explique Sœur Lucie.

« La Très Sainte Vierge promet aux âmes qui chercheront à lui faire réparation de cette manière, de les assister à l'heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires pour se sauver.

Prière eucharistique de Fatima :

O très Sainte Trinité, je vous adore mon Dieu, mon Dieu, je vous aime dans le très Saint Sacrement 

Quatrième mystère glorieux:

L’ASSOMPTION DE MARIE

Fruit du mystère: Demandons une sainte mort

LES APPARITIONS A TUY
Lucie ne resta qu'un an et demi à Pontevedra. Le 2 octobre 1926 prend le voile blanc des novices au couvent des soeurs Dorothées de Tuy.
Alors qu'elle était en prière, une lumière surnaturelle éclaira la chapelle, et, sur l'Autel, apparut une grande Croix de lumière qui s'élevait jusqu'au plafond.
"Dans une lumière plus claire, raconte Lucie, je voyais, sur la partie supérieure de la croix, le buste d'un homme avec sur la poitrine une colombe également lumineuse, et, cloué sur la croix, le corps d'un autre homme. Suspendu en l'air, on voyait un calice et une grande hostie sur laquelle tombaient quelques gouttes de sang qui coulaient des joues du Crucifié et d'une blessure à la poitrine. Coulant sur l'hostie, ces gouttes tombaient dans le calice. Sous le bras droit de la croix, se trouvait Notre-Dame de Fatima, avec son Coeur immaculé dans la main gauche, surmonté d'une couronne d'épines et des flammes. Sous le bras gauche de la croix, de grandes lettres, comme de l'eau cristalline qui aurait coulé au-dessus de l'autel, formaient ces mots Grâce et Miséricorde. Je compris que m'était montré le mystère de la Très Sainte Trinité, et je reçus des lumières sur ce mystère qu'il ne m'est pas permis de révéler...

En 1948, Sœur Lucie entrait au carmel de Coïmbra sous le nouveau nom de Sœur Marie Lucie du Cœur Immaculé.
Elle est décédée le 13 février 2005, à l'âge de 97 ans

Prière de conversion de Fatima :

Par votre pure et immaculée conception, ô Marie, obtenez la conversion de la Russie, de l’Espagne, du Portugal, de l’Europe et du monde entier.

Cinquième mystère glorieux:

LE COURONNEMENT DE LA VIERGE MARIE

Fruit du mystère: Demandons la persévérance finale

Troisième partie du "Secret de Fatima" transcrit par Sœur Lucia le 3 janvier 1944 : 
"J'écris en obéissance à vous, mon Dieu, qui me le commandez par l'intermédiaire de Mgr.l'Evêque de Leira et de votre Très Sainte Mère, qui est la mienne". 
"Après les deux parties que j'ai déjà exposées, nous avons vu sur le côté gauche de Notre-Dame, un peu plus en hauteur, un Ange avec une épée de feu dans la main gauche. Elle scintillait et émettait des flammes qui, semblait-il, devaient incendier le monde, mais elles s'éteignaient au contact de la splendeur qui émanait de la main droite de Notre-Dame, en direction de lui. L'Ange, indiquant la terre avec sa main droite, dit d'une voix forte: Pénitence! Pénitence!, Pénitence! Et nous vîmes dans une lumière immense qui est Dieu, quelque chose de semblable à la manière dont se voient les personnages dans un miroir quand elles passent devant, un Evêque vêtu de blanc. 'Nous avons eu le pressentiment que c'était le Saint-Père'. Nous avons vu divers autres évêques, prêtres, religieux et religieuses monter sur une montagne escarpée, au sommet de laquelle il y avait une grande Croix en troncs bruts, comme s'ils étaient en chêne-liège avec leur écorce. Avant d'y arriver, le Saint-Père traversa une grande ville à moitié en ruine et, à moitié tremblant, d'un pas vacillant, affligé de souffrance et de peine, il priait pour les âmes des cadavres qu'il trouvait sur son chemin. Parvenu au sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande Croix, il fut tué par un groupe de soldats qui tirèrent plusieurs coups avec une arme à feu et des flèches. De la même manière moururent les uns après les autres les évêques, les prêtres, les religieux et les religieuses, et divers laïcs, hommes et femmes de catégories sociales différentes. Sous les deux bras de la Croix, il y avait deux Anges, chacun avec un vase de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le sang des Martyrs, et avec lequel ils irriguaient les âmes qui s'approchaient de Dieu".

«Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint Esprit, je vous adore profondément, et je vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Ame et Divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles du monde, en réparation des outrages, des sacrilèges et des indifférences par lesquels il est Lui-même offensé ! Et par les mérites infinis de son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pécheurs. Amen»

Prières à Notre Dame de Buglose, à l'occasion de son Jubilé

Prière à Marie du pape François

O Marie,
tu resplendis toujours sur notre chemin
comme signe de salut et d’espérance.
Nous nous confions à toi, Santé des malades,
qui, auprès de la croix, as été associée à la douleur de Jésus,
en maintenant ta foi ferme.

Toi, Salut du peuple romain,
tu sais de quoi nous avons besoin
et nous sommes certains que tu veilleras
afin que, comme à Cana de Galilée,
puissent revenir la joie et la fête
après ce moment d’épreuve.

Aide-nous, Mère du Divin Amour,
à nous conformer à la volonté du Père
et à faire ce que nous dira Jésus,
qui a pris sur lui nos souffrances
et s’est chargé de nos douleurs
pour nous conduire, à travers la croix,
à la joie de la résurrection. Amen.

Sous Ta protection nous cherchons refuge, Sainte Mère de Dieu.
N’ignore pas nos supplications, nous qui sommes dans l’épreuve,
et libère-nous de tout danger, O Vierge glorieuse et bénie.

 


« Sous ta protection nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu ».

Dans la présente situation dramatique, chargée de souffrances et d’angoisses qui frappent le monde entier, nous recourons à Toi, Mère de Dieu et notre Mère, et nous cherchons refuge sous ta protection.

O Vierge Marie, tourne vers nous tes yeux miséricordieux dans cette pandémie du coronavirus, et réconforte ceux qui sont perdus et qui pleurent leurs proches qui sont morts, enterrés parfois d’une manière qui blesse l’âme. Soutiens ceux qui sont angoissés pour les personnes malades auprès desquelles, pour empêcher la contagion, ils ne peuvent être proches. Suscite la confiance en celui qui est inquiet pour l’avenir incertain et pour les conséquences sur l’économie et sur le travail.

Mère de Dieu et notre Mère, implore pour nous de Dieu, Père de miséricorde, que cette dure épreuve finisse et que revienne un horizon d’espérance et de paix. Comme à Cana, interviens auprès de ton Divin Fils, en lui demandant de réconforter les familles des malades et des victimes, et d’ouvrir leur cœur à la confiance.

Protège les médecins, les infirmiers et les infirmières, le personnel sanitaire, les volontaires qui, en cette période d’urgence, sont en première ligne et risquent leur vie pour sauver d’autres vies. Accompagne leur fatigue héroïque et donne-leur force, bonté et santé.

Sois aux côtés de ceux qui, nuit et jour, assistent les malades ainsi que des prêtres qui, avec sollicitude pastorale et engagement évangélique, cherchent à aider et à soutenir chacun.

Vierge Sainte, éclaire l’esprit des hommes et des femmes de science, pour qu’ils trouvent de justes solutions pour vaincre ce virus.

Assiste les Responsables des Nations, pour qu’ils œuvrent avec sagesse, sollicitude et générosité, en secourant ceux qui manquent du nécessaire pour vivre, en programmant des solutions sociales et économiques avec clairvoyance et avec esprit de solidarité.

Marie très Sainte, touche les consciences pour que les sommes considérables utilisées pour accroître et perfectionner les armements soient au contraire destinées à promouvoir des études adéquates pour prévenir de semblables catastrophes dans l’avenir.

Mère très aimée, fais grandir dans le monde le sens d’appartenance à une seule grande famille, dans la conscience du lien qui nous unit tous, pour que nous venions en aide aux nombreuses pauvretés et situations de misère avec un esprit fraternel et solidaire. Encourage la fermeté dans la foi, la persévérance dans le service, la constance dans la prière.

O Marie, Consolatrice des affligés, embrasse tous tes enfants dans la tribulation et obtiens que Dieu intervienne de sa main toute puissante pour nous libérer de cette terrible épidémie, afin que la vie puisse reprendre dans la sérénité son cours normal.

Nous nous confions à Toi, toi qui resplendis sur notre chemin comme signe de salut et d’espérance, o clémente, o miséricordieuse, o douce Vierge Marie. Amen.

 

 

 

 

 

Prière du Jubilé des 400 ansLogo buglose

Ô Notre Dame de Buglose,

comme j’aime t’honorer dans ce sanctuaire que tu t’es choisi depuis tant de siècles.

Je reconnais à ce choix la Mère d’un Dieu né dans une humble étable.

Comme lui, tu aimes tout ce qui est pauvre et caché.

C’est là que de nombreuses générations ont reçu de merveilleuses grâces par ta maternelle intercession.

Je m’unis à ces foules de pèlerins venues en ce lieu béni t’invoquer et te remercier.

A leur suite, je contemple ton regard qui m’invite à la confiance et ton sourire qui me communique la joie du ciel.

Tu nous dis en nous montrant Jésus : « Faites tout ce qu’il vous dira ! »

Sainte Vierge Marie, viens visiter le pauvre pèlerin que je suis et qui vient à toi avec sa reconnaissance, ses joies, ses espoirs mais aussi ses blessures, ses errances, ses questions, ses demandes.

Obtiens-moi la grâce de pouvoir expérimenter la tendresse de Dieu.

Aide-moi à découvrir que Dieu veut faire de moi son sanctuaire préféré.

Je pourrai alors chanter avec toi : « Le Seigneur fait pour moi des merveilles, Saint est son Nom ! »

Vierge Marie, Mère de l’Eglise, nous t’en prions, veille tout particulièrement sur notre diocèse.

Que l’Esprit Saint le renouvelle sans cesse sur les chemins de la sainteté. Amen

Prière du Jubilé

Prière à Notre dame de Buglose en ce temps de crise.

Marie

Notre Dame de Buglose

tu as été sortie de la boue, de la vase et des ténèbres.

 

En ce temps de maladie mondiale, le coronavirus,

soutiens tous les soignants

encourage tous les chercheurs

donne-leur la solidarité de la recherche.

 

Viens visiter aussi tous les autres malades.

 

Enlève de nous la peur, l'égoïsme et l'orgeuil

fortifie nous dans le discernement, la solidarité, la présence créatrice

enrichis notre humanité, fais nous entrevoir ses sommets

éclaire chacun de nous de la lumière inépuisable de l'Esprit.

 

Cette lumière fut répandue sur toi Marie ,

pour donner la vie à Jésus

pour révéler son Père du Ciel

pour laisser agir son Esprit.

 

Tu nous dis que Dieu est là. Toujours là.

Il dépose en nous le désir du combat pour la vie .

Partage nous ta foi, Marie.

 

Notre Dame de Buglose,

Prie pour nous et pour les autres.

Frère Eric

Prêtre Missionnaire Soignant Mime

écrit le 21 Mars 2020 à Biscarrosse

 

La Vierge à midi – Paul Claudel

Il est midi. Je vois l’église ouverte. Il faut entrer.
Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.
Je n’ai rien à offrir et rien à demander.
Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.
Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela
Que je suis votre fils et que vous êtes là.
Rien que pour un moment pendant que tout s’arrête.
Midi !
Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.
Ne rien dire, mais seulement chanter
Parce qu’on a le cœur trop plein,
Comme le merle qui suit son idée
En ces espèces de couplets soudains.
Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,
La femme dans la Grâce enfin restituée,
La créature dans son honneur premier
Et dans son épanouissement final,
Telle qu’elle est sortie de Dieu au matin
De sa splendeur originale.
Intacte ineffablement parce que vous êtes
La Mère de Jésus-Christ,
Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance
Et le seul fruit.
Parce que vous êtes la femme,
L’Eden de l’ancienne tendresse oubliée,
Dont le regard trouve le cœur tout à coup et fait jaillir
Les larmes accumulées,
Parce qu’il est midi,
Parce que nous sommes en ce jour d’aujourd’hui,
Parce que vous êtes là pour toujours,
Simplement parce que vous êtes Marie,
Simplement parce que vous existez,
Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !

 

Les plus belles pages sur Marie Avec les Saints

 

Saint Ephrem (v.306-373)

Prière à la très sainte Mère de Dieu

Très sainte Dame, Mère de Dieu, seule très pure d'âme et de corps, seule au delà de toute pureté, de toute chasteté, de toute virginité ; seule demeure de toute la grâce de l'Esprit-Saint ; par là surpassant incomparablement même les puissances spirituelles, en pureté, en sainteté d'âme et de corps ; jetez les yeux sur moi, coupable, impur, souillé dans mon âme et dans mon corps des tares de ma vie passionnée et voluptueuse ; purifiez mon esprit de ses passions ; sanctifiez, redressez mes pensées errantes et aveugles ; réglez et dirigez mes sens ; délivrez-moi de la détestable et infâme tyrannie des inclinations et passions impures ; abolissez en moi l'empire du péché, donnez la sagesse et le discernement à mon esprit enténébré, misérable, pour la correction de mes fautes et de mes chutes, afin que, délivré des ténèbres du péché, je sois trouvé digne de vous glorifier ; de vous chanter librement, seule vraie Mère de la vraie lumière, le Christ notre Dieu ; car seule avec lui et par lui, vous êtes bénie et glorifiée par toute créature invisible et visible, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

Trad. du P. d'Alès, in Marie, Mère de Dieu, Tradition anténicénienne, t. III, col. 180.



Saint Ambroise (339-397)

Marie, Miroir des Vierges

C'est l'ardeur à l'étude qui fait d'abord la noblesse du maître. Quoi de plus noble que la mère de Dieu ? Quoi de plus splendide que celle-là même qu'a choisie la splendeur ? Quoi de plus chaste que celle qui a engendré le corps sans souillure corporelle ? Et que dire de ses autres vertus ? Elle était vierge, non seulement de corps, mais d'esprit, elle dont jamais les ruses du péché n'ont altéré la pureté : humble de cœur, réfléchie dans ses propos, prudente, avare de paroles, avide de lecture ; elle mettait son espoir non dans l'incertitude de ses richesses, mais dans la prière des pauvres ; appliquée à l'ouvrage, réservée, elle prenait pour juge de son âme non l'homme, mais Dieu ; ne blessant jamais, bienveillante à tous, pleine de respect pour les vieillards, sans jalousie pour ceux de son âge, elle fuyait la jactance, suivait la raison, aimait la vertu. Quand donc offensa-t-elle ses parents, ne fût-ce que dans son attitude ? Quand la vit-on en désaccord avec ses proches ? Quand repoussa-t-elle l'humble avec dédain, se moqua-t-elle du faible, évita-t-elle le miséreux ? Elle ne fréquentait que les seules réunions d'hommes où, venue par charité, elle n'eût pas à rougir ni à souffrir dans sa modestie. Aucune dureté dans son regard, aucune licence dans ses paroles, aucune imprudence en ses actes ; rien de heurté dans le geste, de relâché dans la démarche, d'insolent dans la voix : son attitude extérieure était l'image même de son âme, le reflet de sa droiture. Une bonne maison doit se reconnaître à son vestibule, et bien montrer dès l'entrée qu'elle ne recèle pas de ténèbres ; ainsi notre âme doit-elle, sans être entravée par le corps, donner au dehors sa lumière, semblable à la lampe qui répand de l'intérieur sa clarté.

... Bien que Mère du Seigneur, elle aspirait pourtant à apprendre les préceptes du Seigneur ; elle qui avait enfanté Dieu, souhaitait pourtant de connaître Dieu.

Elle est le modèle de la virginité. La vie de Marie doit être en effet à elle seule un exemple pour tous. Si donc nous aimons l'auteur, apprécions aussi l'œuvre ; et que toutes celles qui aspirent à ses privilèges imitent son exemple. Que de vertus éclatent en une seule vierge ! Asile de la pureté, étendard de 1a foi, modèle de la dévotion ; vierge dans la maison, auxiliaire pour le sacerdoce, mère dans le temple.

Combien de vierges ira-t-elle chercher pour les prendre dans ses bras et les conduire au Seigneur, disant : Voici celle qui a gardé le lit de mon fils, celle qui a gardé la couche nuptiale dans une pureté immaculée. Et de même, le Seigneur les confiera au Père, redisant la parole qu'il aimait : " Père saint, voici celles que je t'ai gardées, sur lesquelles le Fils de l'homme inclinant la tête s'est reposé ; je demande que là où je suis, elles soient avec moi. Mais puisque n'ayant pas vécu pour elles seules, elles ne doivent pas se sauver seules, puissent-elles racheter, l'une ses parents, l'autre ses frères. Père juste, le monde ne m'a pas connu, mais elles m'ont connu, et elles n'ont pas voulu connaître le monde. "

Quel cortège, quels applaudissements d'allégresse parmi les anges ! Elle a mérité d'habiter le ciel, celle qui a vécu dans le siècle une vie céleste. Alors Marie, prenant le tambourin, conduira les chœurs des vierges chantant au Seigneur, et bénissant d'avoir traversé la mer du siècle sans sombrer dans ses remous. Alors, toutes exulteront, disant : J'entrerai à l'autel de mon Dieu, du Dieu qui réjouit ma jeunesse. J'immole à Dieu un sacrifice de louange, et j'offre mes vœux au Très-Haut.

Et je ne doute pas que devant vous ne s'ouvrent tout grands les autels de Dieu, vous dont j'oserais dire que les âmes sont des autels où chaque jour, pour la rédemption du Corps mystique, 1e Christ est immolé. Car si le corps de la Vierge est le temple de Dieu, que dire de l'âme, qui, mise à nu par la main du Prêtre éternel, les cendres du corps pour ainsi dire écartées, exhale la chaleur du feu divin ? Bienheureuses vierges, embaumées du parfum immortel de la grâce, comme les jardins par les fleurs, les temples par le culte divin, les autels par le prêtre.

Extrait du De Virginibus, dédié en 377 par saint Ambroise à sa sœur Marcelline, religieuse à Rome. P.L., 16, col. 209 et ss. (trad. de Mlle Mestivier).



Saint Augustin (354-430)

Marie est plus heureuse de comprendre la foi au Christ que de concevoir la chair du Christ. Sa liaison maternelle ne lui eût servi de rien, si elle n'avait été plus heureuse de porter le Christ dans son cœur que de le porter dans sa chair".

[...]

De la Sainte Vierge Marie, pour l'honneur du Christ, je ne veux pas qu'il soit question lorsqu'il s'agit de péchés. Nous savons en effet qu'une grâce plus grande lui a été accordée pour vaincre de toute part le péché par cela même qu'elle a mérité de concevoir et d'enfanter celui dont il est certain qu'il n'eut aucun péché.

De natura et gratia (De la nature et de la grâce), XXXXVI. P.L., 44, col. 267.



Marie est notre Mère, comme l'Eglise

Seule entre les femmes, Marie n'est pas seulement d'esprit mais de corps à la fois mère et vierge. D'esprit, elle est mère, non pas sans doute de notre Chef et Sauveur, de qui plutôt elle est née selon l'esprit (*), car tous ceux qui croient en lui - et elle est du nombre - méritent d'être appelés fils de l'Epoux ; mais bien de nous, qui sommes ses membres ; car elle coopéra, par sa charité, à la naissance des fidèles dans l'Eglise, des membres de ce Chef. De corps, elle est mère de notre Chef même. Il fallait que, par un insigne miracle, notre Chef naquît, selon la chair, d'une vierge, pour indiquer que ses membres naîtraient, selon l'Esprit, de l'Eglise vierge. Ainsi Marie est-elle, d'esprit et de corps, mère et vierge : Mère du Christ et Vierge du Christ.

De sancta virginitate, VI. P.L., 40, col. 399.

(*) : Saint Augustin n'avait pas une vue assez nette de la maternité divine. Mais 1e sens de ce passage est très juste : Marie eut, comme tous les humains, besoin d'être rachetée et engendrée à la grâce par son Fils. Son privilège de conception immaculée est un effet anticipé de la Croix. Elle est deux fois " fille de son Fils ", comme créature et comme immaculée.

 

 

Saint Cyrille d'Alexandrie (380-444)

Lettre aux moines d'Egypte, avant le Concile, pour les mettre en garde contre l'hérésie de Nestorius
(Nestorius, patriarche de Constantinople, se dressa contre l'appellation de "Mère de Dieu" [Théotokos] attribuée à Marie. Il fut condamné au Concile œcuménique d'Ephèse, en 431.)

... Je m'étonne qu'il y ait des gens pour poser cette question : faut-il, ou ne faut-il pas appeler la Sainte Vierge Mère de Dieu ? Car si Notre-Seigneur Jésus-Christ est Dieu, comment la Vierge qui l'a mis au monde ne serait-elle pas la Mère de Dieu ? C'est la croyance que nous ont transmise les saints apôtres, même s'ils ne se sont pas servis de ce terme. C'est l'enseignement que nous avons reçu des saints Pères. Et tout particulièrement notre Père de vénérable mémoire, Athanase, qui pendant quarante-six ans a illustré le siège d'Alexandrie, qui a opposé aux inventions des hérétiques impies une sagesse invincible et digne des apôtres, Athanase, qui a embaumé du parfum de ses écrits l'univers tout entier, à qui tous rendent témoignage pour son orthodoxie et sa piété, Athanase, au troisième livre du traité qu'il a composé sur la Trinité sainte et consubstantielle, appelle à plusieurs reprises la Sainte Vierge, Mère de Dieu. Je vais citer textuellement ses propres paroles : " La sainte Ecriture, nous l'avons fait remarquer bien souvent, se caractérise principalement en ceci, qu'elle rend au sujet du Sauveur un double témoignage. D'une part, il est le Dieu éternel, le Fils, le Verbe, le resplendissement et la sagesse du Père ; d'autre part, en ces derniers temps et pour notre salut, il a pris chair de la Vierge Marie, Mère de Dieu, et s'est fait homme. " Et un peu plus loin : " Il y a eu beaucoup de saints ; il y a eu des hommes exempts de tout péché : Jérémie a été sanctifié dès le sein maternel ; Jean, encore porté dans les entrailles de sa mère, a tressailli d'allégresse à la voix de Marie, la Mère de Dieu. " Ainsi parle cet homme considérable, si digne d'inspirer confiance, car il n'aurait jamais rien dit qui ne fût conforme aux saintes Écritures...

D'ailleurs l'Ecriture divinement inspirée déclare que le Verbe de Dieu s'est fait chair, c'est-à-dire s'est uni à une chair douée d'une âme raisonnable. A sa suite le grand et saint concile de Nicée enseigne que c'est le même Fils unique de Dieu, engendré de la substance du Père, par qui tout a été fait, en qui tout subsiste, qui pour nous autres hommes et pour notre salut est descendu des cieux, s'est incarné, s'est fait homme, a souffert, est ressuscité, et reviendra un jour comme juge ; le Concile nomme le Verbe de Dieu : le seul Seigneur Jésus-Christ. Et que l'on observe bien qu'en parlant d'un seul Fils, et en le nommant le Seigneur, le Christ-Jésus, le Concile déclare qu'il est engendré par Dieu le Père, qu'il est le Monogène. Dieu de Dieu, lumière de lumière, engendré, non créé, consubstantiel au Père... Et dès lors la Sainte Vierge peut être appelée à la fois Mère du Christ, et Mère de Dieu, car elle a mis au monde non point un homme comme nous, mais bien le Verbe du Père qui s'est incarné et s'est fait homme.

Mais, dira-t-on : " La Vierge est-elle donc mère de la divinité ? " A quoi nous répondons : Le Verbe vivant, subsistant, a été engendré de la substance même de Dieu le Père, il existe de toute éternité, conjointement avec celui qui l'a engendré, il est en lui, avec lui. Mais dans la suite des temps, il s'est fait chair, c'est-à-dire s'est uni une chair possédant une âme raisonnable, dès lors on peut dire qu'il est né de la femme, selon la chair. Ce mystère d'ailleurs a quelque analogie avec notre génération même. Sur la terre en effet les mères, d'après les lois mêmes de la nature, portent dans leur sein un fruit qui, obéissant aux mystérieuses énergies déposées par Dieu, évolue et finalement se développe en forme humaine ; mais c'est Dieu qui dans ce petit corps met une âme de la manière que lui seul connaît. " C'est Dieu qui façonne l'âme de l'homme ", dit le prophète. Or autre chose est la chair, autre chose est l'âme. Pourtant bien que les mères aient produit le corps seulement, on ne laisse pas de dire qu'elles ont mis au monde l'être vivant, corps et âme, et non point seulement une de ses parties. Nul ne dirait par exemple qu'Elisabeth est la mère de la chair (sarkotokos), qu'elle n'est pas la mère de l'âme (psychotokos) ; car elle a mis au monde Jean-Baptiste, avec son corps et son âme, cette personne unique, l'homme composé de corps et d'âme. C'est quelque chose de semblable qui se passe à la naissance de l'Emmanuel. II a été engendré, avons-nous dit, de la substance du Père, étant son Verbe, son Fils unique ; mais quand il a pris chair, et qu'il s'est fait Fils de l'homme, il n'y a, ce me semble, aucune absurdité à dire, et bien plutôt il est nécessaire de confesser, qu'il est né de la femme selon la chair. Exactement comme l'on dit que l'âme de l'homme naît en même temps que son corps, et ne fait qu'un avec lui, bien qu'elle en diffère complètement quant à la nature.

Epist. I, P.G., 77. (trad. E. Amann, Le dogme catholique dans les Pères de l'Eglise, Beauchesne, 1922.

Acclamation

Nous vous saluons, ô Marie, Mère de Dieu, véritable trésor de tout l'univers, flambeau qui ne se peut jamais éteindre, couronne de la virginité, sceptre de la foi orthodoxe, temple incorruptible, lieu de celui qui n'a pas de lieu, par laquelle nous a été donné celui qui est appelé Béni par excellence, et qui est venu au nom du Seigneur. C'est par vous que la Trinité est glorifiée ; que la croix est célébrée et adorée par toute la terre ; c'est par vous que les cieux tressaillent de joie, que les anges sont réjouis, que les démons sont mis en fuite, que le démon tentateur est tombé du ciel, que la créature tombée est mise en sa place.

[...]

Adorons la très sainte Trinité, en célébrant par nos hymnes Marie toujours Vierge et son Fils, l'Epoux de l'Eglise, Jésus-Christ notre Seigneur, à qui appartient tout honneur et gloire aux siècles des siècles.

Bossuet, Catéchisme des prières ecclésiastiques. Explication des litanies de la Très Sainte Vierge.



Saint Jean Damascène (v.675-749)

Portrait de Marie

Aujourd'hui la souche de Jessé a produit son rejeton, sur lequel s'épanouira pour le monde une fleur divine. Aujourd'hui, celui qui avait autrefois fait monter des eaux le firmament, crée sur la terre, d'une substance terrestre, un ciel nouveau ; et ce ciel est beaucoup plus beau et plus divin que l'autre, car de lui naîtra le soleil de justice, celui qui a créé l'autre soleil...

Que de miracles se réunissent en cette enfant, que d'alliances se font en elle ! Fille de la stérilité, elle sera la virginité qui enfante. En elle se fera l'union de la divinité et de l'humanité, de l'impassibilité et de la souffrance, de la vie et de la mort, pour qu'en tout ce qui était mauvais soit vaincu par le meilleur. O fille d'Adam et Mère de Dieu ! Et tout cela a été fait pour moi, Seigneur ! Si grand était votre amour pour moi que vous avez voulu, non pas assurer mon salut par les anges ou quelque autre créature, mais restaurer par vous-même celui que vous aviez d'abord créé vous-même. C'est pourquoi je tressaille d'allégresse et je suis plein de fierté, et dans ma joie, je me tourne vers la source de ces merveilles, et emporté par les flots de mon bonheur, je prendrai la cithare de l'Esprit pour chanter les hymnes divins de cette naissance...

Aujourd'hui, le créateur de toutes choses, Dieu le Verbe compose un livre nouveau, jailli du cœur de son Père, et qu'il écrit par le Saint-Esprit, qui est la langue de Dieu...

O fille du roi David et Mère de Dieu, Roi universel ! O divin et vivant objet, dont la beauté a charmé le Dieu créateur, vous dont l'âme est toute sous l'action divine et attentive à Dieu seul ; tous vos désirs sont tendus vers cela seul qui mérite qu'on le cherche, et qui est digne d'amour ; vous n'avez de colère que pour le péché et son auteur. Vous aurez une vie supérieure à la nature, mais vous ne l'aurez pas pour vous, vous qui n'avez pas été créée pour vous. Vous l'aurez consacrée tout entière à Dieu, qui vous a introduite dans le monde, afin de servir au salut du genre humain, afin d'accomplir le dessein de Dieu, l'Incarnation de son Fils et la déification du genre humain. Votre cœur se nourrira des paroles de Dieu : elles vous féconderont, comme l'olivier fertile dans la maison de Dieu, comme l'arbre planté au bord des eaux vives de l'Esprit, comme l'arbre de vie, qui a donné son fruit au temps fixé : le Dieu incarné, la vie de toutes choses. Vos pensées n'auront d'autre objet que ce qui profite à l'âme, et toute idée non seulement pernicieuse, mais inutile, vous la rejetterez avant même d'en avoir senti le goût.

Vos yeux seront toujours tournés vers le Seigneur, vers la lumière éternelle et inaccessible ; vos oreilles attentives aux paroles divines et aux sons de la harpe de l'Esprit, par qui le Verbe est venu assumer notre chair... vos narines respireront le parfum de l'époux, parfum divin dont il peut embaumer son humanité. Vos lèvres loueront le Seigneur, toujours attachées aux lèvres de Dieu. Votre bouche savourera les paroles de Dieu et jouira de leur divine suavité. Votre cœur très pur, exempt de toute tache, toujours verra le Dieu de toute pureté et brûlera de désir pour lui. Votre sein sera la demeure de celui qu'aucun lieu ne peut contenir. Votre lait nourrira Dieu, dans le petit enfant Jésus. Vous êtes la porte de Dieu, éclatante d'une perpétuelle virginité. Vos mains porteront Dieu, et vos genoux seront pour lui un trône plus sublime que celui des chérubins... Vos pieds, conduits par la lumière de la loi divine, le suivant dans une course sans détours, vous entraîneront jusqu'à la possession du Bien-Aimé. Vous êtes le temple de l'Esprit-Saint, la cité du Dieu vivant, que réjouissent les fleuves abondants, les fleuves saints de la grâce divine. Vous êtes toute belle, toute proche de Dieu ; dominant les Chérubins, plus haute que les Séraphins, très proche de Dieu lui-même.

Salut, Marie, douce enfant d'Anne ; l'amour à nouveau me conduit jusqu'à vous. Comment décrire votre démarche pleine de gravité ? votre vêtement ? le charme de votre visage ? cette sagesse que donne l'âge unie à la jeunesse du corps ? Votre vêtement fut plein de modestie, sans luxe et sans mollesse. Votre démarche grave, sans précipitation, sans heurt et sans relâchement. Votre conduite austère, tempérée par la joie, n'attirant jamais l'attention des hommes. Témoin cette crainte que vous éprouvâtes à la visite inaccoutumée de l'ange ; vous étiez soumise et docile à vos parents ; votre âme demeurait humble au milieu des plus sublimes contemplations. Une parole agréable, traduisant la douceur de l'âme. Quelle demeure eût été plus digne de Dieu ? Il est juste que toutes les générations vous proclament bienheureuse, insigne honneur du genre humain. Vous êtes la gloire du sacerdoce, l'espoir des chrétiens, la plante féconde de la virginité. Par vous s'est répandu partout l'honneur de la virginité. Que ceux qui vous reconnaissent pour la Mère de Dieu soient bénis, maudits ceux qui refusent...

O vous qui êtes la fille et la souveraine de Joachim et d'Anne, accueillez la prière de votre pauvre serviteur qui n'est qu'un pécheur, et qui pourtant vous aime ardemment et vous honore, qui veut trouver en vous la seule espérance de son bonheur, le guide de sa vie, la réconciliation auprès de votre Fils et le gage certain de son salut. Délivrez-moi du fardeau de mes péchés, dissipez les ténèbres amoncelées autour de mon esprit, débarrassez-moi de mon épaisse fange, réprimez les tentations, gouvernez heureusement ma vie, afin que je sois conduit par vous à la béatitude céleste, et accordez la paix au monde. A tous les fidèles de cette ville, donnez la joie parfaite et le salut éternel, par les prières de vos parents et de toute l'Eglise.

Homil. I in Nativ. B.M.V., P.G., 99, col. 672 et ss. (trad. de Mlle Mestivier).

 

 

Saint Anselme (1033-1109)

Prières et Contemplations

O vous, tendrement puissante, puissamment tendre, ô Marie, de qui est sortie la source des miséricordes, n'arrêtez pas, je vous en prie, cette miséricorde si vraie, là où vous reconnaissez une véritable misère. Car si moi de mon côté je suis confondu dans la turpitude de mes iniquités en face de votre sainteté éblouissante, vous, du moins, ô ma Dame, vous n'avez pas à rougir de vos sentiments miséricordieux, si naturels à l'égard d'un malheureux ! Si je confesse mon iniquité, me refuserez-vous votre bienveillance ? Si ma misère est plus grande qu'elle n'aurait dû être, votre miséricorde sera-t-elle plus faible qu'il ne vous convient ? O ma Dame, plus mes fautes paraissent impures à la face de Dieu et devant vous, plus aussi elles ont besoin d'être guéries, grâce à votre intervention. Guérissez donc, ô très clémente, ma faiblesse ; effacez cette laideur qui vous offense ; ôtez-moi, ô très bénigne, cette maladie, et vous ne sentirez plus cette infection qui vous répugne tant ; faites, ô très douce, qu'il n'y ait plus de remords, et rien ne subsistera plus qui puisse déplaire à votre pureté. Faites ainsi, ô ma Dame, exaucez-moi. Guérissez l'âme du pécheur, votre serviteur, par la vertu du fruit béni de votre sein, de Celui qui siège à la droite de son Père le Tout-Puissant, " digne de louange et de gloire au-dessus de tout et pour les siècles " (Dan., III, 53).
 

O Marie, Marie la grande, la plus grande des Bienheureuses Maries, plus grande que toutes les femmes. O grande Dame, si grande, mon cœur veut vous aimer, ma bouche souhaite vous louer, mon esprit désire vous vénérer, mon âme aspire à vous prier : tout mon être se recommande à votre protection. O cœur de mon âme, faites effort, et vous, profondeurs intimes de moi-même, autant que vous le pouvez, si vous le pouvez, efforcez-vous de louer ses mérites, d'aimer sa béatitude, d'admirer sa hauteur, d'implorer sa bienveillance, car vous avez besoin chaque jour de son patronage ; en ayant besoin vous le désirez ; votre désir supplie ; vos supplications obtiendront, sinon selon vos désirs, certainement au delà de nos mérites. O Reine des anges, Souveraine du monde, Mère de Celui qui purifie le monde, je confesse que mon cœur est trop souillé pour que je n'aie pas à rougir de me tourner vers vous, la Pureté même, et me tournant vers elle, que je puisse être digne de la toucher. O Vous donc, Mère de Celui qui sauva mon âme, tout mon cœur, autant qu'il le peut, vous supplie. Exaucez, ô ma Dame, soyez propice, aidez-moi de votre toute-puissance, afin que soient purifiées les souillures de mon âme, que mes ténèbres reçoivent la lumière, que ma tiédeur s'embrase, que je me réveille de ma torpeur, en attendant ce jour où votre bienheureuse sainteté (qui l'emporte sur toute autre à l'exception de votre Fils, dominateur de toute chose) sera exaltée, à cause de votre Fils tout-puissant et glorieux, par la bénédiction de vos fils de la terre. Au-dessus de tout (à l'exception de mon Maître et de mon Dieu, Dieu de toute chose, votre Fils), que mon cœur vous connaisse et vous admire, vous aime et vous implore, non avec l'ardeur d'un être imparfait qui n'a que des désirs, mais autant que le doit quelqu'un qui a été fait et sauvé, racheté et ressuscité par votre Fils .

... Vous êtes la cour de la propitiation universelle, la cause de la réconciliation générale, le vase et le temple de la vie et du salut pour l'univers ; mais je resserre trop vos mérites lorsque je restreins vos bienfaits à ce que vous avez accompli pour moi seul, homme vil, alors que le monde qui vous aime se réjouit de vos bienfaits, et dans sa joie proclame ce que vous fîtes pour lui. Car vous êtes, ô Dame, par votre fécondité en œuvres de salut, digne de vénération pour votre inappréciable sainteté ; vous avez montré au monde son Seigneur et son Dieu qu'il ne connaissait pas : vous avez montré au monde visible son Créateur qu'il n'avait pas encore vu ; vous avez enfanté pour le monde le restaurateur dont, perdu, il avait besoin, le réconciliateur que, coupable, il n'avait pas encore. Par votre fécondité, ô Dame, le monde pécheur a été justifié ; damné, a été sauvé ; exilé, fut rapatrié. Votre enfantement, ô Dame, a racheté le monde captif ; malade, il l'a guéri, et, mort, ressuscité.

Le ciel et les étoiles, la terre et les fleuves, le jour et la nuit, et toutes choses soumises à la puissance ou au projet des hommes, se félicitent d'avoir perdu la gloire, parce que, ô Dame, une nouvelle grâce ineffable, ressuscitée en quelque sorte par vous, leur a été conférée. En effet, toutes choses étaient comme mortes quand elles perdirent leur propriété naturelle de service à la domination et aux usages de ceux qui louent Dieu : car c'est pour cela qu'elles avaient été faites ; elles étaient accablées sous l'oppression et souillées par l'abus que faisaient d'elles les serviteurs des idoles, pour qui elles n'avaient pas été faites. Mais voici que, ressuscitées, elles félicitent leur Souveraine de ce qu'elles sont maintenant régies par la puissance de ceux qui confessent Dieu, et honorées par l'usage qu'ils en font. Une grâce nouvelle, inestimable, les a fait bondir de joie, en quelque manière, quand elles sentirent non seulement que Dieu lui-même, leur Créateur, régnait sur elles désormais invinciblement, mais encore qu'en se servant d'elles visiblement, il les sanctifiait au dedans. Ces biens si grands, c'est par le fruit béni de la bénie Marie qu'ils leur sont parvenus.

... O merveille, je contemple Marie : dans quelle hauteur sublime la vois-je ! Rien n'est égal à Marie, rien, si ce n'est Dieu, n'est plus grand qu'elle. Dieu a donné à Marie son Fils lui-même que, seul, égal à lui, il engendre de son cœur, comme s'aimant lui-même ; de Marie il s'est fait un fils, non un autre, mais le même ; de telle sorte que, par nature, il fût unique et le même, Fils commun de Dieu et de Marie. Toute la nature a été créée par Dieu, et Dieu est né de Marie. Dieu a tout créé, et Marie a enfanté Dieu. Dieu qui a fait toutes choses s'est fait lui-même de Marie ; et ainsi il a refait tout ce qu'il avait fait. Celui qui a pu faire toutes choses de rien n'a pas voulu refaire sans Marie ce qui avait été souillé. Dieu est donc le Père des choses créées, et Marie la Mère des choses " recréées ". Dieu est le Père qui a construit toute chose, et Marie la Mère qui a tout reconstruit. Dieu a engendré Celui par qui tout a été fait ; et Marie a enfanté Celui par qui tout a été sauvé. Dieu a engendré Celui sans qui rien n'existerait d'aucune façon, et Marie a enfanté Celui sans qui rien ne serait " bien ". Vraiment, le Seigneur est avec vous, car il fait que toute créature vous devrait tant, et d'accord avec lui !

... O bonne Mère, je vous en supplie par cet amour dont vous chérissez votre Fils, de même que vraiment vous l'aimez et que vous voulez qu'il soit aimé, accordez que moi aussi vraiment je l'aime. Ainsi, je vous le demande : que s'accomplisse réellement ce qui est de votre volonté. Pourquoi donc ne se ferait pas, à cause de mes péchés, ce qui est cependant en votre pouvoir ? Ami des hommes, et qui avez pitié d'eux, vous avez pu aimer, et jusqu'à la mort, vos coupables, et vous pourriez, à qui vous le demande, refuser l'amour pour vous et pour votre Mère ? O Mère de Celui qui nous aime, qui avez mérité de le porter dans votre sein et de l'allaiter à vos mamelles, ne pourrez-vous pas, ou ne voudrez-vous point, accorder à qui vous le demande l'amour pour lui et pour vous ? Que mon esprit, comme vous en êtes digne, vous vénère ; que mon cœur, comme il est juste, vous aime ; que mon âme, comme il lui est avantageux, vous chérisse ; que ma chair, comme elle le doit, vous serve ; qu'à cela se consume ma vie, afin que tout mon être vous chante pendant l'éternité. Béni soit le Seigneur éternellement. Ainsi soit-il ! Ainsi soit-il !

Méditations et prières, trad. Dom. Castel, Desclée de Brouwer.



Saint Bernard (1090-1153)

La Mère de Miséricorde

Il n'est rien qui, tout à la fois, me charme et m'effraie davantage que de parler des gloires de la Vierge Mère. Car, pour passer sous silence l'impossibilité où l'on se trouve d'exprimer le privilège de ses mérites et sa prérogative unique, tous, comme il convient, ont pour Marie une dévotion si ardente, un tel culte, une telle estime, qu'en dépit des efforts de tous, il n'est rien qu'on dise de son indicible gloire qui, par le fait même qu'on a pu le dire, satisfasse pleinement les auditeurs et réponde à leur attente...

Qu'on ne parle plus de votre miséricorde, ô bienheureuse Vierge, s'il est un seul homme qui se rappelle vous avoir invoqué en vain dans ses besoins. Nous, vos petits serviteurs, nous vous félicitons de vos autres vertus, mais nous nous félicitons nous-mêmes de votre miséricorde. Nous louons votre virginité, nous admirons votre humilité, mais, pour les malheureux que nous sommes, votre miséricorde a plus douce saveur, plus précieuse valeur, elle revient plus souvent à notre mémoire, plus fréquemment dans nos invocations. C'est elle qui obtint la régénération du monde, le salut de tous. II est, en effet, évident que la sollicitude de Marie s'étendait au genre humain tout entier, lorsque l'ange lui dit : " Ne craignez pas, Marie, vous avez trouvé grâce (Luc, 1, 30), la grâce que vous attendiez. " Qui donc, ô Vierge bénie, pourra mesurer la longueur et la largeur, la hauteur et la profondeur de votre miséricorde ? Car, par sa longueur, votre miséricorde atteint jusqu'au dernier jour tous ceux qui l'invoquent ; par sa largeur, elle recouvre toute la surface du globe et remplit la terre ; par sa hauteur, elle contribue à la restauration de la cité céleste ; par sa profondeur, elle obtient la rédemption de ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort (Luc, I, 79). Par vous, en effet, le ciel est peuplé, l'enfer vidé, la céleste Jérusalem relevée de ses ruines, la vie rendue aux malheureux qui l'avaient perdus.

C'est ainsi que votre toute-puissante et très miséricordieuse charité se montre aussi magnifique dans sa compassion que dans son pouvoir secourable.

Que notre âme altérée coure donc à cette source, que notre misère puise avec ardeur à ce trésor de miséricorde. Voici, Vierge bénie, que nous vous avons accompagnée de nos vœux et suivie, au moins de loin, tandis que vous montiez vers votre Fils. Que désormais votre miséricorde fasse connaître au monde la grâce que vous avez trouvée auprès de Dieu, en obtenant, par vos saintes prières, le pardon aux pécheurs, la santé aux malades, le courage aux pusillanimes, la consolation aux affligés, secours et délivrance à ceux qui sont en danger. Et pour nous, vos petits serviteurs, qui, en ce jour de fête et de liesse, invoquons et louons le nom très doux de Marie, obtenez, Reine de clémence, les grâces de votre Fils, Notre-Seigneur, qui est, au-dessus de toutes choses, Dieu, béni éternellement (Rom., IX, 5). Ainsi soit-il.

Sermon pour l'Assomption, in R.P. Aubron, L'Oeuvre mariale de saint Bernard, Cahiers de la Vierge, n° 13-14, éd. du Cerf.



Sainte Mechtilde de Hackeborn (1241-1248)

Les trois "Ave"

Pendant qu'elle priait la glorieuse Vierge Marie de daigner l'assister de sa présence à sa dernière heure, la Sainte Vierge répondit : " Je te le promets, mais toi, récite chaque jour trois Ave Maria. Par le premier, tu t'adresseras à Dieu le Père, qui, dans sa souveraine puissance, a exalté mon âme au point de me donner rang après lui seul, au ciel et sur la terre, et tu lui demanderas que je sois présente à l'heure de ta mort pour te réconforter et chasser loin de toi toute puissance adverse.

Par le second, tu t'adresseras au Fils de Dieu, qui, dans son insondable sagesse, m'a douée d'une telle plénitude de science et d'intelligence que je jouis de la très Sainte Trinité, dans une connaissance supérieure à celle de tous les autres saints. Tu lui demanderas aussi que, par cette clarté qui de moi fait un soleil assez radieux pour illuminer le ciel entier, je remplisse ton âme, à l'heure de ta mort, des lumières de la foi et de la science, et que tu sois abritée contre toute ignorance et toute erreur.

Par le troisième, tu t'adresseras au Saint-Esprit, qui m'a inondée de son amour, pour me donner une telle abondance de douceur et tendresse que Dieu seul en possède plus que moi ; et tu demanderas que je sois présente à l'heure de ta mort, pour répandre en ton âme la suavité du divin amour. Ainsi tu pourras triompher des douleurs et de l'amertume de la mort, au point de les voir se changer en douceurs et allégresses. "

Le Livre de la Grâce spéciale, 1° partie, ch. XLVII, Tours, Mame, 1921.



Sainte Gertrude (1256-1301)

Jésus et la dévotion à Marie

Elle avait la coutume (qui existe du reste entre ceux qui s'aiment) de reporter tout ce qui lui paraissait beau et agréable vers son Bien-Aimé. Aussi, lorsqu'elle entendait lire ou chanter en l'honneur de la bienheureuse Vierge et des autres saints des paroles qui excitaient son affection, c'était vers le Roi des rois, son Seigneur choisi entre tous et uniquement aimé, plutôt que vers les saints dont on faisait mémoire, qu'elle dirigeait les élans de son cœur. Il arriva, en la solennité de l'Annonciation, que le prédicateur se plut à exalter la Reine du ciel et ne fit pas mention de l'incarnation du Verbe, œuvre de notre salut. Celle-ci en éprouva de la peine et, passant après le sermon devant l'autel de la Mère de Dieu, elle ne ressentit pas, en la saluant, la même tendresse douce et profonde, mais son amour se porta par contre avec plus de force vers Jésus, le fruit béni du sein de la Vierge. Comme elle craignait d'avoir encouru la disgrâce d'une si puissante Reine, le consolateur plein de bonté dissipa doucement son inquiétude : " Ne crains rien, ô ma bien-aimée, dit-il, car il est très agréable à la Mère, qu'en chantant ses louanges et sa gloire, tu diriges vers moi ton attention. Cependant, puisque ta conscience te la reproche, aie soin, lorsque tu passeras devant l'autel, de saluer dévotement l'image de ma Mère immaculée et de ne pas saluer mon image. - O mon Seigneur et unique Bien, s'écria-t-elle, jamais mon âme ne pourra consentir à délaisser celui qui est mon salut et sa vie pour diriger ailleurs ses affections et son respect. " Le Seigneur lui dit avec tendresse : " O ma bien-aimée, suis mon conseil ; et chaque fois que tu auras paru me délaisser pour saluer ma Mère, je te récompenserai comme si tu avais accompli un acte de cette haute perfection par laquelle un cœur fidèle n'hésite pas à m'abandonner, moi qui suis le centuple des centuples, afin de me glorifier davantage. "

Le Héraut de l'Amour divin, t. I, Tours, Mame, 1921.


 


Le Lis blanc de la Trinité

... Le lendemain, à l'heure de la prière, la Vierge Marie lui apparut sous la forme d'un lis magnifique éclatant de blancheur. Ce lis était composé de trois feuilles, dont l'une, droite, s'élevait au milieu et les deux autres étaient recourbées de chaque côté. Elle comprit par cette vision que la bienheureuse Mère de Dieu est appelée à bon droit " Lis blanc de la Trinité ", car elle a participé plus que toute créature aux vertus divines et ne les a jamais souillées par la moindre poussière du péché. La feuille droite représentait la toute-puissance du Père, et les deux feuilles inclinées figuraient la sagesse du Fils et la bonté du Saint-Esprit, vertus que la bienheureuse Vierge possédait à un degré éminent.

La Mère de miséricorde dit encore que celui qui la proclamerait " Lis blanc de la Trinité, Rose éclatante qui embellit le ciel ", expérimenterait le pouvoir que la toute-puissance du Père lui a communiqué comme Mère de Dieu : il admirerait les ingénieuses miséricordes que la sagesse du Fils lui a inspirées pour le salut des hommes ; il contemplerait enfin l'ardente charité allumée dans son cœur par l'Esprit-Saint. " A l'heure de sa mort, ajouta la bienheureuse Vierge, je me montrerai à lui dans l'éclat d'une si grande beauté que ma vue le consolera et lui communiquera les joies célestes. "

Depuis ce jour, celle-ci résolut de saluer la Vierge Marie ou les images qui la représentent par ces mots : " Salut, ô blanc Lis de la Trinité resplendissante et toujours tranquille. Salut, ô Rose de beauté céleste ! C'est de vous que le Roi des cieux a voulu naître ; c'est de votre lait qu'il a voulu être nourri ; daignez aussi nourrir nos âmes des divines influences. "

Le Héraut de l'Amour divin, t. I, Tours, Mame, 1921.



Saint Thomas d'Aquin (1225-1274)

L'humanité du Christ, du fait qu'elle est unie à Dieu, et la béatitude créée, du fait qu'elle est la jouissance de Dieu, et la bienheureuse Vierge, du fait qu'elle est la Mère de Dieu, ont d'une certaine façon une dignité infinie qu'elles tiennent du Bien infini qu'est Dieu. Et, à cet égard, on ne peut rien faire de meilleur qu'elles, comme il n'y a rien de meilleur que Dieu.

Somme Théologique, Ia Pars, q. 25, art. 6, ad 4.

 

A chacun Dieu donne la grâce selon l'élection qu'il fait de lui. Et parce que le Christ, en tant qu'il est homme, avait été prédestiné et élu pour être le Fils de Dieu, doué de la vertu sanctifiante, il eut en propre une plénitude de grâce assez grande pour enrichir tous les hommes, selon ce qui est dit en saint Jean : " De sa plénitude, nous avons tous reçu. " Mais la bienheureuse Vierge Marie a reçu la plénitude de grâce qu'il lui fallait pour être la créature la plus proche de l'auteur de la grâce : devant recevoir en elle celui qui est plein de toute grâce ; et, par son enfantement, elle fit d'une certaine manière couler la grâce sur tous les hommes.

Somme Théologique, IIIa Pars, q. 27, art. 5, ad 1.

 

C'est déjà une merveille pour les saints de recevoir une grâce qui sanctifie leur âme ; mais la grâce que reçut l'âme de la Vierge fut en telle abondance qu'elle rejaillit jusque sur sa chair, afin que dans cette chair Marie conçût le Fils de Dieu...

La grâce de Marie fut tellement abondante qu'elle a rejailli sur l'humanité tout entière. Qu'un saint possède assez de grâce pour suffire au salut d'un grand nombre, n'est-ce pas une grande chose ? Mais en posséder assez pour satisfaire au salut de tous les hommes de ce monde, voilà qui est la plus étonnante des merveilles. C'est le cas du Christ, et c'est aussi celui de la bienheureuse Vierge ; car dans n'importe quel danger, on peut obtenir le salut de la Vierge glorieuse.

Super salut. angelic., trad. Synave, Vie de Jésus, t. I, trad. de la Somme Théologique, éd. de la Revue des Jeunes, 1927.

 

Rien n'empêche que l'on donne en un certain sens le nom de médiateur entre Dieu et les hommes à quelques autres [que le Christ, " unique Médiateur "], pour autant qu'ils collaborent à réunir l'homme avec Dieu, par des préparations et en prêtant leur ministère.

Somme Théologique, IIIa Pars, q. 26, art. I.

 

 

Saint François de Sales (1567-1622)

Prière à Marie toute bonne et toute puissante

Ayez mémoire et souvenance, très douce Vierge, que vous êtes ma Mère et que je suis votre fils ; que vous êtes puissante et que je suis un pauvre homme, vil et faible.
Je vous supplie, très douce Mère, que vous me gouverniez dans toutes mes voies et actions.
Ne dites pas, gracieuse Vierge, que vous ne pouvez ! car votre bien-aimé Fils vous a donné tout pouvoir, tant au ciel comme en terre ;
Ne dites pas que vous ne devez ; car vous êtes la commune Mère de tous les pauvres humains et particulièrement la mienne.
Si vous ne pouviez, je vous excuserais, disant : il est vrai qu'elle est ma Mère et qu'elle me chérit comme son fils, mais la pauvrette manque d'avoir et de pouvoir.
Si vous n'étiez ma Mère, avec raison je patienterais, disant : elle est bien assez riche pour m'assister ; mais, hélas ! n'étant pas ma Mère, elle ne m'aime pas.
Puis donc, très douce Vierge, que vous êtes ma Mère, et que vous êtes puissante, comment vous excuserais-je si vous ne me soulagez et ne me prêtez votre secours et assistance ?
Vous voyez, ma Mère, que vous êtes contrainte d'acquiescer à toutes mes demandes.
Pour l'honneur et la gloire de votre Fils, acceptez-moi comme votre enfant, sans avoir égard à mes misères et à mes péchés. Délivrez mon âme et mon corps de tout mal et me donnez toutes vos vertus, surtout l'humilité. Enfin, faites-moi présent de tous les dons, biens et grâces qui plaisent à la Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit.
Ainsi soit-il.
                              Citée par Renée Zeller, Florilège de Notre-Dame, Flammarion.


Le Cardinal de Bérulle (1575-1629)

Que Dieu fait naître en la terre une Vierge, laquelle il rend digne et capable de recevoir et porter le Fils de Dieu au monde

Pour rendre la terre digne de porter et recevoir son Dieu, Dieu fait naître en la terre une personne rare et éminente qui n'a point de part au péché du monde, et est douée de tant d'ornements et privilèges, que le monde n'a jamais vu et ne verra jamais, ni en la terre, ni au ciel, une personne semblable. Elle est conçue sans péché, elle est sanctifiée dès le premier moment de son être. Elle est douée dès lors de l'usage de raison et de grâce, elle est confirmée en état d'innocence et impuissance à offenser, elle est constituée en une grâce, non seulement suffisante, mais abondante ; non seulement abondante mais éminente, et d'un tel degré d'éminence, que l'ordre de la grâce n'a vu encore rien de pareil, et sa conduite est si accomplie, que chaque moment de sa vie porte un nouvel élèvement dans l'ordre de cette grâce rare et singulière. Bien qu'elle entre comme les autres en cette vallée de misères et non en un paradis terrestre, et que cette terre d'exil soit son habitation, elle ne porte aucune marque de bannissement, mais elle porte en son âme une grâce plus grande que celle qui était au paradis et avait été donnée à Adam, comme chef de la nature humaine, pour lui et pour sa postérité. C'est trop peu dire, de chose si grande. Sa grâce est plus noble et divine que toutes les grâces qui sortiront jamais des vives sources du Sauveur mourant et du mérite de sa croix, et excède en puissance et en dignité celle-là même qui est dans les cieux; car elle tend à chose bien plus haute, elle tend non à faire des saints, mais à produire le Saint des saints, à former l'Homme-Dieu, et à établir une Mère de Dieu en l'Univers, choses toutes nouvelles et miraculeuses, même dans l'ordre miraculeux de la grâce.

Vie de Jésus, ch. IV à VI, éd. du Cerf.



De l'excellence de la Vierge

Cette âme sainte et divine est en l'église ce que l'aurore est au firmament, et elle précède immédiatement le soleil. Mais elle est plus que l'aurore, car elle ne le précède pas seulement, elle le doit porter et enfanter au monde, et donner le salut, la lumière, à l'univers, et y produire un soleil Orient, duquel celui-ci qui nous éclaire n'est que l'ombre et la figure. La terre, qui méconnaît Dieu, méconnaît aussi cet ouvrage de Dieu sur la terre. Elle naît à petit bruit, sans que le monde en parle, et sans qu'Israël même y pense, bien qu'elle soit la fleur d'Israël et la plus éminente de la terre ; mais, si la terre n'y pense pas, le ciel la regarde et la révère comme celle que Dieu a fait naître pour un si grand sujet, et pour rendre un si grand service à sa propre personne, c'est-à-dire pour le revêtir un jour d'une nouvelle nature. Et ce Dieu même qui veut naître d'elle, l'aime et la regarde en cette qualité. Son regard n'est pas lors sur les grands, sur les monarques que la terre adore, mais le premier et le plus doux regard de Dieu en la terre est vers cette humble Vierge, que le monde ne connaît pas : c'est lors la plus haute pensée que le Très-Haut ait sur tout ce qui est créé. Il la regarde, la chérit, la conduit, comme celle à qui il veut se donner soi-même et se donner à elle en qualité de Fils et la rendre sa Mère. Il la comble de grâces et de bénédictions, dès sa conception ; il la sanctifie dès son enfance ; il la séquestre du monde et la consacre à son temple, pour marque et figure qu'elle sera bientôt consacrée au service d'un temple plus auguste et sacré que celui-ci. Là, en sa solitude, il la garde, il l'environne de sa puissance, il l'anime de son esprit, il l'entretient de sa parole, il l'élève de sa grâce, il l'éclaire de ses lumières, il l'embrase de ses ardeurs, il la visite par ses anges, en attendant que lui-même la visite par sa propre personne ; et il rend sa solitude si occupée, sa contemplation si élevée, sa conversation si céleste, que les anges l'admirent et la révèrent comme une personne plus divine qu'humaine. Aussi Dieu est, et agit en elle plus qu'elle-même. Elle n'a aucune pensée que par sa grâce, aucun mouvement que par son Esprit, aucune action que par son amour. Le cours de sa vie est un mouvement perpétuel qui, sans intermission, sans relaxation, tend à celui qui est la vie du Père et sera bientôt sa vie, et s'appelle absolument la vie dans les Ecritures (Joan., XIV, 6) : Ce terme approche et le Seigneur est avec elle, la remplit de soi-même et l'établit en une grâce si rare, qu'elle ne convient qu'à elle ; car cette Vierge, cachée en un coin de la Judée, inconnue à l'univers, fiancée à Joseph, fait un chœur à part dans l'ordre de la grâce, tant elle est singulière.

Les années coulent, les grâces augmentent et, dans cet ordre de grâce qui n'appartient qu'à elle, elle entre de jour en jour en un élèvement admirable, et elle y entre par infusion spéciale et par coopération parfaite. C'est le concert sacré qui est entre l'esprit de Dieu et l'esprit de Marie. Dieu répand de moment en moment nouvelle grâce en cette âme, et cette âme y répond incessamment et de toute sa puissance ; et cette correspondance et harmonie parfaite l'élève en un comble de grâce, et ces grâces, bien que très grandes à cette âme qui toujours s'avance dans les voies de Dieu, ne sont que degrés qui la doivent élever à de nouvelles grâces. Cette âme rare, éminente et divine, vivante ainsi en la terre, ravit les cieux, et ravirait la terre, si les ténèbres ne lui ôtaient la vue d'un si rare objet ; mais elle ravira dans peu de temps celui qui a fait la terre et le ciel. Car elle est telle par la grâce et conduite de Dieu, que, si Dieu doit prendre naissance, ce doit être de Marie, tant elle a de grâces et de faveurs. Et si cette humble Vierge doit concevoir et enfanter, ce doit être un Dieu, tant elle est divine. Elle est en terre un ciel vivant, destinée aussi à porter un soleil vivant, et un soleil établi en un plus haut firmament. Elle est en la terre un sanctuaire que Dieu remplit de merveilles, et auquel il veut prendre son repos et d'une façon nouvelle. Elle est un nouveau paradis, non terrestre comme celui d'Adam qui a été détruit par son péché, ni céleste comme celui des anges qui n'est qu'au ciel, mais elle est en la terre un paradis céleste que Dieu a planté de sa main, et que son ange garde pour le second Adam, pour le roi du ciel et de la terre qui doit y habiter. Mais cela est caché à ses yeux, et son esprit, abîmé dans le profond de son humilité, ne voit pas le conseil très haut de Dieu sur elle.

Quoi ! notre bonheur approche et l'accomplissement de votre grandeur suprême, ô Vierge sainte, et vous l'ignorez. Vous approchez et vous appartenez de si près à la divinité, et vous traitez si assidûment, si saintement, si familièrement avec elle, et le dessein de la divinité sur vous vous est caché ! Les ténèbres qui ont ce privilège d'être le premier séjour du monde, et même le premier état de toutes les âmes qui entrent au monde, n'ont jamais eu de part avec vous, et vous êtes en lumière dès le premier instant de votre être, toujours croissant en grâce et en lumière. Et au plus fort du jour en un plein midi, dans l'excès de vos lumières, ô âme divine, vous ne connaissez pas la part que vous allez avoir, avec celui qui est la vraie lumière, la splendeur du Père et le soleil vivant de l'univers ! Vous portez en l'Ecriture le nom d' " Alma ", c'est-à-dire cachée, et vous le portez à bon droit. C'est un de vos titres particuliers, et comme un chiffre qui, en peu, dit beaucoup. Entre autres choses rares et grandes, ce mot nous exprime la secrète conduite de Dieu sur vous, qui mérite bien d'être considérée comme un des principaux linéaments de votre vie, et un des traits plus rares de sapience éternelle.
                                   idem.



Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704)

Le silence et l'admiration de Marie

Je ne sais s'il ne vaudrait pas peut-être mieux s'unir au silence de Marie, que d'en expliquer le mérite par nos paroles. Car qu'y a-t-il de plus admirable, après ce qui lui a été annoncé par l'ange, après ce qui s'est passé en elle-même, que d'écouter parler tout le monde et demeurer cependant la bouche fermée ? Elle a porté dans son sein le Fils du Très-Haut : elle l'en a vu sortir comme un rayon de soleil, d'une nuée, pour ainsi parler, pure et lumineuse. Que n'a-t-elle pas senti par sa présence ? Et si pour en avoir approché, Jean dans le sein de sa mère a ressenti un tressaillement si miraculeux, quelle paix, quelle joie divine n'aura pas senties la Sainte Vierge à la conception du Verbe que le Saint-Esprit formait en elle ! Que ne pourrait-elle donc pas dire elle-même de son cher fils ? Cependant elle le laisse louer par tout le monde : elle entend les bergers ; elle ne dit mot aux mages qui viennent adorer son Fils : elle écoute Siméon et Anne la prophétesse, elle ne s'épanche qu'avec sainte Elisabeth, dont sa visite avait fait une prophétesse ; et sans ouvrir seulement la bouche avec tous les autres, elle fait l'étonnée et l'ignorante : " Errant mirantes. " Joseph entre en part de son silence comme de son secret, lui à qui l'ange avait dit de si grandes choses, et qui avait vu le miracle de l'enfantement virginal. Ni l'un ni l'autre ne parlent de ce qu'ils voient tous les jours dans leur maison, et ne tirent aucun avantage de tant de merveilles. Aussi humble que sage, Marie se laisse considérer comme une mère vulgaire, et son Fils comme le fruit d'un mariage ordinaire.

Les grandes choses que Dieu fait au dedans de ses créatures opèrent naturellement le silence, le saisissement, je ne sais quoi de divin qui supprime toute expression. Car que dirait-on, et que pourrait dire Marie, qui pût égaler ce qu'elle sentait ? Ainsi on tient sous le sceau le secret de Dieu, si ce n'est que lui-même anime la langue et la pousse à parler. Les avantages humains ne sont pour rien, s'ils ne sont connus et que le monde ne les prise. Ce que Dieu fait a par soi-même son prix inestimable, que l'on ne veut goûter qu'entre Dieu et soi.

Ed. Urbain et Levesque, t. III.



Marie de Sainte-Thérèse (Maria Petyt, 1623-1677)

Le maternel amour et les faveurs de cette douce Mère pour nous se manifestent maintenant avec tant d'éclat et d'évidence qu'il ne peut y avoir à ce sujet la moindre arrière-pensée ni le moindre soupçon d'illusion ou d'un mélange quelconque de sentiments d'ordre naturel. Elle m'a prise sous sa maternelle conduite et direction, pareille à la maîtresse d'école qui conduit la main de l'enfant pour lui apprendre à écrire. Tandis qu'il écrit, cet enfant ne bouge pas la main que son professeur ne la dirige et guide ; et l'enfant se laisse mouvoir et guider par la main du maître.

Je me trouve de même entièrement placée sous l'autorité de cette très douce Mère, qui me conduit et me dirige ; et mon regard demeure sans cesse fixé sur Elle afin de faire en toutes choses ce qui lui plaît le plus et ce qu'Elle veut. Et Elle daigne aussi me montrer clairement, me faire comprendre et connaître ce qu'Elle désire en telle ou telle circonstance, qu'il s'agisse de faire une chose ou de ne pas la faire. Il me serait pour ainsi dire impossible d'agir autrement, du fait qu'Elle demeure presque sans interruption en face de mon âme, m'attirant de si aimable et maternelle façon, me souriant, me stimulant, me conduisant et m'instruisant dans le chemin de l'esprit et dans la pratique de la perfection des vertus. De la sorte, je ne perds plus un seul instant le goût de sa présence à côté de celle de Dieu.

Cette vue et représentation intellectuelle, n'entraînant aucun élément grossier, n'introduit dans l'âme ni multiplicité aucune, ni moyens médiats ; mais cela se passe au contraire dans une très tranquille simplicité.
                                                  Trad. Louis van den Bossche, Cahiers de la Vierge, éd. du Cerf.



Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)

Nécessité d'une vraie dévotion à la Sainte Vierge

Marie est le grand moule de Dieu, fait par le Saint-Esprit pour former au naturel un Homme-Dieu par l'union hypostatique, et pour former un Homme-Dieu par la grâce. Il ne manque à ce moule aucun trait de la divinité ; quiconque y est jeté et se laisse manier aussi, y revoit tous les traits de Jésus-Christ, vrai Dieu, d'une manière douce et proportionnée à la faiblesse humaine, sans beaucoup d'agonies et de travaux ; d'une manière sûre, sans crainte d'illusion, car le démon n'a point et n'aura jamais d'accès en Marie, sainte et immaculée, sans ombre de la moindre tache de péché.

Oh ! chère âme, qu'il y a de différence entre une âme formée en Jésus-Christ par les voies ordinaires de ceux qui, comme les sculpteurs, se fient en leur savoir-faire et s'appuient sur leur industrie, et une âme bien maniable, bien déliée, bien fondue, et qui, sans aucun appui sur elle-même, se jette en Marie et s'y laisse manier à l'opération du Saint-Esprit ! Qu'il y a de taches, qu'il y a de défauts, qu'il y a de ténèbres, qu'il y a d'illusions, qu'il y a de naturel, qu'il y a d'humain dans la première âme ! et que la seconde est pure, divine et semblable à Jésus-Christ !

Il n'y a point et il n'y aura jamais créature où Dieu soit plus grand, hors de lui-même et en lui-même, que dans la divine Marie, sans exception ni des Bienheureux, ni des Chérubins, ni des plus hauts Séraphins, dans le paradis même. Marie est le paradis de Dieu et son monde ineffable, où le Fils de Dieu est entré pour y opérer des merveilles, pour le garder et s'y complaire. Il a fait un monde pour l'homme voyageur, c'est celui-ci ; il a fait un monde pour l'homme bienheureux, et c'est le paradis ; mais il en a fait un autre pour lui, auquel il a donné le nom de Marie ; monde inconnu presque à tous les mortels, ici-bas, et incompréhensible à tous les Anges et Bienheureux, là-haut dans le ciel, [et] qui, dans l'admiration de voir Dieu si relevé et si reculé d'eux tous, si séparé et si caché dans son monde, la divine Marie, s'écrient jour et nuit : " Saint, Saint, Saint. "

Qu'on ne s'imagine donc pas, avec quelques faux illuminés, que Marie, étant créature, soit un empêchement à l'union au Créateur ; ce n'est plus Marie qui vit, c'est Jésus-Christ seul, c'est Dieu seul qui vit en Elle. Sa transformation en Dieu surpasse plus celle de saint Paul et des autres saints, que le ciel ne surpasse la terre en élévation. Marie n'est faite que pour Dieu, et tant s'en faut qu'Elle arrête une âme à elle-même, qu'au contraire Elle la jette en Dieu et l'unit à lui avec d'autant plus de perfection que l'âme s'unit davantage à Elle. Marie est l'écho admirable de Dieu, qui ne répond que : Dieu, lorsqu'on lui crie : Marie ; qui ne glorifie que Dieu, lorsque, avec sainte Elisabeth, on l'appelle bienheureuse. Si les faux illuminés, qui ont été misérablement abusés par le démon jusque dans l'oraison, avaient su trouver Marie, et par Marie Jésus, et par Jésus Dieu, ils n'auraient pas fait de si terribles chutes. Quand on a une fois trouvé Marie, et par Marie Jésus, et par Jésus Dieu le Père, on a trouvé tout bien, disent les saintes âmes : Inventa, etc. Qui dit tout n'excepte rien : toute grâce et toute amitié auprès de Dieu ; toute sûreté contre les ennemis de Dieu ; toute vérité contre le mensonge ; toute facilité et toute victoire contre les difficultés du salut ; toute douceur et toute joie dans les amertumes de la vie.

Ce n'est pas que celui qui a trouvé Marie par une vraie dévotion soit exempt de croix et de souffrances, tant s'en faut ; il en est plus assailli qu'aucun autre, parce que Marie, étant la Mère des vivants, donne à tous ses enfants des morceaux de l'Arbre de vie, qui est la croix de Jésus ; mais c'est qu'en leur taillant de bonnes croix, Elle leur donne la grâce de les porter patiemment et même joyeusement ; en sorte que les croix qu'Elle donne à ceux qui lui appartiennent sont plutôt des confitures ou des croix confites que des croix amères ; ou, s'ils en sentent pour un temps l'amertume du calice qu'il faut boire nécessairement pour être ami de Dieu, la consolation et la joie, que cette bonne Mère fait succéder à la tristesse, les animent infiniment à porter des croix encore plus lourdes et plus amères.

La difficulté est donc de savoir trouver véritablement la divine Marie, pour trouver toute grâce abondante. Dieu, étant maître absolu, peut communiquer par lui-même ce qu'il ne communique ordinairement que par Marie ; on ne peut nier, sans témérité, qu'il ne le fasse même quelquefois ; cependant, selon l'ordre que la divine Sagesse a établi, il ne se communique ordinairement aux hommes que par Marie dans l'ordre de la grâce, comme dit saint Thomas. Il faut, pour monter et s'unir à lui, se servir du même moyen dont il s'est servi pour descendre à nous, pour se faire homme et pour nous communiquer ses grâces ; et ce moyen est une vraie dévotion à la Sainte Vierge.

Le Secret de Marie, 1° partie.

 

Saint Alphonse Marie de Liguori (1696-1787)

Le sommeil de l'Enfant Jésus

Les cieux ont suspendu leur douce harmonie, lorsque Marie a chanté pour endormir Jésus.
De sa voix divine, la Vierge de beauté, plus brillante qu'une étoile, disait ainsi :
Mon fils, mon Dieu, mon cher trésor, tu dors ; et moi, je meurs d'amour pour ta beauté.
Dans ton sommeil, ô mon bien, tu ne regardes pas ta mère ; mais l'air que tu respires est du feu pour moi.
Tes yeux fermés me pénètrent de leurs traits ; que sera-ce de moi quand tu les ouvriras ?
Tes joues de rose ravissent mon cœur ! O Dieu ! mon âme se meurt pour toi.
Tes lèvres charmantes attirent mon baiser ; pardonne, ô chéri, je n'en puis plus.
Elle se tait, et pressant l'enfant sur son sein, elle dépose un baiser sur son divin visage.
Mais l'enfant aimé se réveille ; et de ses beaux yeux pleins d'amour, il regarde sa mère.
O Dieu ! pour la mère, ces yeux, ces regards, quel trait d'amour qui blesse et traverse son cœur !
Et toi, mon âme, si dure, tu ne languis pas à ton tour, en voyant Marie languir de tendresse pour son Jésus ?
Divines beautés, je vous ai aimées tard, mais désormais je brûlerai pour vous sans fin.
Le Fils et la Mère, la Mère avec le Fils, la rose avec le lys, ont pour jamais tous mes amours.

Trad. Dom Guéranger, Temps de Noël, Mame.



Père Grou (1731-1803)

Marie reçoit le Saint-Esprit

Marie avait été saluée pleine de grâce par l'ange Gabriel (Luc, I, 28). Que semble-t-il qu'on pût ajouter à cette plénitude ? Rien selon nos idées. Mais selon les idées de Dieu, elle n'était encore qu'au commencement de la sainteté à laquelle il voulait l'élever. Au départ de l'ange, elle reçoit dans son sein l'auteur même de la grâce. Nouvelle plénitude près de laquelle la première était, pour ainsi dire, un vide. A son enfantement, nouvel accroissement de grâce. Chaque fois qu'elle change d'état intérieur, c'est pour passer à un état plus relevé. De même que Jésus-Christ depuis son enfance croissait en sagesse et en grâce selon sa sainte humanité (Luc, II, 52) : il en était ainsi de Marie. Lui-même, par les diverses épreuves qu'il lui fit subir, ne fut appliqué qu'à la sanctifier de plus en plus. Le grand sacrifice qu'elle fit au pied de la croix nous paraît avoir mis le comble à sa sainteté. Il ne nous est pas possible d'imaginer rien au delà.

Mais qui sommes-nous pour fixer les bornes de la perfection où Dieu prétend élever Marie ? Il a encore dans ses trésors des grâces à lui communiquer ; et il faut, si j'ose ainsi parler, qu'elle épuise ces trésors. Le Saint-Esprit, son époux, veut l'enrichir sans mesure ; il descend de nouveau sur elle ; et lui qui est l'amour infini du Père et du Fils, élargit, et rend en quelque sorte immense le cœur de Marie, afin qu'elle en soit remplie autant que peut l'être une pure créature.

Mais que reçoit-elle ? Quoi ? Comme les apôtres le don des langues, le don des miracles, le don de prophétie, le don de science, et les autres qui leur furent nécessaires à l'établissement de la religion ? Tout excellents que sont ces dons, ils sont au-dessous de Marie ! Elle doit contribuer plus que tous les apôtres, et tous leurs successeurs dans le saint ministère, à établir, à étendre le règne de son fils. Mais ce ne sera point la voie de la prédication et des prodiges. Ce sera par l'ardeur de ses vœux, et par l'incomparable vivacité de son amour. Oui, ce sera cet amour pour son fils, et pour les hommes devenus ses enfants, qui servira plus au progrès du christianisme que tous les travaux des apôtres et des ministres de l'Eglise. Ils ne seront que des instruments particuliers ; Marie sera un instrument universel : mais un instrument caché, un instrument qui n'agira point au dehors, et dont toute la vertu ne se déploiera que par des effets intérieurs. L'humilité de Marie aurait trop souffert, si elle eût servi l'Eglise autrement. Ses prières obtiendront le succès au ministère des apôtres ; et de son vivant on ne lui attribuera rien ; elle disposera de toutes les grâces de son Fils ; et l'on ne pensera point à elle. Je ne puis m'empêcher d'admirer ici à quel point Dieu ménage et respecte l'humilité de Marie, sa vertu favorite. O humilité, que vous êtes précieuse à Dieu, puisque vous êtes si chérie de la Mère de Dieu !

Le Saint-Esprit au jour de la Pentecôte envoie aux disciples des rayons de son feu sacré ; mais il les réunit tous sur Marie ; il se repose spécialement sur elle ; il la pénètre, il l'embrase de sa chaleur. Il l'épouse de nouveau, et se donne à elle plus pleinement, plus intimement qu'il n'a jamais fait. Nous ne bornons pas le pouvoir divin ; mais nous pouvons dire avec vérité que le Saint-Esprit ne s'est communiqué, ni se communiquera jamais à aucune créature avec autant de profusion qu'à Marie. Il se fit à ce jour un changement prodigieux dans les apôtres, qui de charnels et grossiers qu'ils étaient devinrent des hommes tout spirituels et tout divins. Mais il s'en fit encore un plus grand dans Marie, non en passant comme eux de l'état d'imperfection à celui de sainteté ; mais en passant d'un sublime degré de perfection à un autre sans comparaison plus sublime. Nous croirons sans peine qu'il n'y a rien en ceci d'exagéré, si nous faisons réflexion que la sainteté de Dieu étant infinie en elle-même, rien ne saurait borner ses communications au dehors ; et qu'à l'égard de Marie il n'y mit d'autre mesure, que celle qu'y peut mettre la capacité essentiellement finie d'une pure créature. Et comme cette capacité peut toujours devenir plus grande, sans sortir des bornes du fini : ne faisons nulle difficulté de croire qu'elle a été dans Marie d'une étendue qui passe l'intelligence des hommes et des anges.

L'intérieur de Jésus et de Marie, Ed. René Haton, pp.532-534.



Jean-Claude Colin (1790-1875)

De l'esprit de la Société de Marie

Les religieux maristes n'oublieront jamais que par un choix gracieux ils sont de la famille de la bienheureuse Marie, Mère de Dieu, qu'en s'appelant Maristes ils portent son nom et qu'ils l'ont choisie dès l'origine pour leur modèle, pour leur première et perpétuelle Supérieure. Si donc ils désirent être et sont vraiment les enfants de cette Auguste Mère, ils s'appliqueront constamment à aspirer et à respirer son esprit, qui est un esprit d'humilité, d'abnégation propre, d'union intime avec Dieu et d'ardente charité envers le prochain. Ainsi ils s'efforceront d'imiter Marie dans leurs pensées, dans leur langage et dans toutes leurs œuvres : sinon ils seraient des fils indignes et dégénérés.

C'est pourquoi, s'attachant aux pas de leur Mère, ils seront absolument étrangers à l'esprit du monde, c'est-à-dire dépouillés de toute ambition des choses de la terre et vides de toute recherche personnelle; ils s'étudieront à se renoncer entièrement en toutes choses, ne cherchant nullement leurs intérêts, mais uniquement ceux de Jésus-Christ et de Marie, se considérant comme des pèlerins et des exilés sur la terre, comme des serviteurs inutiles et le rebut de tous ; ils useront des choses de ce monde comme n'en usant pas ; ils éviteront avec soin dans leurs édifices, leurs habitations, dans leur manière de vivre, dans toutes leurs relations avec les autres hommes, tout ce qui ressentirait le faste, l'ostentation, le désir de la considération personnelle, aimant à être inconnus et mis au-dessous de tous, sans feinte ni duplicité. En un mot, qu'ils procèdent partout avec un si grand esprit de pauvreté, d'humilité, de modestie, de simplicité de cœur, un tel mépris de la vanité et de toute ambition personnelle, qu'ils unissent enfin l'amour de la solitude et du silence et la pratique des vertus cachées avec les œuvres de zèle, de telle sorte que, bien qu'ils doivent s'adonner aux divers ministères qui ont pour objet le salut des âmes, cependant ils paraissent toujours comme inconnus et cachés au monde.

In L'Esprit du vénérable P. Colin, par un membre du Tiers-Ordre de Marie, Lyon, Vitte, 1933.

John-Henry Newman (1801-1890)

Discrétion et modestie de Marie dans le développement de son culte

Lorsque Jésus commença ses prédications, sa Mère se tint à l'écart ; elle ne se mêla pas de son œuvre ; et même, quand il fut retourné au ciel, elle n'alla pas prêcher et enseigner ; elle ne s'assit pas dans le siège apostolique ; elle ne prit point part au ministère du prêtre ; elle se borna à chercher humblement son Fils dans la messe dite chaque jour par les Apôtres, qui, bien que ses ministres dans le ciel, étaient sur la terre ses supérieurs dans l'Eglise. Après sa mort et celle des Apôtres, lorsqu'elle devint Reine, et qu'elle prit place à la droite de son Fils, elle ne s'adressa pas même alors au peuple fidèle pour qu'il publiât son nom jusqu'aux extrémités du monde, ou pour qu'il l'exposât à ses regards ; mais elle attendit tranquillement le temps où sa gloire pourrait contribuer à servir celle de son Fils. Jésus-Christ avait été dès le commencement proclamé par la sainte Eglise et inauguré dans son temple, car il était Dieu ; il eût été peu convenable de la part de l'oracle vivant de la vérité de dérober aux fidèles l'objet de leur adoration ; mais il en fut autrement de Marie. La qualité de créature, de mère, de femme, lui imposait le devoir de céder le pas à son Fils, de se faire sa servante, et de ne se frayer un chemin dans le cœur des hommes que par la voie de la persuasion et de la douceur. Quand le nom de Jésus fut déshonoré, elle sentit son zèle se ranimer ; quand Emmanuel fut renié, la Mère de Dieu entra en scène ; elle jeta ses bras autour de lui et permit qu'on l'honorât afin de consolider le trône de son Fils. Lorsqu'elle eut rempli cette sainte tâche, son rôle fut fini ; car elle ne combattait pas pour elle-même. L'histoire de sa manifestation ne présente ni controverses animées, ni confesseurs persécutés, ni hérésiarques, ni anathèmes ; de même qu'elle avait grandi de jour en jour en grâce et en mérite, à l'insu du monde, elle s'éleva graduellement au sein de l'Eglise par une influence paisible et un progrès naturel. Elle est semblable à un bel arbre qui étend au loin ses branches fécondes et ses feuilles odorantes, en ombrageant le champ des saints. Aussi l'antiphonaire dit-il en parlant de Marie : " Que ta demeure soit en Jacob, et ton héritage en Israël, et pousse tes racines dans Mon Elu. " Plus loin il dit : " Et aussi je fus établie à Sion, et je reposai également dans la ville sainte, et ma puissance était à Jérusalem. Je pris racine chez un peuple honorable, et je fus retenue dans la plénitude des saints. Je fus exaltée comme un cèdre du Liban et comme un cyprès du mont de Sion ; j'ai étendu mes branches comme un térébinthe, et mes branches sont d'honneur et de grâce. " Elle fut mise sur le pavois sans le secours des bras des fidèles ; elle remporta une victoire modeste, et elle exerce une autorité aimable qu'elle a obtenue sans la rechercher. Quand des débats se sont élevés entre ses enfants relativement à sa puissance, elle les a apaisés ; quand on a fait des objections contre son culte, elle a patiemment attendu le jour où ses droits ne seraient plus contestés ; oui, elle a entendu jusqu'à ce qu'elle reçoive enfin, de notre temps, si Dieu le permet, et sans aucune opposition, sa plus brillante couronne, et qu'on reconnaisse, au milieu des jubilations de l'Eglise entière, la pureté immaculée de sa conception.

Conférences adressées aux protestants et aux catholiques, trad. Jules Godon, Paris, Sagnier et Bray, 1850 : 17° conférence, Les gloires de Marie ont pour objet la gloire de son Fils.



Frédéric William Faber (1814-1863)

Marie silencieuse

La tradition dit que les trois habitants de la sainte maison de Nazareth ne parlaient presque jamais. Les doux entretiens célestes, que nous avons pu nous figurer comme une partie de la vie de la Sainte Famille, n'ont eu lieu que dans notre imagination, ils n'ont pas existé. Il y régnait un silence plus profond que dans une solitude de larmes ou dans une maison de Chartreux où les vents des Alpes mugissent à travers les corridors et ébranlent les fenêtres, tandis que tout le reste est silencieux comme la tombe. Les paroles de Jésus étaient très rares. C'est là la raison pour laquelle Marie les conservait dans son cœur, parce que, comme des trésors, elles étaient rares autant que précieuses. Si nous réfléchissons, nous verrons qu'il ne pouvait guère en être autrement. Dieu est très silencieux. En ce qui concerne Marie, le récit de l'Evangile confirme la tradition. Le petit nombre des paroles de Marie qui s'y trouvent rapportées est étonnant. Qu'elle soit en mouvement ou en repos, elle y apparaît comme une belle statue dont la beauté est le seul langage. Cela est si frappant que quelques saints contemplatifs ont supposé que, dans son humilité, Marie avait commandé aux évangélistes de supprimer, en ce qui la concernait, tout ce qui n'était pas absolument nécessaire à la doctrine de Notre-Seigneur. Saint Jean, qui vécut le plus avec la Sainte Vierge, ne dit presque rien d'elle ; saint Marc ne fait mention d'elle qu'une seule fois, et seulement d'une manière indirecte. Sans nul doute, aucun saint ne pratiqua le silence comme elle le fit. Son silence envers saint Joseph en est une preuve merveilleuse. Mais comment eût-elle pu n'être pas silencieuse ? Une créature qui avait vécu si longtemps avec le Créateur ne pouvait parler beaucoup ; son cœur était plein, son âme était réduite au silence. Elle était avec Jésus depuis douze longues années, de longues années relativement à la formation des habitudes, quoiqu'elles eussent passé pour Marie comme une extase sainte, pleine d'un douloureux amour. Elle avait porté Jésus dans ses bras. Elle avait veillé sur lui pendant qu'il dormait. Elle lui avait donné sa nourriture ; elle l'avait regardé dans les yeux. Il lui avait sans cesse dévoilé son cœur. Elle avait appris à le comprendre. Toutes les similitudes avec Dieu étaient passées dans l'âme de Marie. Nous savons combien Dieu est silencieux. Entre le Créateur et 1a créature, dans des relations telles que celles qui existaient entre Jésus et Marie, le silence, mieux que les paroles, était un langage. Qu'auraient pu faire les paroles ? Qu'auraient-elles pu dire ? Elles n'auraient pu porter le poids des pensées de la Mère, encore moins celui des pensées du Fils. Parler aurait été un effort, une condescendance, une descente de la montagne, de la part de Marie aussi bien que de Jésus. Et pourquoi descendre ? Saint Joseph n'en avait pas besoin. Lui aussi demeurait bien haut parmi ces montagnes de silence, trop haut pour qu'aucune voix, je dirais presque le moindre écho de la terre, pût retentir jusqu'à lui.

Les souffrances de Marie, lorsqu'elle perdit Jésus durant trois jours, dépassèrent non seulement le pouvoir, mais les droits du silence. Elles entraînèrent la nature de Marie jusqu'aux dernières limites de sa faculté de souffrir, quelque sublime et vénérable que fût cette nature. Elles la forcèrent à faire ce qui était proportionné à leur violence, c'est-à-dire à chercher le dernier refuge de la créature en ouvrant entièrement son cœur au Créateur. La perfection de Notre-Seigneur, dans sa nature humaine, atteignit à son plus haut point dans une parole. Son silence était, sans doute, une adorable perfection, mais il y avait encore plus de sublimité dans ce cri qui s'échappa de ses lèvres : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ? C'est alors que sa Passion atteignit aux dernières limites de son humanité. C'est ainsi que notre Mère bien-aimée eut sa passion à la fin de l'enfance de Jésus, et sa compassion en même temps que la Passion de Notre-Seigneur, à la fin du ministère public. Les ténèbres de la troisième douleur furent le Gethsémani, la perte de Jésus fut le crucifiement de l'âme de la Sainte Vierge ; la plainte de Marie fut son cri sur la croix, quand le tourment de la croix finissait. Il en était alors de Marie, comme il devait en être plus tard pour Jésus.

Le Pied de la Croix, 3° douleur, Paris, Ambroise Bray, 1858.

 

Pie X (Pape de 1903 à 1914)

La vraie dévotion à Marie

Pour être de bon aloi, le culte de la Mère de Dieu doit jaillir du cœur ; les actes du corps n'ont ici utilité ni valeur s'ils sont isolés des actes de l'âme. Or, ceux-ci ne peuvent se rapporter qu'à un seul objet, qui est que nous observions pleinement ce que le divin Fils de Marie commande. Car, si l'amour véritable est celui-là seul qui a la vertu d'unir les volontés, il est de toute nécessité que nous ayons cette même volonté avec Marie de servir Jésus Notre-Seigneur. La recommandation que fit cette Vierge très prudente aux serviteurs des noces de Cana, elle nous l'adresse à nous-mêmes : " Faites tout ce qu'il vous dira " (Joan., II, 5). Or, voici la parole de Jésus-Christ : " Si vous voulez entrer dans la vie, observez les commandements " (Matth., XIX, 17).

Que chacun se persuade donc bien de cette vérité que, si sa piété à l'égard de la bienheureuse Vierge ne le retient pas de pécher ou ne lui inspire pas la volonté d'amender une vie coupable, c'est là une piété fallacieuse et mensongère, dépourvue qu'elle est de son effet propre et de son fruit naturel.

Que si quelqu'un désire à ces choses une confirmation, il est facile de la trouver dans le dogme même de la Conception Immaculée de Marie. Car, pour omettre la tradition, source de vérité aussi bien que la Sainte Ecriture, comment cette persuasion de l'Immaculée Conception de la Vierge a-t-elle paru de tout temps si conforme au sens catholique, qu'on a pu la tenir comme incorporée et comme innée à l'âme des fidèles ? " Nous avons en horreur de dire de cette femme - c'est la réponse de Denys le Chartreux - que, devant écraser un jour la tête du serpent, elle ait jamais été écrasée par lui, et que, Mère de Dieu, elle ait jamais été fille du démon " (III Sent., d. II, q. 1). Non, l'intelligence chrétienne ne pouvait se faire à cette idée que la chair du Christ, sainte, sans tache et innocente, eût pris origine au sein de Marie, d'une chair ayant jamais, ne fût-ce que pour un rapide instant, contracté quelque souillure. Et pourquoi cela, si ce n'est qu'une opposition infinie sépare Dieu du péché ? C'est là, sans contredit, l'origine de cette conviction commune à tous les chrétiens, que Jésus-Christ, avant même que, revêtu de la nature humaine, " il nous lavât de nos péchés dans son sang ", dut accorder à Marie cette grâce et ce privilège spécial d'être préservée et exemptée, dès le premier instant de sa conception, de toute contagion de la tache originelle.

Si donc Dieu a en telle horreur le péché que d'avoir voulu affranchir la future Mère de son Fils non seulement de ces taches qui se contractent volontairement, mais, par une faveur spéciale et en prévision des mérites de Jésus-Christ, de cette autre encore dont une sorte de funeste héritage nous transmet à nous tous, les enfants d'Adam, la triste marque, qui peut douter que ce ne soit un devoir pour quiconque prétend à gagner par ses hommages le cœur de Marie, de corriger ce qu'il peut y avoir en lui d'habitudes vicieuses et dépravées, et de dompter les passions qui l'incitent au mal ?

Quiconque veut, en outre - et qui ne doit le vouloir ? - que sa dévotion envers la Vierge soit digne d'elle et parfaite, doit aller plus loin, et tendre, par tous les efforts, à l'imitation de ses exemples. C'est une loi divine, en effet, que ceux-là seuls obtiennent l'éternelle béatitude qui se trouvent avoir reproduit en eux, par une fidèle imitation, la forme de la patience et de la sainteté de Jésus-Christ : " Car ceux qu'il a connus dans sa prescience, il les a prédestinés pour être conformes à l'image de son Fils, afin que celui-ci soit l'aîné entre plusieurs frères " (Rom., VIII, 29). Mais telle est généralement notre infirmité, que la sublimité de cet exemplaire aisément nous décourage. Aussi a-ce été, de la part de Dieu, une attention toute providentielle, que de nous en proposer un autre aussi rapproché de Jésus-Christ qu'il est permis à l'humaine nature, et néanmoins merveilleusement accommodé à notre faiblesse. C'est la Mère de Dieu, et, nul autre. " Telle fut Marie, dit à ce sujet saint Ambroise, que sa vie, à elle seule, est pour tous un enseignement. " D'où il conclut avec beaucoup de justesse : " Ayez donc sous vos yeux, dépeintes comme dans une image, la virginité et la vie de la bienheureuse Vierge, laquelle réfléchit, ainsi qu'un miroir, l'éclat de la pureté et la forme même de la vertu " (De Virginib., 1. II, c. II).

Or, s'il convient à des fils de ne laisser aucune des vertus de cette Mère très sainte sans l'imiter, toutefois désirons-nous que les fidèles s'appliquent de préférence aux principales et qui sont comme les nerfs et les jointures de la vie chrétienne. Nous voulons dire la foi, l'espérance et la charité à l'égard de Dieu et du prochain. Vertus dont la vie de Marie porte, dans toutes ses phases, la rayonnante empreinte, mais qui atteignirent à leur plus haut degré de splendeur dans le temps qu'elle assista son Fils mourant - Jésus est cloué à la croix, et on lui reproche en le maudissant, " de s'être fait Dieu " (Joan., XIX, 7). Marie, elle, avec une indéfectible constance, reconnaît et adore en lui la divinité. Elle l'ensevelit après sa mort, mais sans douter un seul instant de sa résurrection. Quant à 1a charité dont elle brûle pour Dieu, cette vertu va jusqu'à la rendre participante des tourments de Jésus-Christ et l'associée de sa Passion ; avec lui, d'ailleurs, et comme arrachée au sentiment de sa propre douleur, elle implore pardon pour les bourreaux, malgré ce cri de leur haine : " Que son sang soit sur nous et sur nos enfants " (Matth., XXVII, 25).

Encyclique Ad. diem illud, 2 février 1904, Actes de Pie X, Bonne Presse.



Sœur Elisabeth de la Trinité (1880-1906)

Marie, modèle des âmes intérieures

Si tu savais le don de Dieu ! Il est une créature qui connut ce don de Dieu, qui n'en perdit pas une parcelle, une créature qui fut si pure, si lumineuse qu'elle semble être la lumière elle-même : " Speculum justitiae " ; une créature dont la vie fut si simple, si perdue en Dieu que l'on ne peut presque rien en dire : " Virgo fidelis ", c'est la Vierge fidèle, celle qui " gardait toutes choses en son cœur ". Elle se tenait si petite, si recueillie en face de Dieu, dans le secret du temple, qu'elle attira les complaisances de la Trinité sainte.

Parce qu'il a regardé la bassesse de sa servante, désormais toutes les générations m'appelleront bienheureuse !... Le Père, se penchant vers cette créature si belle, si ignorante de sa beauté, voulut qu'elle fût dans le temps la Mère de celui dont il est le Père dans l'éternité ; alors l'Esprit d'amour qui préside à toutes les opérations de Dieu survint, la Vierge dit son " Fiat " : " Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole ", et le plus grand des mystères fut accompli, et par la descente du Verbe en elle, Marie fut toujours la proie de Dieu.

Il me semble que l'attitude de la Vierge durant les mois qui s'écoulèrent entre l'Annonciation et la Nativité est le modèle des âmes intérieures, des êtres que Dieu a choisis pour vivre au dedans, au fond de l'abîme sans fond. Dans quelle paix, quel recueillement Marie se rendait et se prêtait à toutes choses ! Comme celles qui étaient les plus banales étaient divinisées par elle, - car à travers tout, la Vierge restait l'adorante du don de Dieu, - cela ne l'empêchait pas de se dépenser au dehors lorsqu'il s'agissait d'exercer la charité ; l'Evangile nous dit que " Marie parcourut en toute diligence les montagnes de Judée pour se rendre chez sa cousine Elisabeth ". Jamais la vision ineffable qu'elle contemplait en elle-même ne diminua sa charité extérieure, car si la " contemplation s'en va vers la louange et vers l'éternité de son Seigneur, elle possède l'unité et ne la perdra pas. "

[…]

Marie, son âme est si simple, les mouvements en sont si profonds que l'on ne peut les surprendre ; elle semble reproduire sur la terre cette vie qui est celle de l'Etre divin, l'Etre simple. Aussi, est-elle si transparente, si lumineuse, qu'on la prendrait pour la lumière. Pourtant elle n'est que " miroir du Soleil de justice. Speculum justitiae "... Plus qu'aucune autre sainte, elle me semble imitable, sa vie était si simple !

[…]

Rien qu'à la regarder, je me sens apaisée.

" La Vierge conservait ces choses en son cœur. " Toute son histoire peut se résumer en ces quelques mots ; c'est en son cœur qu'elle vécut, et en une telle profondeur que le regard humain ne peut la suivre.

Quand je lis dans l'Evangile que " Marie parcourut en toute diligence les montagnes de Judée " pour aller remplir son office de charité près de sa cousine Elisabeth, je la vois passer belle, calme, majestueuse, recueillie au dedans, avec le Verbe de Dieu ! Comme lui, sa prière fut toujours celle-ci : ! Ecce ! Me voici ! - Qui ? - La servante du Seigneur, la dernière de ses créatures, elle, sa Mère ! "

[…]

Il me semble que l'on peut dire que nul n'a pénétré le mystère du Christ en sa profondeur, si ce n'est la Vierge. Saint Paul parle souvent de " l'intelligence " qui lui en a été donnée, et pourtant, comme tous les saints restent dans l'ombre, quand on regarde aux clartés de la Vierge ! Elle, c'est l'inénarrable ! Le secret qu'elle gardait et repassait dans son cœur, nulle langue n'a pu le révéler, nulle plume n'a pu le traduire. Cette Mère de grâce va former mon âme, afin que sa petite enfant soit une image vivante, saisissante de son premier-né, le Fils de l'Eternel, celui-là qui fut la parfaite louange de la gloire de son Père.

La Vie spirituelle, 1928.

Léon Bloy (1846-1917)

Les larmes de Marie

Les larmes de la Mère des Douleurs remplissent l'Ecriture et débordent sur tous les siècles. Toutes les mères, toutes les veuves, toutes les vierges qui pleurent n'ajoutent rien à cette effusion surabondante qui suffirait pour laver les cœurs de dix mille mondes désespérés. Tous les blessés, tous les dénués et tous les opprimés, toute cette procession douloureuse qui encombre les atroces chemins de la vie, tiennent à l'aise dans les plis traînants du manteau d'azur de Notre-Dame des Sept-Douleurs. Toutes les fois que quelqu'un éclate de pleurs, dans le milieu de la foule ou dans la solitude, c'est elle-même qui pleure, parce que toutes les larmes lui appartiennent en sa qualité d'Impératrice de la Béatitude et de l'Amour. Les larmes de Marie sont le Sang même de Jésus-Christ, répandu d'une autre manière, comme sa compassion fut une sorte de crucifiement intérieur pour l'Humanité sainte de son Fils. Les larmes de Marie et le Sang de Jésus sont la double effusion d'un même cœur et l'on peut dire que la compassion de la Sainte Vierge était la Passion sous sa forme la plus terrible. C'est ce qu'expriment ces paroles adressées à sainte Brigitte : " L'affliction du Christ était mon affliction parce que son cœur était mon cœur ; car comme Adam et Eve ont vendu le monde pour une seule pomme, mon Fils et moi, nous avons racheté ce monde avec un seul Cœur. "

Les larmes sont un legs de la Mère des Douleurs, legs tellement redoutable qu'on ne peut le dissiper dans les vaines affections du monde sans se rendre coupable d'une sorte de sacrilège. Sainte Rose de Lima disait que nos larmes sont à Dieu et que quiconque les verse sans songer à lui, les lui vole. Elle sont à Dieu et à celle qui a donné à Dieu la chair et le sang de son Humanité. Si saint Ambroise, se souvenant de Monique, appelle Augustin " le Fils de si grandes larmes ; filius tantarum lacrymarum ", à quelle profondeur ne faut-il pas entendre que nous sommes fils des Larmes de la Créature d'exception qui a reçu l'incomparable privilège, en tant que Mère de Dieu, d'offrir au Père éternel une réparation suffisante pour le crime sans nom ni mesure qui servit à Jésus à accomplir la rédemption du monde ? Quand sainte Monique pleurait sur les égarements du futur docteur de la grâce, ses larmes étaient comme un fleuve de gloire qui portait son fils incrédule dans ses bras infatigablement étendus à l'Auteur de la Grâce. Mais cependant, elle n'avait que ses larmes à offrir et c'était la conversion de ce seul fils qu'elle avait en vue. Quand Marie pleure sur nous, ses Larmes sont un véritable déluge universel du Sang divin, dont elle est la Dispensatrice souveraine, et cette effusion est en même temps la plus parfaite de toutes les oblations. Comme elle est la seule Mère selon la Grâce qui ait le pouvoir de le faire adorer à l'innombrable multitude de ses autres enfants par la seule vertu de ses larmes.

Les larmes de la Sainte Vierge ne sont mentionnées dans l'Evangile qu'une seule fois, lorsqu'elle prononce sa quatrième parole, après avoir retrouvé son Fils. Et c'est elle-même qui en parle à ce moment-là. Ailleurs, les évangélistes disent simplement que Jésus pleura, et cela doit nous suffire pour deviner ce que faisait sa Mère. Saint Bernardin de Sienne dit que la douleur de la Sainte Vierge a été si grande que si elle était divisée et partagée entre toutes les créatures capables de souffrir, celles-ci périraient à l'instant. Or, si l'on tient compte de la prodigieuse illumination de cette âme remplie de l'Esprit-Saint pour qui les choses futures avaient sans doute une réalité actuelle et sensible, il faut entendre cette affirmation, non seulement du Vendredi Saint, mais encore de tous les instants de sa vie, depuis la salutation de l'archange jusqu'à sa mort.

Lorsque la Sainte Famille, repoussée de toutes les portes de Bethléem, s'en allait chercher un refuge dans cette caverne sauvage où devait se lever le Soleil du monde, les larmes de Marie marquèrent le seuil de ces demeures inhospitalières qui n'avaient pas de place pour accueillir la misère de Dieu. Ces larmes sorties du même Cœur que le Sang du Verbe incarné furent un signe de colère divine pour les misérables habitants de ce désert de cœurs. Elles durent ronger le granit et le sol à des profondeurs épouvantables, et il ne fallut rien moins que le sang innocent de tous les nouveau-nés pour en apaiser la fureur et pour en effacer la trace. Plus tard, pendant la Fuite en Egypte, quand Jésus enfant prenait possession de l'immense monde obscur de la gentilité représenté par " cette terre d'angoisse ", il était porté dans les bras de sa Mère qui préludait ainsi aux conquêtes de sa domination future. La longue route de ces pauvres pèlerins et les lieux pleins d'idoles où ils s'arrêtèrent furent arrosés de beaucoup de larmes silencieuses qui coulaient le long des joues de la Vierge sans tache et tombaient sur le sol comme une semence, après avoir roulé sur les membres de l'Enfant divin. Deux cents ans après, cette même Egypte, devenue patrie des tribulations volontaires, se remplissait de ces sublimes anachorètes qui furent, après les martyrs, la plus splendide floraison du catholicisme.

Le mystère des trois jours d'absence étant arrivé, Marie parcourt les rues et les places de Jérusalem à la recherche de son Enfant perdu. La recherche dure trois jours en compagnie de l'homme extraordinaire que les saints ont appelé l'ombre du Père éternel. Ils pleurent tous les deux, et, cette fois, leurs larmes sont attestées par elle-même qui parle si rarement. Ils cherchent de tous côtés, ils interrogent les passants, riches on pauvres, vertueux ou criminels, moqueurs ou compatissants. Qu'on se représente cet interrogatoire unique de tous les habitants d'une ville indifférente ou affairée par la Mère des Vivants à la recherche du Verbe de Dieu. Ces trois jours d'absence qui furent le troisième glaive de Marie et que quelques écrivains catholiques regardent comme le plus douloureux de tous, méritent qu'on y pense profondément. Il est bon de remarquer que cette Mère incomparable, dans l'impuissance absolue de découvrir son Fils avant le terme mystérieux et incertain pour elle des trois jours, et connaissant d'ailleurs par la plénitude de son illumination prophétique les détails les plus affreux de la Passion, dut principalement porter ses recherches sur la future Voie douloureuse où elle savait que son Amour serait un jour foulé aux pieds de la plus cruelle et de la plus vile populace. C'est là, sans doute, qu'elle répandit ses larmes les plus amères, préparant ainsi le sol pour d'autres effusions à venir dans un temps où personne ne chercherait plus le Verbe de Dieu dans Jérusalem. L'éternité seule pourra donner à la conscience humaine la vraie mesure de ce fait d'une telle Mère cherchant un tel Fils dans une ville si étrangement prédestinée. C'est bien autre chose qu'à Bethléem où du moins Marie ne cherchait qu'un abri pour enfanter la Lumière ? Ici, elle cherche la Lumière absente avec l'étonnante incertitude d'avoir mérité cet abandon et l'évidence supérieure de l'inutilité parfaite de ses recherches, si ce soupçon déchirant est réellement fondé. Dans le premier cas, la dureté de cœur des habitants de Bethléem est une espèce de prodige humain qui regarde tous les pécheurs et qui démasque soudainement les abîmes de la nature de l'homme déchu ; dans le second cas, l'apparente cruauté de Jésus pour sa Mère est un mystère divin qui la regarde seule, une sorte de préparation ineffable, par la pratique d'une transcendante humiliation, aux abandons terribles d'un avenir de sang et d'agonie. Dans ces deux circonstances évangéliques, ce qu'il y a d'extérieur et de sensible pour nous, c'est toujours l'effusion d'un même cœur immense et brisé qui ne se contente pas d'avoir donné la vie au Soleil de justice, mais qui voudrait encore lui faire un océan de larmes amoureuses où il pût se coucher avec splendeur.

                           Le Symbolisme de l'Apparition, Paris, Mercure de France, 1925.


Francis Jammes (1868-1938)

Le couronnement de la Sainte Vierge (Prière)

" Sainte Marie, sainte Mère de Dieu ", priez pour le poète qui vous dédie ce livre qui a poussé comme un arbre rond qu'éclairent tour à tour le soleil et la lune et dont chaque feuille loue le Créateur en chantant. La pomme rouge et odorante qui est au milieu, c'est la vivante Dominica. Elle est à votre petit Enfant. Qu'il la cueille et la pose en se jouant sur son Sacré Cœur.
" Sainte Vierge des vierges ", priez pour la jeune fille qui danse, vêtue d'une robe éclatante ; qu'elle soit semblable à la vivante Dominica, ne vacille point ; que son cœur demeure comme la flamme abritée par la veilleuse ; comme l'immobile feu du géranium dans l'azur. Et qu'un jour, arrachant de sa chevelure la fleur changeante du monde, elle la change pour le lis de vos autels...
[…]
" Mère de la divine grâce ", priez pour que cette grâce se répande sur les âmes, les pénètre, les adoucisse comme l'eau ruisselante imbibe et lisse les prairies.
" Mère très pure, Mère très chaste, Mère toujours vierge, Mère sans tache ", rendez vos filles semblables à ces gouttes de pluie teintées de ciel qui roulent sur les feuilles sans y adhérer ni prendre aucune poussière ; aux roses qui conservent jusqu'à leur mort, et malgré le soleil brûlant, au dedans d'elles, leur cœur dans une ombre fermée ; aux nymphéacées qui savent vivre dans le marécage sans que la boue ait prise sur leur blancheur.
[…]
" Mère du Créateur ", priez pour ceux à qui ressemblent ces portraits que j'ai peints, que je n'ai pu ainsi peindre que parce que les modèles m'en ont été proposés par la Toute-Puissance créatrice. Dira-t-on que la vivante Dominica n'a point existé ? Eh ! qu'importe si cette ombre poétique suscite quelque vocation ; si la grâce, se servant du néant, lui donne une sœur de chair et d'esprit qui vive au pied des autels ?
" Mère du Sauveur ", priez pour celles qui ramènent les âmes perdues comme vous retirez de la mer les naufragés lorsque, du haut du rocher de la Garde, vous leur lancez les bouées et les câbles du salut ; ô vous qui avez eu pitié de la petite marchande de fruits marins repêché par la vivante Dominica dans les filets d'or de la grâce !
[…]
" Vierge digne de louange ", priez pour que mon pipeau soit juste quand il vous chante, pour qu'il exhale cette harmonie qui, du cœur de la vivante Dominica, s'élève sans effort. Moi aussi, je ne suis qu'un roseau et le plus faible de la nature. Comment entonnerais-je un cantique en votre honneur si vous-même ne le souteniez de votre voix ?
" Vierge puissante ", priez afin que se réalisent, sur la grande trame que le ciel ourdit, les projets que l'on forme pour de modestes bonheurs humains. Qu'il nous soit permis de voir grandir dans l'aisance l'orphelin que nous avons connu dépossédé. Qu'il épouse celle qu'il a aimée toute petite et qui l'a aimé tout petit ! Que l'obscure boutique de Lucien s'agrandisse sous la conduite du charpentier qui couronne votre front avec l'ombre d'un lis ! Que les marteaux des artisans sonnent clair comme des angélus et comme les cris des coqs à l'ombre des platanes !
" Siège de la sagesse ", priez pour que nous puissions instruire dans la loi de Dieu l'enfant sur nos genoux, puisque les vôtres ont servi d'escabeau à l'Enfant qui vous enseignait.
" Cause de notre joie ", priez pour que nous sentions planer, sur nos douleurs mêmes, cette ineffable allégresse qui nous saisit comme un embrassement lorsque nous vous voyons poindre dans l'anfractuosité du roc de Lourdes ; pour que, d'aussi loin que l'on vous aperçoive, on vous reconnaisse et ressente, dans son cœur, comme les fumées d'un vin de fête.
[…]
" Rose mystique ", priez pour nous, épanouie sur la couronne d'épines, sans que personne puisse comprendre comment le buisson des saintes femmes a poussé si haut cette tige.
" Maison d'or ", priez pour nous ! Que ce titre reluise comme l'enseigne de l'hôtellerie où vont s'héberger le père sans femme et le fils sans mère ! Tendez la nappe, coupez le pain de chaque jour, emplissez la carafe pour ceux qui ne prennent point de longs repas, mais qui mangent avec amour.
" Arche d'Alliance ", priez pour nous ! Vous avez contenu la loi et le législateur, vous avez fait fleurir et embaumer après des siècles l'acacia dont s'était servi Moïse pour construire le coffre du Témoignage.
" Porte du ciel ", priez pour nous à l'heure où nous frapperons à votre cœur ainsi que, le soir venu, les pauvres prennent dans leur main le heurtoir de la femme charitable. Faites fléchir pour nous la rigueur. Que nous puissions franchir votre seuil, les pieds dans la douceur des gazons de la miséricorde qui croissent à jamais entre les dalles du perron, la face dans le rideau de volubilis de l'éternelle joie !
" Etoile du matin " , priez pour nous, ô vous qui êtes toute pure dans l'air frais, et solitaire comme un rossignol perdu dans la lumière et dont le chant parlerait bien après la nuit ! Astre couleur de rosée et de lis, attirez nos cœurs dans vos réseaux qui traînent dans l'océan du ciel.
" Refuge des pécheurs ", priez pour ceux qui, perdus dans la nuit et la forêt, aperçoivent soudain votre lampe qui rend comme des roses les carreaux de votre chaumière placée sur la bonne route. Ouvrez-leur. Que leurs pieds, fatigués par la course vaine, se purifient dans le chaudron plein d'eau de source ; que leur tête soit lavée aussi et que leurs mains, blessées par tant de ronces qu'elles étreignirent, soient adoucies par le suc des olives du Gethsémani ; que leur corps rompu s'étende entre les draps de l'apaisement et que, la porte fermée à la tempête des tentations, ils ne voient plus, ô Reine ! se dresser devant eux que votre ombre couronnée de lumière !
" Consolatrice des affligés ", priez, non seulement pour les infirmes de corps, mais pour ces infirmes qui sont comme les pauvres honteux du monde des âmes, qui cachent une humiliation, une tristesse, une sollicitude, un remords. Soutenez-les, vous qui avez reçu entre vos bras, sans trébucher, le lourd corps de Jésus-Christ...
" Reine des apôtres ", priez pour nous, vous qui avez voyagé plus que tous les missionnaires ensemble et que l'on retrouve aux quatre coins du monde, et jusqu'en cette humble et verte vallée où les eaux vives mêlent leurs murmures... Vierge de Lourdes, couronnée par les neiges de mon pays !
" Reine des martyrs ", priez pour nous, vous qui avez reçu les rubis de la croix sur le front et qui, davantage que le voile de Véronique, vous êtes imprégnée du supplice de Jésus.
[…]
" Reine des confesseurs ", priez pour nous, vous qui n'avez qu'à vous taire au pied de la croix pour que nous croyions à votre témoignage.
[…]
" Reine de tous les saints ", priez pour que nous comp-tions, parmi vos plus obscurs sujets, ceux qui, en arrière de la foule des élus, pourront du moins apercevoir un reflet de votre front.
" Reine du très saint rosaire ", priez pour nous, pour que Dieu introduise dans ce rosaire qu'achève son médiocre serviteur ce qu'il y manque. C'est vous qui m'avez remis cette poignée de grains de bois dans l'année mil neuf cent cinq que je me suis converti. Je me souviens de Dieu dans le jardin de l'hospice, de la fanfare naïve, du fléchissement des moissons sous la brise, des femmes qui, à l'approche de l'ostensoir, s'affaissaient comme des blés fauchés. Mon rosaire est dit. J'en tiens la croix grossière en écrivant ces lignes. Je sais quelle force j'ai puisée là depuis ce jour où je me suis cru mort, jusqu'à celui où, plein de vie éternelle, j'écoute, sûr de moi, le vent. J'ai vu les miens se relever de leurs couches funèbres. Je louerai mon Dieu et j'appuierai devant lui mon cœur contre la terre. Cette poignée de grains, ô Vierge ! voici la pauvre gerbe qu'elle a produite. Mais il y avait, au milieu, ce coquelicot qui riait.

Le Rosaire au Soleil, Mercure de France, 1917.


Pie XI (Pape de 1922 à 1939)

Le Royaume de France est le Royaume de Marie

« Il est certain, selon un ancien adage, que le Royaume de France a été appelé le Royaume de Marie, et cela à juste titre. Car, depuis les premiers siècles de l'Eglise jusqu'à notre temps, Irénée et Eucher de Lyon, Hilaire de Poitiers, Anselme, qui, de France, passa en Angleterre comme archevêque, Bernard de Clairvaux, François de Sales, et nombre d'autres saints docteurs, ont célébré Marie et contribué à promouvoir et amplifier à travers la France le culte de la Vierge Mère de Dieu. (...) Les monuments sacrés attestent d'éclatante manière l'antique dévotion du peuple (...) L'immense affluence des fidèles accourant de loin chaque année aux sanctuaires de Marie, montre clairement ce que peut dans le peuple la piété envers la Mère de Dieu (...)

La Vierge en personne, trésorière de Dieu de toutes les grâces, a semblé, par des apparitions répétées, approuver et confirmer la dévotion du peuple français (...) Les principaux et les chefs de la nation se sont fait gloire longtemps d'affirmer et de défendre cette dévotion envers la Vierge. (...) C'est pourquoi, après avoir pris les conseils de nos Vénérables Frères les cardinaux de la Sainte Eglise Romaine préposés aux Rites, motu proprio, de science certaine et après mûre délibération, dans la plénitude de notre pouvoir apostolique, par la force des présentes et à perpétuité, nous déclarons et confirmons que la Vierge Marie Mère de Dieu, sous le titre de son Assomption dans le ciel, a été régulièrement choisie comme principale patronne de toute la France auprès de Dieu, avec tous les privilèges et les honneurs que comportent ce noble titre et cette dignité. (...) Nous concédons ces privilèges, décidant que les présentes Lettres soient et demeurent toujours fermes, valides et efficaces, qu'elles obtiennent et gardent leurs effets pleins et entiers, qu'elles soient, maintenant et dans l'avenir, pour toute la nation française, le gage le plus large des secours célestes ; qu'ainsi il en faut juger définitivement, et que soit tenu pour vain dès maintenant et de nul effet pour l'avenir tout ce qui porterait atteinte à ces décisions, du fait de quelque autorité que ce soit, sciemment ou inconsciemment. »

Lettre « Galliam Ecclesiae filiam », 2 mars 1922.

Date de dernière mise à jour : 04/06/2020