Ecole de la Foi

NOUS HABITONS TOUS LA MÊME MAISON

 Démarche de carême  paroissiale guidée par le CCFD  

5 semaines de réflexion pour changer notre regard sur le monde qui nous entoure, en commençant par notre paroisse.

 

Pour chanter : 

                

5ème semaine TOUT EST LIÉ 24 Mars -2021 église de Bélus

Jardin des oliviersChant : Ta parole nus réveille couplets 5, 7 et 9

 

1- Écouter l’appel du Seigneur

Jn 12, 20-33

Nous pensons pendant 5 mn au texte que nous venons d’entendre

 

2- Chercher un chemin de conversion pour agir avec amour et justice

Témoignage : Marie-Pierre de " la Tradition Landaise" va nous parler de son vécu depuis un an

 

Réflexion en équipe : la COVID et le confinement ont généré de nouvelles habitudes de consommation en privilégiant la proximité et le lien direct avec les producteurs et les éleveurs. Que faire pour que cette démarche perdure, dans l’intérêt de tous et pour le respect de la planète et de la création ?

 

3- Offrir une action de grâce au Seigneur

Prière sur les feuilles

La prière pour la Terre du Pape François, nous la prierons tous les jours chez nous, jusqu’à Pâques (et + si nous le désirons)

 

Chant : Témoins et bâtisseurs couplets 1 et 3

 

 

4ème semaine : S’ENGAGER POUR LA CRÉATION 17 mars 2021 église d'Estibeaux

Image11Chant : Ta parole nous réveille c. 7 et 9

1- Écouter l’appel du Seigneur

St Paul aux Ephésiens 2,4-10 (Sauvés dans le Christ)

Dieu est riche en miséricorde ; à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a donné la vie avec le Christ : c'est bien par grâce que vous êtes sauvés. Avec lui, il nous a ressuscités et il nous a fait siéger aux cieux, dans le Christ Jésus. [...] C'est bien par la grâce que vous êtes sauvés, et par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Cela ne vient pas des actes : personne ne peut en tirer orgueil. C'est Dieu qui nous a faits, il nous a créés dans le Christ Jésus, en vue de la réalisation d'œuvres bonnes qu'il a préparées d'avance pour que nous les pratiquions

(Petit temps de silence)

 

2- Contempler le monde

Chant : Témoins et bâtisseurs c.1

« Si nous reconnaissons la valeur et la fragilité de la nature, et en même temps les capacités que le Créateur nous a octroyées, cela nous permet d’en finir aujourd’hui avec le mythe moderne du progrès matériel sans limite. Un monde fragile, avec un être humain à qui Dieu en confie le soin, interpelle notre intelligence pour reconnaître comment nous devrions orienter, cultiver et limiter notre pouvoir. » Laudato Si’ §78

 

 

3- Chercher un chemin de conversion pour agir avec amour et justice

Ecoutons deux témoignages : Conférence St Vincent de Paul et Secours Catholique (15mn chacun)

Réflexion personnelle : comment (ré)inventer un engagement chrétien, dans la société pour répondre aux défis de notre temps ?

 

 

4- Offrir une action de grâce au Seigneur

Guéris nos vies, pour que nous soyons des protecteurs du monde et non des prédateurs, pour que nous semions la beauté et non la pollution ni la destruction [...] Apprends-nous à découvrir la valeur de chaque chose, à contempler, émerveillés, à reconnaître que nous sommes profondément unis à toutes les créatures sur notre chemin vers Ta lumière infinie. Soutiens-nous, nous t’en prions, dans notre lutte pour la justice, l’amour et la paix.

(Extrait de la Prière pour la terre, Pape François dans Laudato Si)

Chant : Témoins et bâtisseurs c. 2

3ème semaine : CHANGER DE REGARD SUR LA CRÉATION 10 Mars 2021 église de St Cricq du Gave

 

89391 symboles du saint esprit 15294166571- Écouter l’appel du Seigneur

Chant : Ta Parole nous réveille

Lecture du jour dimanche :

. Jn 2,13-25 (Le temple relevé en 3 jours)

Prière avec le psaume :

. Ps 18,8-11 (La loi du Seigneur)•

2- Contempler le monde

« Il n’y a pas deux crises séparées, l’une environnementale et l’autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale. Les possibilités de solution requièrent une approche intégrale pour combattre la pauvreté, pour rendre la dignité aux exclus et simultanément pour préserver la nature » Laudato Si’ §139

Chant : Témoins et bâtisseurs

3- Chercher un chemin de conversion pour agir avec amour et justice

L’économie locale de Jérusalem a longtemps bénéficié de l’attrait de son Temple où était honoré le Dieu unique. Mais la limite entre le besoin d’un culte spirituel et les arrangements matériels pour le permettre est fragile. Même là, la tentation est grande de faire de bonnes affaires. Mais Jésus ne peut pas s’asseoir à toutes les tables : celle des changeurs qui ne changent rien, doit être renversée au bout du compte. Un appel fort pour allier résistance spirituelle et engagement concret pour dénoncer les scandales de notre temps

.– Recherche effrénée de profits, amour de l’argent nous conduisent à la destruction de notre planète et à l’augmentation de la misère pour une part toujours plus grande de la population. Comment l’Évangile peut m’aider à me concentrer sur l’Essentiel et chercher un mode de vie plus simple ?

Chez nous :

Comment mieux accueillir tous ceux qui cherchent leur chemin en frappant à la porte de l’Eglise : les recommençants, les catéchumènes, les nouveaux venus dans notre paroisse, etc… ? Nous choisissons un acte concret à faire en leur direction.

 

Dans la société civile, nous côtoyons des personnes venant d’autres pays ou même d’autres régions de France. Quel regard portons-nous sur eux ? Quel accueil ? Nous choisissons aussi un acte concret.

 

4- Offrir une action de grâce au Seigneur

Seigneur, aie pitié de ce monde que tu as fait si beau ! Oui, prends pitié de nous, si prompts à détruire et si lents à comprendre le coût de nos actes. Ouvre nos yeux à la réalité et nos cœurs à la repentance. Pardonne-nous nos inconséquences. Libère-nous de l’idolâtrie de l’argent, et au nom de Jésus ouvre, s’il te plaît, devant nous le chemin de la justice et d’un mode de vie respectueux de Ta Création.

(Extrait de « Prends pitié de ce monde si beau »tiré d’une célébration œcuménique, paru dans Prier n° 303)

Chant : Témoins et bâtisseurs

2éme semaine COMPRENDRE LA CRÉATION 3 mars 2021 église d'Ossages

1) Écouter l’appel du Seigneur

Oip

 Voir et entendre. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu'ils avaient vu, avant que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d'entre les morts ». Mc 9,7-10 (La transfiguration)

                        Chant : Ta parole nous réveille

Lectures du dimanche : Mc 9,2-10 (La transfiguration)

 (5 mn de silence – ou de partage – sur un mot, une phrase, l’homélie de dimanche, que je retiens)

 

 

2)     Contempler le monde

« Les pires conséquences retomberont probablement au cours des prochaines décennies sur les pays en développement. Beaucoup de pauvres vivent dans des endroits particulièrement affectés par des phénomènes liés au réchauffement, et leurs moyens de subsistance dépendent fortement des réserves naturelles et des services de l’écosystème, comme l’agriculture, la pêche et les ressources forestières. » Laudato Si’ §25

3)     Chercher un chemin de conversion pour agir avec amour et justice

 Étrange expérience pour ces amis proches du Christ : d’un instant à l’autre ils passent de la vie ordinaire à l’éblouissement intérieur le plus étonnant. Soudain, la lumière du monde se révèle dans le visage du Christ. Quel bonheur quand un tel moment jaillit dans notre vie. Et ne sommes-nous pas appelés à descendre de la montagne de la rencontre de Dieu pour apprendre à entendre le cri des pauvres et le cri de la terre. Un cri non pas désespéré mais travaillé par les appels du Ressuscité.

– Comment dans ma vie j’entends et je ressens l’appel de Dieu ?

 – « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Le Christ nous demande d’aimer nos ennemis, d’aimer les plus petits, d’aimer les plus pauvres...

Autour de nous, des personnes âgées ont très mal vécu et vivent encore très mal l’isolement imposé par la COVID. Que faire pour que le lien ne soit pas interrompu, ou recréé dans certains cas ?

Nous entendons parler d’adolescents en mal de vivre et nous en connaissons sûrement. Dans notre ensemble pastoral, une famille vit particulièrement un drame après le meurtre d’un jeune lycéen. Comment puis-je me rendre proche de cette famille et des familles de ces adolescents connus ou inconnus ?

4)     Offrir une action de grâce au Seigneur

Le chemin de l’Évangile est une voie à tracer, une piste à tailler dans l’inconnu du quotidien, un sentier ouvert sur l’aventure, jalonné cependant par quelques précieux repères, illuminé par des indices qui ne trompent pas, des signes qui nous mettent sur la trace. Indice que celui de la Transfiguration de Jésus, cette métamorphose momentanée et passagère devant trois de ses disciples ébahis...Ses paroles sont Parole de Dieu lui-même...Paroles qu’il ne faut pas oublier dans nos pénibles échecs, nos multiples vendredis saints...À sa suite, au bout du chemin, pour nous aussi, il y aura métamorphose. (Extrait de Chemins de Pâques 1996)

                        Chant : Psaume de la création

1ère semaine AIMER LA CRÉATION 24 février 2021 église de Cauneille

1) Ecouter l’appel du Seigneur :

MontagnesLa Création, ce beau désert?: Dieu dit encore à Noé et à ses fils : « Voici que moi, j'établis mon alliance avec vous, avec votre descendance après vous, et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous : les oiseaux, le bétail, toutes les bêtes de la terre, tout ce qui est sorti de  l'arche. Oui, j'établis mon alliance avec vous : aucun être de chair ne sera plus détruit par les eaux du déluge, il n'y aura plus de déluge pour ravager la terre. » Gn 9,8-1

 

Lectures du dimanche

• Gn 9,8-15 (L'Alliance après le déluge)•

.Ps 24,4-9 (Il montre le chemin)•

. 1 P 3,18-22 (L'arche du baptême)•

. Mc 1,12-15 (Jésus au désert et en Galilée

 

2) Contempler le monde?:

« Ce n’est pas un hasard si dans l’hymne à la création où saint François loue Dieu pour ses créatures, il ajoute ceci : « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux qui pardonnent par amour

pour Toi ». Tout est lié. Il faut donc une préoccupation pour l’environnement unie à un amour  sincère envers les êtres humains, et à un engagement constant pour les problèmes de la

société. » Laudato Si’ §91

 

3) Chercher un chemin de conversion pour agir avec amour et justice

Entre les bêtes sauvages et les anges, voilà le Christ ramené à l’expérience fondamentale de tout être humain. Entre terre et ciel, comment trouver sa place ? Si le Christ fait

l’expérience que la Création semble le « servir » dans le désert de son cœur, il réalise aussi à quel point la violence et l’opposition à la vie sont puissantes. N’ai-je pas à accepter que

l’émerveillement devant la Création doit aller de pair avec la lucidité : car, nous dira le Christ, le bon grain et l’ivraie y sont mélangés. À nous de devenir des cultivateurs attentifs et

patients.

- Tout est lié, de l’ancienne à la nouvelle Alliance, Dieu nous demeure fidèle.

Mais moi, comment, dans ma vie, j’ai conscience d’être relié à ce(ux) qui m’entoure(nt) et comment je nourris et renforce ce lien ?

- – Comment je prends personnellement soin de l’environnement, de la « maison commune », de la personne humaine et des liens qui nous unissent ?

- – Quel regard avons-nous sur le monde où nous vivons et ce que nous laisserons aux générations à venir ?

 

4) Offrir une action de grâce au Seigneur

- Aujourd’hui encore, la bonté du Christ réclame que nous aimions. Pas n’importe comment, mais n’importe qui, jusqu’au bout et n’importe quand. La bonté du Seigneur va au malmené, à l’opprimé, à l’exilé. « La bonté du Christ opère avec nous, plus encore elle espère de nous, de chacun quelque chose. » 

( Madeleine Delbrêl (1904-1964), Nous autres, gens des rues, Seuil)

Mercredi des cendres 17 février

 

1) Écouter l’appel du Seigneur :

Jesus cheminCe secret où le cœur s’ajuste « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l'accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n'y a pas de récompense

pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux [...] Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours

pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme

la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra ».Mt 6,6-8 (L’aumône, la prière et le jeûne)

 

Lectures du jour

• Joël 2,12-18 (Appel à la pénitence)

• Ps 50,3-6.12-14.17 (Pitié, Seigneur)

• Mt 6,1-6.16-18 (L’aumône, la prière et le jeûne)

 

2) Contempler le monde

La crise écologique est un appel à une profonde conversion intérieure [...] Vivre la vocation de protecteurs de l’œuvre de Dieu est une part essentielle d’une existence vertueuse ; cela

n’est pas quelque chose d’optionnel ni un aspect secondaire dans l’expérience chrétienne.

Laudato Si’ §217

 

3) Chercher un chemin de conversion pour agir avec amour et justice

Jésus renverse profondément la perspective : il ne s’agit pas tant de montrer sa capacité à être religieux, pratiquant d’une foi dans une attitude volontariste, que de découvrir la

chambre secrète de notre cœur où Dieu vient à notre rencontre. Car l’apprentissage d’une vie qui sait partager, le choix d’une démarche spirituelle humble, la capacité à résister aux

besoins immédiats pour notre vie matérielle nous libèrent de l’orgueil. Et nous apprennent à vivre en paix dans notre « maison commune »

.– Lorsque que je prends le temps de bien regarder au fond de moi, qu’est-ce qui m’empêche de revenir vers Dieu ? De le laisser me réconcilier avec Lui ?

– Face aux enjeux écologiques, sanitaires, sociaux, quelles démarches collectives pouvons-nous initier pour protéger et faire grandir notre « maison commune » ?

 

4) Offrir une action de grâce au Seigneur

Prenons le temps de nous arrêter pour accueillir et apprendre à aimer . Tous en marche sur le même chemin. Notre Dieu a besoin de chacun Que tu sois ancien ou

nouveau Un avenir s’écrit avec toi En route pour un monde plus beau N’aie pas peur de vivre ta foi

Prenons le temps de nous arrêter Pour s’accueillir et apprendre à aimer.

Soirée du Lundi 1er février - le mooc de la messe semaine 6

POUR LA GLOIRE DE DIEU ET LE SALUT DU MONDE

PrièrePassion

 

Invocation de l’Esprit-Saint :

Esprit-Saint éclaire cette dernière séance de réflexion commune sur la messe.

Donne-nous le désir et la force d’annoncer l’Evangile.

 

Prière de louange AVEC LE Gloire à Dieu

Gloire à Dieu, au plus haut des cieux. Et paix sur la terre aux hommes qu’Il aime.

Nous te louons, nous te bénissons, nous t’adorons.

Nous te glorifions, nous te rendons grâce pour ton immense Gloire.

Seigneur Dieu, Roi du ciel, Dieu le Père tout-puissant.

Seigneur, Fils unique, Jésus-Christ,

Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, le Fils du Père.

Toi qui enlèves le péché du monde, prends pitié de nus.

Toi qui enlèves le péché du monde, reçois notre prière.

Toi qui es assis à la droite du Père, prends pitié de nous.

Car Toi seul est Saint. Toi seul est Seigneur.

Toi seul es le Très-Haut, Jésus-Christ, avec le Saint Esprit.

Dans la gloire de Dieu le Père.

AMEN.

 

 

16. Pour le salut du monde

 

Sybille: Bonjour père, pourquoi dit-on que la messe est célébrée « pour le salut du monde». C'est un peu fort non ?

 

Père Drouin : Non, pas du tout. La formule a plusieurs harmoniques. Au plan théologique si la messe rend présent le sacrifice de la croix, comme nous l’avons dit à plusieurs reprises dans ce MOOC, elle est célébrée pour le salut du monde puisque Jésus est mort précisément par amour et pour sauver le monde entier.

 

Mais il y a une dimension spirituelle qui est peut-être plus accessible et que d’ailleurs la prière eucharistique souligne à sa manière. Quand on prie pour le pape, les évêques, pour les vivants et les morts, quand on invoque la Vierge Marie, les anges et tous les saints, -et c’est ce qu’on fait à chaque messe -, eh bien on rappelle que le grand corps dont le Christ est la tête est infiniment plus vaste que l’assemblée qui participe à cette messe précise.

 

Donc toute messe concerne tout le corps, et le Corps du Christ est large, vaste, dans le temps et dans l’espace ! Plus large, plus vaste que nos petites assemblées, plus large même que le temps que nous vivons. C’est important de prendre conscience de cette grande communion des saints, avec ceux qui nous ont précédés, avec tous les baptisés de la terre, tous ces hommes, toutes ces femmes avec qui, mystiquement donc très réellement, nous sommes en communion. Et toute messe, même la plus modeste est au service très concret de cette grande œuvre de communion !

 

Quand on cite le pape, c’est aussi pour signifier notre communion avec toutes les Églises de Dieu répandues sur toute la terre, en particulier celles qui souffrent. Un ami syrien me disait combien, en pleine guerre, il était réconfortant pour les chrétiens de Damas de se savoir, de s’éprouver, envers et contre tout, en totale union avec ceux qui, de par le monde célébraient comme eux, avec eux, la Pâque du Seigneur.

 

Sybille: Et alors tous ceux qui sont loin de la foi ? Quel rapport y a-t-il entre la messe que nous célébrons et eux ? En quoi ça les concerne ? En quoi cela peut avoir un retentissement pour ceux qui ne croient pas ou ceux qui ne sont pas baptisés ?

 

Père Drouin: La question des non chrétiens, qu’ils soient croyants ou non, se pose différemment.

 

Ne rétrécissons pas à notre mesure, n’étouffons pas le souffle de la résurrection du Christ. Jésus est mort pour tous les hommes et la puissance de vie et d’amour jaillie du tombeau à laquelle chaque messe nous met en contact dépasse les limites souvent étriquées de notre pauvre cœur et probablement aussi les frontières de nos églises.

 

C’est ce que dit avec clarté le concile Vatican II, (au numéro 22 de la constitution Gaudium et Spes): « En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associé au mystère pascal » Tous, c’est-à-dire tous les hommes, qui sont donc tous concernés par le Mystère Pascal et donc par la messe. Si nous savions encore une fois l’ampleur humaine et cosmique de la Messe...

 

Sybille: En effet, c’est immense de réaliser que tous les hommes, tous, sont concernés par la célébration d'une messe. Mais comme c'est le sacrifice du Christ qui sauve le monde, le fait que moi je sois là ou pas, en quoi est-ce que ça peut changer quelque chose ?

 

Père Drouin: Baptisé, je suis un membre du Corps du Christ, et nous le savons bien, dans le corps biologique tout membre a sa place, unique dans un corps. Alors tenons notre place, unique, choisie et aimée par Dieu dans le grand corps que construit l’eucharistie. Si nous désertons, nous manquerons car dans le corps du Christ personne n’est interchangeable.

 

Sybille: Cela semble invraisemblable de penser que l'on pourrait même un tout petit peu avoir une portée sur le salut du monde !

 

Père Drouin: En effet, mais être là tout simplement, c’est ce qui nous est demandé. Être là comme le dit le Concile de Trente, pour coopérer modestement à l’œuvre de la grâce. Être là, fidèle à l’appel du Maître, c’est notre mission toute simple, notre joie et notre fierté.

 

Sybille: Et qu'est-ce que cela change si personne ne participe à une messe, si le prêtre est tout seul à la célébrer ?

 

Père Drouin: Alors, ça change tout.

 

Même si la messe est parfaitement valide si le prêtre célèbre seul, parce que toute messe est célébrée en communion avec tous les absents. J’ai fait l’expérience pendant le confinement, j’étais privilégié, j’étais dans une maison religieuse avec de nombreux prêtres. Nous avons donc célébré la messe chaque jour et Pâques, le cœur de l’année chrétienne, a donc même été célébrée avec une vraie solennité, et en plus nous avions quelques étudiants, dont quelques très bons musiciens, donc c’était beau. La Vigile était belle, très soignée. Mais ça clochait, car le peuple n’était pas là, le saint peuple de Dieu, dont les catéchumènes qui auraient dû être baptisés, confirmés et recevoir l’eucharistie dans cette nuit de Pâques. Certes Christ était ressuscité et nous l’avons célébré joyeusement, dignement même, mais son corps n’était pas là physiquement. Car le Christ ressuscite en quelque sorte aussi dans son Église. Et quand le corps n’est pas là, ceux qui représentent la tête, c’est-à-dire les prêtres, sont tout chose, car il manque le corps, dans la joyeuse et parfois cacophonique diversité de ses membres. Alors oui, on peut célébrer la messe seul, mais il faut bien se dire que la messe est fondamentalement une action communautaire.

 

Sybille: Et si l'eucharistie n'était plus célébrée ?

 

Père Drouin: Si l’eucharistie n’était plus célébrée, ça voudrait dire qu’on est au ciel, car là-haut on n’en aura plus besoin, on sera dans le Face à face avec Dieu donc on n’aura plus besoin de la médiation des sacrements. Ou bien, si cela arrivait sur la terre, je pense que le monde s’effondrerait sur lui-même dans le néant. Car tout ce que nous avons dit nous fait croire que, depuis le matin de Pâques, c’est l’eucharistie qui sauve le monde et donc qui tient le monde en vie !

 

17. La porte de la vie éternelle déjà commencée

 

Sybille: Mgr, nous venons de voir que la messe était toujours célébrée en lien avec le monde entier et pour son salut. Maintenant nous allons aborder un autre lien, plus mystérieux, celui avec les défunts et avec les anges, toute l'Eglise du ciel.

 

Mgr Rougé: Avant tout, il faut bien saisir que nous célébrons l'eucharistie dans la perspective de la vie éternelle. C'est le pain de la route, alors que nous sommes en chemin vers la gloire éternelle, qui est notre véritable patrie. Et très souvent nous oublions cela.

 

Nous vivons l'eucharistie comme si nous vivions pour toujours sur la Terre. Les premiers chrétiens étaient très attentifs, à juste titre, à cette perspective de l'accomplissement de toute l'Histoire par le retour du Christ, dans la gloire. Maranatha, en araméen "Viens Seigneur Jésus!" était leur prière par excellence. Et comme le dit saint Paul dans la première lettre aux Corinthiens, nous célébrons l'eucharistie dans l'attente du retour du Christ dans la gloire. Et du coup, la célébration de la messe nous aide à vivre dans le temps présent avec sérieux, mais sans l’idolâtrer, sans oublier qu’il ne trouve toute sa signification que dans la perspective de la vie éternelle.

 

Sybille: Pourquoi fait-on célébrer des messes pour des défunts ? A quoi cela sert-il?

 

Mgr Rougé: Nous prions pour les défunts d'une part parce qu’avec eux, nous sommes déjà saisis dans la grande communion de la vie éternelle déjà commencée.

 

D'autre part, en faisant mémoire de la mort et de la résurrection de Jésus, nous rendons présent son sacrifice, avec toute sa fécondité, pour la transformation de nos cœurs et le salut de nos vies.

 

Et donc nous demandons au Seigneur de venir purifier dans le cœur, dans l'être profond de tous les défunts, ce qui a besoin de l'être pour qu'ils entrent pleinement dans sa lumière.

 

Quand nous célébrons la messe pour les défunts, nous ne sommes pas dans une logique matérialiste, comme vous me dites : "à quoi ça sert ?". Nous sommes dans une logique de fraternité spirituelle, pour demander au Seigneur de nous introduire toujours davantage dans la vérité de l'amour pour entrer dans la lumière éternelle.

 

Sybille: Est-ce qu'on peut dire que célébrer des messes pour les défunts c'est les associer à la messe qui est célébrée et aussi les associer aux grâces de la messe qui est célébrée ?

 

Mgr Rougé: Quand on célèbre la messe, pour les morts mais aussi pour les vivants, c’est pour demander au Seigneur de leur faire profiter au maximum de la puissance de vie de son sacrifice.

 

Par ailleurs, la célébration de la messe et l'acte de communier, est un des moments où la communion vivante entre ceux qui sont sur cette Terre et ceux qui sont déjà auprès de Dieu s'exprime au maximum.

 

Lorsqu'on communie au Christ qu'est-ce qu'on fait sinon ce qui sera en plénitude notre vie éternelle : communier au Christ ressuscité ?

 

Quand des personnes qui ont perdu un être cher me demandent "comment puis-je être en communion avec mon époux, mes parents, un enfant qui est parti ?" je leur réponds "quand vous dites Notre Père, dans ce "nous" est inclus la fraternité des vivants et des morts, dans la vie filiale. Et dans la communion sacramentelle au Corps du Christ, vous communiez, comme ceux qui sont entrés dans la gloire, à la vie du Christ ressuscité."

 

Sybille: Dans la liturgie, on fait référence aux anges. Le Sanctus par exemple, est chanté "avec eux". On parle aussi de l'offrande "portée par les mains du saint Ange de Dieu, sur son autel céleste". Qu'est-ce que cela veut dire, est-ce que c'est une formule imagée, ou est-ce que les anges ont un vrai rôle dans la messe ? Et puis d’ailleurs c'est quoi cet “autel céleste" ?

 

Mgr Rougé: Comme le dit la Constitution sur la liturgie du Concile Vatican II "par la liturgie terrestre nous nous associons à la liturgie céleste", c'est à dire à cette liturgie des anges, des saints, des défunts dans la gloire de Dieu.

La liturgie par excellence, la liturgie parfaite, la liturgie bien célébrée au sens le plus profond du terme, c'est celle qui se célèbre dans la gloire de Dieu. Mais nous commençons d'entrer dans cette gloire et d'en vivre par la liturgie terrestre.

Alors tout ça est un grand mystère, au sens que j'ai dit, c'est à dire une réalité si riche et si belle qu'on n'a jamais fini de la découvrir.

La liturgie en effet fait allusion aux anges et à tous les saints, avec lesquels nous chantons le Sanctus par exemple.

Et l'autel céleste, c'est cette éternelle offrande du Fils au Père dans la gloire, et qui est rendue présente, sensible, agissante dans la célébration eucharistique de la terre.

Sybille: En fait la messe est une communion beaucoup plus vaste que ce qu'on avait pu comprendre, ça dépasse largement ce que nous voyons de nos propres yeux, c’est un mystère immense... Et quel est le lien avec la vie éternelle et la fin des temps ?

Mgr Rougé: Chaque célébration eucharistique nous rappelle que nous sommes faits pour la vie éternelle, que l'Histoire est polarisée par l'éternité.

Nous préparons, par notre amour terrestre, notre disposition à vivre de l'amour de Dieu pour l’éternité.

Nous annonçons le royaume qui vient par nos engagements concrets dans le temps présent, au service de nos frères et des plus pauvres en particulier. Chaque eucharistie nous remet devant le sens véritable et profond de nos vies. Elle nous donne le désir dynamisant de servir dans le temps présent, en nous disposant davantage à la vie éternelle.

Le Pain de l'eucharistie, c'est déjà le Pain des anges, comme dit la tradition liturgique "le Pain de la vie éternelle commencée".

Sybille: On évoque à la messe "la Création tout entière, enfin libérée du péché et de la mort". Pourquoi ?

Mgr Rougé: L'homme ne peut jamais être détaché de la Création dans laquelle il vit. Elle lui est confiée pour qu'il la cultive et qu'il en prenne soin.

La Création fait vraiment partie de ce qui nous constitue. Dans la célébration eucharistique et par la louange des fidèles, par les "fruits de la Terre et du travail des Hommes" présentés à l'offertoire, c'est tout le Cosmos qui est offert, qui est rendu à Dieu.

On pourrait développer une sorte de "théologie eucharistique de l'écologie" qui nous aiderait à recevoir la Création comme un don à offrir à Dieu, en la partageant entre tous.

Il y a une sorte de péché écologique, c'est un thème qui se développe aujourd'hui, qui est démasqué par la dynamique eucharistique qui est la dynamique de la vie selon Dieu. Tout ce qui nous est donné, l'est au profit de tous.

 

18. Envoi en mission!

 

Sybille: A la messe on sort en quelque sorte de l’espace-temps : on la célèbre en union avec le monde entier mais aussi avec l’Eglise du Ciel, et dans la perspective de la vie éternelle. La dernière partie de la messe “l’envoi”, est très courte, elle ressemble juste à la bénédiction. A quoi correspond cet envoi final ?

 

Mgr Rougé: La messe est célébrée dans un lieu et un moment donné, mais au-delà de ces limites visibles et tangibles, il y a en effet un élan de communion qui dépasse ce que l'on peut voir et expérimenter.

 

La célébration de la messe est en prise sur l'Histoire en train de se faire et elle annonce ce vers quoi marche l'Histoire : le retour du Christ à la fin des temps.

 

Dans la liturgie de la messe, après la prière eucharistique, nous l’avons vu, il y a la liturgie de la communion, inaugurée par le Notre Père et conclue par l'envoi en mission.

 

Ainsi donc, ce qui nous met en prise avec la vie quotidienne, c'est la communion elle-même. Nous avons dit "Notre Père" en frères, nous avons échangé la paix du Christ, nous avons communié au Corps du Christ, et puis nous sommes envoyés en mission, pour être des témoins du royaume de Dieu.

 

Nous avons reçu le Corps du Christ pour devenir le Corps du Christ et pour travailler à la transformation du monde.

 

C'est cela l'envoi : travailler à la transformation du monde en étant, par nos vies, des signes pour le monde.

 

Sybille: Mais qu’est-ce que le Seigneur attend de nous ? Comment être des signes pour le monde ?

 

Mgr Rougé: D'abord, en ayant conscience que notre vie nous est donnée par Dieu pour que nous la partagions.

 

La première mission c'est d’accueillir le don que Dieu nous fait d'être au service de son œuvre. Notre vie est faite pour être offerte, comme le Christ, “par Lui, avec Lui et en Lui.”

 

Ensuite, notre mission est d'être témoin de la foi, l'espérance et de la charité. Témoin de la foi en partageant la Bonne Nouvelle du Salut, témoin de l'espérance, dans un monde fait de joies, de peines, de complications, de difficultés et témoin de la charité, en nous aimant les uns les autres, comme le Christ nous a aimé.

 

Ce témoignage est bien sûr différent pour chacun, en fonction de son état de vie, du lieu ou des circonstances où on est engagé. Il passe par exemple par la vie conjugale, qui est relancée par chaque eucharistie : les époux reçoivent du Christ le don de se donner l'un à l'autre. Mais aussi par la vie familiale ou amicale, la vie professionnelle, la vie ecclésiale, le service des plus pauvres. Il y de nombreuses manières d'être témoin de la foi, de l'espérance et de la charité !

 

Mais ce qui est décisif, c'est de recevoir, d’accueillir l’appel à ce témoignage du Christ et de le vivre en communion avec Lui, dans la force de l'Esprit.

 

Sybille: En même temps quand on sort de la messe, on ne se sent pas forcément plus fort ou plus saint, on n'a pas vraiment l'impression d’être meilleur...

 

Mgr Rougé: Dans ce domaine-là, comme dans tout le reste de la vie chrétienne, ce qui est premier ce n'est pas ce que l'on ressent mais c’est la réalité : qu'est ce qui transforme nos cœurs et nos vies ?

 

Ce n'est pas d'abord nos efforts, ni ce que nous sentons, mais c'est le fait de prendre vraiment au sérieux l'amour du Christ pour nous, sa grâce.

 

Voilà ce qui vient transformer nos cœurs et presque en dépit de nous-mêmes ce qui nous permet d'aller plus loin dans la foi, dans l'espérance et dans l'amour.

 

Participer vraiment à l'eucharistie c'est entrer dans une transformation de notre être, qui est comparable à la transformation du pain et du vin. Et au-delà de ce que nous pouvons percevoir, cela porte du fruit pour le Royaume de Dieu.

 

Sybille: Être témoin de la charité, ça nous donne une responsabilité plus grande envers nos frères, et particulièrement les plus pauvres ?

Mgr Rougé: L'amour des petits et des pauvres est le signe par excellence de l'amour dont le Christ nous rend capables.

Voilà pourquoi il y a une relation très profonde entre l'eucharistie et les pauvres, d'abord, pour que chacun d'entre nous se redécouvre pauvre. Comme disait le saint curé d'Ars "l'homme est un mendiant qui a besoin de tout demander à Dieu". Pauvres ou riches aux yeux du monde, nous avons tous besoin de cette nourriture qu'est le Christ lui-même.

Et puis dans l'évangile, Jésus s’identifie aux pauvres.

Le service liturgique de l'eucharistie annonce le service concret des pauvres et réciproquement.

Il y a une conscience très vive de cela dès les premières générations chrétiennes. Nous en faisons l'expérience notamment le Jeudi Saint, en faisant mémoire du dernier repas de Jésus, qui est aussi en quelque sorte la première messe. Le Jeudi Saint, il y a le double signe de l'eucharistie et du lavement des pieds. L'un ne va pas sans l'autre.

L'enracinement dans le Christ est la condition nécessaire de l'engagement au service des pauvres et réciproquement, l'engagement au service des pauvres révèle la vérité de l'enracinement dans le Christ.

Sybille: Mgr, nous voici arrivés au terme de ce MOOC ! Pour conclure quel serait votre dernier message ?

Mgr Rougé: Il y tant de facettes au mystère de la messe parce que la messe est comme un diamant. Nous n'aurons jamais fini d'en scruter toutes les dimensions, toutes bienfaisantes pour vivre et agir en disciple du Christ, et pour avancer sur le chemin du Royaume éternel.

Ce qui me semble très important, et c'est dans la vie chrétienne en général et dans l'eucharistie en particulier, c’est de ne jamais opposer ce qui est fait pour être uni. Il n'y a pas d'un côté l'engagement et de l'autre la célébration, il y a la célébration de l'eucharistie qui nourrit notre capacité à nous engager.

Il n'y a pas d'un côté l'écoute de la Parole et de l'autre le signe sacramentel, il y a la Parole qui prend corps dans le sacrement.

Il n'y a pas d'un côté la dimension intime de la foi et de l'autre la dimension communautaire, il y a la dimension personnelle de la foi qui se nourrit dans la communauté et la communauté qui se construit par l'engagement personnel de chacun.

Il n'y a pas le temps présent dans lequel nous sommes et la vie éternelle vers laquelle nous marchons, il y a la perspective de notre vie éternelle qui donne son sens véritable à notre vie temporelle.

L'eucharistie est d'une immense richesse, en même temps synthétique, qui nous apprend à ne jamais disjoindre ce qui est fait pour être uni, et ce qui est fait pour être uni par excellence c'est Dieu et nous. Dieu pour que nous servions sa gloire et nos frères à qui nous sommes envoyés.

 

 

Le Quizz :

Quand on parle de « communion des Saints », on manifeste que l’Eglise est infiniment plus vaste que ce que nous voyons de nos yeux :

Vrai.

Faux.

 

La valeur de la messe se mesure au nombre des participants :

Vrai.

Faux.

 

Si personnellement nous n’allons pas à la messe, cela n’a aucune importance :

Vrai.

Faux.

 

Tous les hommes quels qu’ils soient, croyants ou non, sont concernés par la messe :

Vrai.

Faux.

 

Lorsque l’on célèbre la messe, on sort en quelque sorte de l’espace-temps :

Vrai.

Faux.

 

Célébrer une messe en mémoire des défunts relève plus de la dimension culturelle que spirituelle :

Vrai.

Faux.

 

A la messe, les anges, les saints, prient avec nous, même si on les voient pas :

Vrai.

Faux.

 

On n’est jamais autant en communion avec nos proches, vivants ou morts, que dans la communion Eucharistique :

Vrai.

Faux.

 

Le Jeudi Saint, qui unit le lavement des pieds et l’Eucharistie, nous révèle que l’engagement envers les autres trouve sa source dans l’union au Christ :

Vrai.

Faux.

 

L’Eucharistie nus aide à nous tourner vers les autres et à mieux les aimer :

Vrai.

Faux.

Soirée du 20 Janvier. Le MOOC de la messe semaine 5

LA COMMUNION AU CHRIST SOURCE DE LA COMMUNAUTE

Prière 

Invocation de l’Esprit-Saint :

Viens Esprit-Saint, viens embraser nos cœurs, viens au secours de nos faiblesses.Cene

Viens Esprit-Saint, viens esprit consolateur, emplis-nous de joie et d’allégresse.

 

Prière pour l’Eglise (dans le Missel romain)

Seigneur, dans l’alliance instaurée par ton Fils, tu ne cesses de te former un peuple qui se rassemble dans l’Esprit Saint sans distinction de race et sans frontières.

Accorde à ton Eglise d’accomplir sa mission universelle : qu’elle soit le ferment et l’âme du monde pour que devienne la famille de Dieu toute l’humanité renouvelée dans le Christ.

Lui qui règne pour les siècles des siècles. AMEN.

 

13. Notre Père eucharistique

 

Sybille: Bonjour Monseigneur, la messe, est une expérience d’intimité et aussi de communauté. Justement, cette communauté se manifeste particulièrement lorsque nous disons Notre Père, «unis dans le même Esprit». Cette prière du Notre Père, pourquoi est-elle placée juste après la prière eucharistique et juste avant la fraction du pain?

 

Mgr Rougé: D’abord le Notre Père nous aide à percevoir que toute la prière de l’eucharistie est tournée vers le Père. D’une certaine manière, le Notre Père est comme une synthèse de la prière eucharistique. Et c’est pour cela qu’il se situe si bien à la jointure de la prière eucharistique et de la communion.

 

Quand toute l’assemblée se met à dire ou à chanter «Notre Père», c’est comme si elle entrait dans le mouvement de la prière eucharistique. D’ailleurs l’assemblée y est déjà entrée en chantant le Sanctus, et elle y entre à nouveau pour la prolonger avec le Notre Père. Dans le «Notre» du Notre Père, il y a toute la densité de la communion à laquelle nous sommes appelés.

 

Sybille: Vous voulez parler de notre communion avec le Christ?

 

Mgr Rougé: Notre communion personnelle avec le Christ en effet car c’est lui qui nous a enseigné à dire «Notre Père», comme lui et avec lui, «comme nous l’avons appris du Sauveur», dit le prêtre pour introduire le Notre Père, «et selon son commandement».

 

Mais aussi notre communion les uns avec les autres, qui sommes rassemblés. Notre communion peut être particulière entre époux, à l’intérieur d’une famille, au sein d’une communauté ecclésiale.

 

Et puis aussi une communion beaucoup plus large, avec tous les chrétiens, appelés à la vie d’enfant de Dieu. Il y a par le Notre Père un passage de la prière eucharistique vers la communion qui intensifie ce qui est célébré. C’est très important ce moment du Notre Père. Je dois dire que, comme célébrant, c’est un des moments qui me touchent le plus, quand j’entends le Notre Père dit d’une seule voix, d’un seul cœur, par toute une assemblée parfois extrêmement nombreuse et extrêmement variée. Et moi, comme prêtre, comme évêque, je fais attention à fondre ma voix dans celle de tout le peuple de Dieu, parce que si j’ai la mission d’être le signe du Christ tête agissant au milieu de son Église, je suis aussi pleinement membre du corps du Christ, et c’est avec tout le corps du Christ que j’ai le bonheur de pouvoir dire «Notre Père».

 

Sybille: Est-ce qu’il y a un lien entre les différentes demandes du Notre Pèreet la messe?

 

Mgr Rougé Le Notre Père est la synthèse de toute la prière chrétienne. Toute prière authentiquement chrétienne doit pouvoir passer au crible du Notre Père.

 

Et d’ailleurs, dans la Tradition de l’Église, les traités sur la prière ont très souvent pris la forme d’un commentaire du Notre Père. C’est le cas chez saint Augustin, chez saint Cyprien, chez beaucoup de maîtres spirituels jusqu’au très beau commentaire du Notre Père du Catéchisme de l’Église catholique.

 

Dans le Notre Père, il y a aussi une synthèse de toute l’action eucharistique.

 

Sybille: Pouvez-vous développer un peu, qu’est-ce que ça veut dire?

 

Mgr Rougé: D’abord, les trois premières demandes, «Que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre»,sont comme une sorte de doxologie: le nom du Père, le règne du Fils, la volonté de Dieu en nous par son Esprit.

 

C’est une manière de redire «Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit». C’est une manière de rebondir sur le «Par lui, avec lui et en lui, à toi, Dieu le Père tout-puissant, dans l’unité du Saint-Esprit».

 

Et puis nous voulons nous mettre à l’écoute de la volonté du Père: «Que ta volonté soit faite.» Nous avons écouté sa Parole, nous avons fait mémoire du Christ, dont la nourriture est de faire la volonté du Père. Il se donne en nourriture pour que nous aussi, nous trouvions notre nourriture dans l’accomplissement de la volonté du Père. Nous vivons de l’eucharistie pour aimer et mettre en œuvre le commandement que le Christ nous a donné de la part du Père:«Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.»

 

Sybille: Et ensuite lorsque nous disons: «Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour», nous insistons un peu, non?

 

Mgr Rougé: Les Pères de l’Église ont commenté cela abondamment et cette demande est exaucée en particulier dans l’eucharistie. Parce que le «pain de ce jour», c’est le rappel de la manne dont nous avons déjà parlé, ce givre nourrissant et mystérieux qui avait un goût différent pour chacun, donné par Dieu dans le désert. Chacun ne devait récolter que ce dont il avait besoin pour ce jour-là. Pour ne pas faire de réserves de nourriture, mais pour recevoir chaque jour la nourriture que Dieu, dans sa fidélité, ne cesse de nous donner. Cette nourriture est celle qui nourrit le corps, mais davantage encore celle qui donne vie à l’âme. Chaque jour le Seigneur nous donne la force spirituelle dont nous avons besoin pour accomplir sa volonté.

 

L’eucharistie est le signe par excellence de cette nourriture quotidienne donnée par le Seigneur, même si nous ne participons pas à la messe tous les jours. Donc le pain de l’eucharistie, le corps du Christ, est le pain par excellence que nous demandons dans le Notre Père.

 

Sybille: Et puis après, il y a le pardon des péchés...

 

Mgr Rougé: Le sacrifice eucharistique est célébré «pour la rémission de nos péchés».

 

Nous sommes purifiés de nos péchés, nous en avons parlé, au début de la liturgie, par la préparation pénitentielle, mais pas uniquement: c’est tout l’acte eucharistique qui nous est donné, pour que l’œuvre du Salut se poursuive et s’approfondisse en nous.

 

La demande de ne pas «entrer en tentation» et d’être «délivré du mal» nous met devant le drame et l’enjeu essentiel de nos vies. Être capable d’être avec le Christ dans l’œuvre du Salut, malgré les poids que nous avons à porter. Et être du coup capable de fidélité à l’égard de l’œuvre de Dieu. Tout cela est donc concentré dans le Notre Père.

 

Voilà pourquoi, même quand on reçoit l’eucharistie en dehors de la messe comme le font les malades, il est tellement important de réciter le Notre Père, parce que le Notre Père ressaisit tout le mouvement déployé par la prière eucharistique et nous prépare à communier en vérité au corps du Christ.

 

 

14. Unis par le Christ

 

Sybille: Bonjour père, nous venons de voir que le Notre Père nous prépare à la communion au Corps du Christ. À la messe, j’imagine qu’il n’y a pas que la prière du Notre Père qui contribue à construire l’unité?

 

Père Drouin: En effet, dans le missel, la prière du Notre Père fait partie des rites de communion.

 

C’est important car toute la célébration eucharistique est comme orientée vers la communion. La communion, l’unité, est ce que les anciens, les théologiens du Moyen Âge, appelaient la res, c’est-à-dire la chose, le but ultime de l’action eucharistique.

 

D’ailleurs, la dernière prière de Jésus est une demande de communion, d’unité: «Qu’ils soient un!»,avant d’entrer dans sa passion.

 

Et c’est de la communion que jaillit la mission, Jésus dit également: «C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples.»

 

Bref toute la messe est ordonnée à la construction de l’unité. Et cette unité elle ne se décrète pas, comme dans un parti politique ou une association, elle se reçoit.

 

C’est en communiant au même corps que nous devenons ce que nous recevons, selon le beau mot de saint Augustin qui reprend d’ailleurs saint Paul, que nous devenons le corps du Christ.

 

Ainsi communier c’est certes recevoir le corps du Christ mais c’est peut-être plus encore être reçu dans le grand corps dont le Christ est la Tête et dont nous sommes les membres.

 

Sybille: Donc ce n’est pas le fait d’être ensemble ou de faire les choses ensemble, ni même seulement de prier ensemble qui fait la communion?

 

Père Drouin: C’est sympathique, c’est nécessaire et c’est bon d’être ensemble et de prier ensemble et ça nous manque quand nous ne pouvons pas le faire.

 

Mais la question est bien plus profonde, elle est sacramentelle. Les chrétiens ne se réunissent pas d’abord, comme le font les païens, pour rendre un culte à leur Dieu. Dès les origines on l’a vu, ils se réunissent pour faire mémoire de la Pâque du Christ et partager le pain, ils reçoivent son corps, pour faire de plus en plus corps avec lui et corps entre eux, les deux. C’est cela, le cœur du culte chrétien, c’est cela, la source de l’Église, sa raison d’être: permettre la communion au Christ, de façon sacramentelle, comme il nous a demandé de le faire («Faites cela en mémoire de moi»).

 

La communion a toujours une double connotation verticale et horizontale: communion avec Dieu et communion avec nos frères et avec nos sœurs, comme le dit le pape Benoît XVI dans Sacramentum Caritatis(n°76), «les deux dimensions se rencontrent mystérieusement dans le don eucharistique. Là où se détruit la communion avec Dieu, qui est communion avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit, se détruit aussi la racine, la source de la communion entre nous. Et là où n’est pas vécue la communion entre nous, réciproquement, là non plus la communion avec le Dieu trinitaire n’est ni vivante ni vraie».

 

Nous sommes donc tous membres du Christ et membres les uns des autres.

 

Sybille: Est-ce que ceux qui ne communient pas sacramentellement sont aussi pleinement participants de cette communion?

 

Père Drouin: Alors là, vous abordez une question à la fois importante et souvent douloureuse. Parce que si l’unité et la communion sont d’abord d’ordre sacramentel comme on vient de le dire, et se construisent par la communion eucharistique, comment peut-on être pleinement incorporé au corps du Christ sans pouvoir recevoir son corps eucharistique?

 

C’est là que la vieille distinction entre le sacramentum, c’est-à-dire le rite, la matérialité du sacrement et la res, la chose, l’horizon du sacrement, peut être utile pour nous aider à comprendre. On l’a vu pendant le confinement avec les messes à la télé, on a essayé d’être en communion virtuelle parce qu’on ne pouvait pas être en communion eucharistique. Mais il y avait un manque, qui n’était pas d’ordre d’abord psychologique, mais parce que les chrétiens sentent bien que l’unité est fondamentalement eucharistique, au sens sacramentel et pas d’abord psychologique du terme.

 

Alors il faut être en vérité, quand on ne peut pas communier, on ne fait pas comme si on pouvait, on ne fait pas semblant.

 

Si donc, pour différentes raisons, le sacramentum, le rite, est inaccessible, la res, c’est-à-dire la chose même, demeure accessible, même sans le sacrement.

 

Je m’explique. L’horizon de l’eucharistie, c’est la charité et l’unité et nous pouvons toujours être des hommes et des femmes d’unité, de charité, même sans eucharistie. Il faut le tenir, même si cela n’enlève en rien l’importance de l’eucharistie et souligne peut-être plus encore la douleur de ne pas pouvoir y avoir accès.

 

Mais si Dieu s’est lié à ses sacrements pour agir dans son Église, il demeure parfaitement libre de donner sa grâce en dehors de ses sacrements: «Le vent souffle où il veut», nous prévient Jésus dans l’évangile de Jean.

 

Sybille: Si je comprends bien, c’est véritablement le fait de s’unir au don que le Christ fait de lui-même qui nous unit à lui et qui nous unit aux autres. «Par lui, avec lui, en lui.» Le fait d’être parfois très différents les uns des autres, ce n’est pas très grave?

 

Père Drouin: Oui «par lui, avec lui et en lui», c’est précisément la formule liturgique qui conclut la grande prière eucharistique à laquelle tous les baptisés donnent une réponse, un engagement unanime: l’amen final.

 

Et Dieu sait s’ils sont différents, les baptisés, dans les messes dominicales. C’est d’ailleurs la grâce de la messe paroissiale en particulier que de réunir des baptisés profondément différents: des riches et des pauvres, des vieux et des jeunes, des hommes et des femmes, des Noirs et des Blancs, des chrétiens de droite et de gauche, des hétérosexuels et des homosexuels, bref, tous, nous sommes appelés. Exactement comme au temps de Paul qui disait qu’il n’y a plus ni homme ni femme, ni esclave ni homme libre, ni Juif ni Grec: saint Paul évoquait déjà les grandes fractures de son temps que l’eucharistie, la communion, était là pour réduire.

 

Voilà donc l’horizon eucharistique: nous rassembler tous dans l’unique corps dont le Christ est la tête et dont nous sommes les membres. C’est une unité qui n’est pas une uniformité –que pas une tête dépasse! –, mais une unité qui ne peut être que l’œuvre de l’Esprit Saint «dont la joie secrète est de rétablir la ressemblance en jouant sur les différences»,comme le dit magnifiquement Christian de Chergé, ce moine qui a donné sa vie à ses frères algériens et qui en est mort martyr.

 

 

15. Le dimanche des curieux: inviter largement!

 

Sybille: Bonjour père Barthélemy, merci beaucoup d’être avec nous. Vous avez décidé il y a quelques années de lancer dans votre paroisse un concept inédit:le dimanche des curieux. Alors qu’est-ce que c’est, c’est la messe pour les nuls?

 

Père Barthélemy: Pas vraiment. Qualifier de «nulles» les personnes qui ne viennent pas à la messe ne serait pas très accueillant.

 

Le principe du dimanche des curieux est simple, j’invite mes paroissiens à prier pendant un mois pour trois personnes qu’ils connaissent et qui ne pratiquent pas ou ne pratiquent plus. Ce doit être des personnes de leur entourage, avec qui ils ont un certain lien de confiance. Au bout de ce mois de prière, les paroissiens sont invités... à inviter les personnes pour lesquelles ils ont prié à assister à une messe spécialement destinée à ceux qui ne vont pas à l’église.

 

N’oublions pas combien il peut être intimidant de se retrouver dans une célébration quand nous ne maîtrisons pas les codes, les rituels, les réponses, les gestes. Au bout de quelques minutes déjà, un nouveau peut se sentir complètement perdu. Pourquoi certains sont à genoux quand d’autres sont debout?

 

Le dimanche des curieux est là pour faciliter la découverte de ce moment crucial pour les chrétiens qu’est la messe. Les chants, les textes, l’accueil, tout est fait pour que les invités se sentent bien. On a choisi d’appeler cette journée «dimanche des curieux» parce que la curiosité, c’est une qualité, parce que c’est une façon aussi de reconnaître l’effort qu’ils font pour dépasser leurs préjugés et venir à l’église. Non, la curiosité n’est pas toujours un défaut!

 

Sybille: Vu de l’extérieur, assister à une messe, ce n’est pas si simple, il y a un langage, des rites, un cérémonial... ça paraît incompréhensible. Vous croyez que faire venir des personnes un peu loin de l’Église et du Christ à la messe peut les convertir? Ce n’est pas un peu risqué?

 

Père Barthélemy: C’est sûr que conduire quelqu’un à la messe peut sembleru n peu contre-intuitif.

 

Au long d’une vie chrétienne, en raison de l’habitude, de la lassitude, il y a des moments où la messe peut revêtir un caractère d’obligation un peu plus fastidieux que joyeux. Il en est de notre relation à Dieu comme de toute relation. Rien n’est linéaire, nous passons par différentes saisons: le printemps, l’automne, l’hiver...

 

Mais ces combats inévitables ne doivent pas nous faire oublier combien une célébration recueillie est un témoignage qui se passe de mots. C’est, de façon assez unanime, ce que me disent les curieux que j’ai rencontrés: combien c’est beau de voir des gens prier, combien le recueillement peut faire du bien à l’âme.

 

Sybille: Comment arrivez-vous à fédérer les paroissiens autour de ce dimanche des curieux? C’est une démarche qui est difficile d’aller inviter, est-ce que ça demande une préparation?

 

Père Barthélemy: À travers le dimanche des curieux, j’avais le désir de montrer à mes paroissiens que l’évangélisation n’est pas réservée à une élite hyper instruite et motivée.

 

Lorsque nous proposons de faire de l’évangélisation de rue, peu de mes paroissiens s’en sentent capables.

 

Avec le dimanche des curieux, je voulais transmettre la conviction qu’évangéliser passe par des gestes simples et accessibles à tous. Que risquons-nous en faisant cette invitation? Au pire, un vent, une incompréhension, parfois une petite raillerie... mais si l’invitation est reçue, la porte peut s’ouvrir à un chemin dans lequel l’Esprit Saint peut passer.

 

C’est exactement, d’ailleurs ce qu’il s’est passé sur le bord du lac de Tibériade lorsque André et Jean, enthousiasmés par la rencontre d’un homme qui a touché leur cœur, sans réfléchir, vont voir Pierre pour l’amener à Jésus. Puis c’est au tour de Philippe qui court vers Nathanaël et lui dit: «Viens et vois.» Jésus lui-même avait adressé cette même invitation: «Venez et vous verrez.»Ce début de l’évangile de Jean est magnifique, on sent une énergie contagieuse.

 

Nous avons là tous les ingrédients du dimanche des curieux. Nous voulons amener des personnes à Jésus. Nous ne sommes pas invités à tracter dans le métro. André s’est adressé à quelqu’un de son entourage, qu’il connaissait, son frère... Ensuite, il ne lui a pas fait de fausse promesse. Il lui dit simplement: viens voir, viens te faire une idée. Il ne s’agit pas de promettre monts et merveilles ou de se prendre pour une sorte de commercial de Dieu. Nous sommes juste l’élément conducteur pour amener vers le Christ. Nous ne savons pas comment le Seigneur s’y prendra, ce qui touchera ou ce qui ne touchera pas, nous sommes surpris d’ailleurs...Une chose est sûre, si nous ne jouons pas notre rôle d’invitant, le Seigneur, lui,ne pourra pas agir.

 

Sybille: Et si vous deviez faire le bilan?

 

Père Barthélemy:C’est difficile de répondre à votre question. Je ne sais pas si le Seigneur aime trop que l’on cherche à comptabiliser les résultats...

 

Il y a d’abord des fruits au sein de ma propre communauté chrétienne. Ce projet a réveillé la conscience missionnaire de ma paroisse. Le fait d’inviter quelqu’un à la messe n’est pas sans nous questionner sur notre propre motivation. Allons-nous à la messe par habitude ou par conviction? C’est sûr que je n’inviterai personne à la messe si moi-même je m’ennuie et ne comprends pas combien ce sacrement vécu en communauté peut nourrir ma foi.

 

Cette initiative questionne également notre communauté. Je pense que le confinement que nous venons de vivre et le jeûne eucharistique qu’il nous a imposé nous ont interrogés dans ce sens. Quelle place la messe a-t-elle dans ma vie? Pour certains, ce désert a été difficile et éprouvant. D’autres m’ont dit ne pas avoir éprouvé de manque.

 

Je ne peux pas inviter quelqu’un à la messe sans questionner mes propres convictions. Cette initiative questionne également notre communauté chrétienne sur a capacité à s’ouvrir. Notre paroisse est-elle aussi accueillante que l’on pense? Toute personne, quel que soit son chemin, peut-elle s’y sentir la bienvenue?

 

Chaque année, il m’arrive d’entendre des personnes me dire :«Il n’est pas facile de s’intégrer dans votre paroisse.» Chaque fois, cela me fait mal...

 

Inviter un curieux, ’est accepter de prendre le risque de voir la paroisse avec les yeux d’un autre et peut-être de la découvrir un petit peu différente de ce que je croyais.

 

Je suis persuadé que l’évangélisation ne peut porter du fruit si nous ne mettons pas tout en œuvre pour faire grandir l’accueil et la vie fraternelle. Jamais nous n’inviterons quelqu’un à la messe si nous ne nous sentons pas heureux dans notre communauté chrétienne. C’est ce que Jésus, d’ailleurs, dit dans l’évangile:«C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que tous vous reconnaîtront comme mes disciples»(Jn 13, 35).

 

Il y a enfin d’autres fruits, plus cachés, dans le cœur de nos invités. Ceux-là sont difficilement quantifiables. Alors bien sûr, en cinq ans, j’ai déjà eu la joie de donner le baptême, la première communion ou la confirmation à des adultes qui sont revenus à Jésus grâce à cette initiative.

 

Il y a aussi tous ceux que cela n’a pas rejoints. Ce n’est peut-être pas le mode adapté ou le bon moment.

 

Il y a également ceux qui partent après avoir passé un bon moment mais qui ne vont pas immédiatement retrouver le chemin de l’Église. Mais s’ils repartent en se disant simplement: «Tiens, l’Église est différente de ce que je pensais», ce sera déjà une réussite.

 

Jésus nous a prévenus: «Autre est le semeur, autre le moissonneur.» Nous notre job, c’est de semer

 

Quizz :

 

La prière du NOTRE PERE nous aide à percevoir que toute la prière de l’Eucharistie est tournée vers le Père :

Vrai.

Faux.

 

 

Toute l’assemblée prie le Notre Père :

Pour entrer dans la prière Eucharistique.

Pour prolonger la prière Eucharistique et se préparer à communier.

Pour manifester son unité.

 

 

Ce qui fonde l’unité des chrétiens :

C’est de se retrouver souvent à la messe.

C’est d’être unis par des gestes, des pratiques et des prières communes.

C’est de communier au Corps du Christ.

 

 

Les fidèles se réunissent à la messe, d’abord pour :

Rendre un culte à Dieu et au Christ.

Permettre, de façon sacramentelle, la communion au Christ.

Former à la suie du Christ une famille fraternelle et homogène.

 

 

En communiant les fidèles reçoivent le Corps du Christ et sont aussi reçus dans ce Corps dont il est la tête et eux les membres :

Vrai.

Faux.

 

soirée du 6 janvier : Le MOOC de la messe semaine 4

PARTICIPER A L’OFFRANDE DU CHRIST PAR LE DON DE NOUS-MEME

PRIERE 

R/ Envoie ton Esprit Seigneur, et tout sera créé. Tu renouvelleras la face de la terre.Jesus philippe

Viens, Esprit-Saint, en nos cœurs et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière. R /

Viens en nous, père des pauvres ; viens dispensateurs des dons ; viens lumière de nos cœurs. R/

 

 

Prière de St Joseph Henry NEWMAN

Seigneur, fais de moi ce que tu voudras.

Je ne marchande pas, je ne mets pas de conditions.

Je ne cherche pas à savoir où tu me conduis. Je serai ce que tu voudras.

Je ne dis pas que je te suivrai où tu iras, car je suis faible, mais je me donne pour que tu me mènes où tu voudras.

AMEN

 

 

10. Participer à l’offrande du Seigneur

 

Sybille: Bonjour mon père, la semaine dernière, nous avons vu ce que voulait dire «accueillir le Seigneur de tout son cœur». Il y a une vraie décision, qui nous engage chacun personnellement, de se remettre entre ses mains. Je crois même qu’il nous propose un peu plus, par exemple quand on nous parle d’apporter le fruit de notre travail, non?

 

Père Drouin: Alors oui, quand on vient à la messe, on vient avec ce qu’on est.

 

D’ailleurs on ne vient pas forcément comme on voudrait être... mais comme on est. C’est la raison pour laquelle, on l’a vu avec Mgr Rougé, la messe commence par une demande de pardon! Mais ça va plus loin – d’ailleurs heureusement– que cette seule dimension pénitentielle.

 

La messe, on l’a vu également, nous communique la puissance de transformation, de transfiguration qui est jaillie au matin de Pâques du tombeau du Christ avec sa résurrection. Et cette puissance a la capacité de tout transformer. Comme le pain et le vin sont transformés, nos vies demandent elles aussi à être transformées, tout ce que nous faisons, nos relations, nos activités.

 

Apporter le fruit de son travail, c’est très concret, c’est apporter comme une offrande, tout ce qui fait notre vie, nos réussites mais aussi nos échecs, ce qui nous met en joie mais aussi ce qui nous préoccupe, et déposer tout cela aux pieds au Seigneur, pour qu’il les transforme.

 

C’est ce que manifeste dans la liturgie la procession des offrandes qui sont apportées par les fidèles pour la célébration de l’eucharistie: le pain et le vin biens sûr, mais aussi d’autres dons, destinés à aider l’Église et les pauvres.

 

Et la préparation des offrandes nous dispose à avoir ce qu’on appelle une attitude eucharistique : reconnaître que nous ne pouvons rendre à Dieu que ce qu’il nous a déjà donné!

 

Mais il faut aller encore un peu plus loin. Quand nous apportons le fruit de la terre et du travail des hommes, nous demandons aussi que toute la création, le cosmos, soit également transformée. C’est ce qu’on appelle la dimension cosmique de l’eucharistie.

 

Sybille: On entre ensuite dans le cœur de la messe: la prière eucharistique, cette grande prière récitée par le célébrant, qui commence avec le Sanctus et s’achève avec la communion. C’est le moment où nous sommes tous invités à nous unir au sacrifice du Christ: «Vraiment il est juste et bon de t’offrir notre action de grâce toujours et en tout lieu.» Qu’est-ce que ça veut dire, s’unir au sacrifice du Christ? En quoi cela nous concerne?

 

Père Drouin: Au cœur, au sommet de la Création, nous dit le livre de la Genèse, il y a l’homme, un frêle roseau pensant coincé entre deux infinis –je reprends une image fulgurante du grand Pascal. Et cet homme, c’est-à-dire vous, moi, il a en premier bien besoin de se laisser transformer par cette puissance de renouveau jaillie du tombeau vide au matin de Pâques, et communiquée dans les sacrements, en premier lieu l’eucharistie.

 

L’homme est un roseau certes, mais, nous dit Pascal, un roseau pensant. C’est à la fois sa grandeur et sa misère. Alors, si nous sommes des roseaux pensants, c’est-à-dire dotés de raison et de conscience, nous ne sommes pas passifs. Dieu ne nous transformera jamais sans que nous décidions de nous laisser faire. Et donc il nous faut nous laisser faire par la puissance désarmée du Christ qui n’est autre que celle de son amour. Se laisser toucher par l’amour désarmé, par l’amour crucifié, c’est cela, au fond, s’unir au sacrifice du Christ.

 

Alors, il y a des dimensions très concrètes en termes d’action, de générosité et même de sacrifices, des petits et des grands. Mais c’est d’abord tout un mode de vie, une vie marquée du sceau du don de soi, à l’image de celle du Christ qui exige une disponibilité, une ouverture radicale à l’amour.

 

Et cela, ça ne peut pas être notre effort propre, mais ça ne peut être que l’effet d’un don gratuit de la grâce de Dieu.

 

Sybille: On peut être un peu effrayé si on prend ça au pied de la lettre. Est-ce que c’est juste une formule, «participer au sacrifice»? Qu’est-ce que ça change dans ma vie?

 

Père Drouin: Ça change ou ça doit changer beaucoup de choses.

 

Se donner au quotidien, c’est poser des choix, des actes, pas d’abord selon le critère de l’efficacité ou de l’utilité immédiate, du profit personnel que j’en retire, mais selon le critère du service.

 

Attention, ce n’est pas du dolorisme. Le dolorisme, c’est une pathologie de la vie spirituelle qu’on peut résumer par la formule: «Plus c’est pénible, plus ça fait mal, mieux c’est.» Pas du tout, heureusement d’ailleurs, et bien au contraire. Jésus n’était pas un triste sire.

 

C’est simplement ce qu’on appelle encore une fois la générosité, l’attention aux autres, la bonté, l’exercice du pouvoir, quel qu’il soit, politique, économique, social, religieux, familial, envisagé comme un service.

 

Et c’est évidemment la tâche de toute une vie! Une vie qui, jour après jour, se laisse façonner, modeler, sculpter par la grâce et devient, peu à peu, un chef-d’œuvre de la grâce de Dieu. C’est finalement ce qu’on appelle tout simplement la sainteté.

 

Sybille: Pourquoi le prêtre la dit tout seul, cette prière eucharistique?

 

Père Drouin: Il la prononce seul mais il la prononce en disant «nous»:«nous t’offrons», «rendons grâce»,etc., parce qu’il parle au nom du peuple.

 

Et c’est très important sur le plan symbolique. Vous savez que la liturgie fonctionne de manière éminemment symbolique. Et le fait que ce soit le prêtre qui parle seul –je dis bien qu’il parle seul et non pas qu’il prie seul car tous les baptisés prient avec le prêtre, par lui en quelque sorte –signifie que, finalement, c’est le Christ qui prie en nous, par nous et pour nous, comme le dit saint Augustin. Le prêtre n’est pas le Christ ,évidemment, mais il est là pour signifier que, seuls, nous ne pouvons rien faire, et que c’est par le Christ, en Christ et avec le Christ, comme le dit la grande doxologie à la fin de la prière eucharistique, que nous pouvons prier le Père, lui rendre grâce, recevoir son amour.

 

C’est cela, le jeu de la liturgie, un jeu subtil où tout le corps prie mais où l’un, le prêtre, signifie que le corps ne vit que par le Christ qui est la tête, notre tête.

 

Attention, le prêtre n’est pas plus le Christ que chacun des autres les baptisés, il est d’abord un baptisé parmi d’autres, pécheur comme tous, pécheur pardonné, mais il est précisément ordonné–c’est le sens profond de son ordination –pour signifier la présence du Christ tête auprès de son corps ecclésial, un corps qu’il aime, dont il prend soin et auprès de qui il est présent tous les jours jusqu’à la fin des temps, comme le Christ lui-même nous l’a promis.

 

Sybille: On utilise parfois l’expression « in persona Christi » pour désigner l’action du célébrant. Qu’est-ce que ça signifie?

 

Père Drouin: En fait, l’expression la plus juste est in persona Christi capitis, c’est-à-dire «en la personne du Christ tête».

 

Cette expression ancienne, issue de la théologie du Moyen Âge qui était très précise, signifie deux choses.

 

La première, c’est que le prêtre est signe du Christ tête, du Christ pasteur. Dans une célébration ,qui est encore une fois l’œuvre du Christ total, le «Christus totus» disait saint Augustin, la célébration, c’est l’œuvre du Christ tête dont la présence est signifiée par le prêtre, et du corps, des membres qui sont signifiés par l’ensemble des baptisés.

 

Le deuxième sens est peut-être plus technique, il signifie que dans la messe, le prêtre agit en quelque sorte à la place du Christ tête, ou plus précisément en tant que signe du Christ tête. Il en va du réalisme de l’action eucharistique qui n’est pas qu’un symbole de l’offrande du Christ mais qui rend présent le sacrifice de la croix, ou encore qui nous rend présents au sacrifice sauveur.

 

 

11. Unis au Christ dans l’action de grâce

 

Sybille: Monseigneur, nous découvrons progressivement qu’aller à la messe, ce n’est pas seulement aller écouter la Parole de Dieu, c’est aussi l’accueillir, accepter d’être transformé. Bien plus, ce qui nous est proposé, si nous le voulons, c’est de participer, malgré nos limites et notre faiblesse, à l’offrande que le Christ fait de sa vie pour notre salut. S’unir au Christ dans son offrande, quel mystère!

 

Mgr Rougé: Vous avez dit: «Quel mystère!» et le mot est bien choisi.

 

Vous vous rappelez, après la consécration, l’acclamation du prêtre: «Il est grand le mystère de la foi.» Et quand on parle de «mystère» en langage chrétien, on ne parle pas d’une réalité impossible à comprendre, on parle d’une réalité qu’on n’a jamais fini de découvrir tant elle est riche et belle.

 

Peu de réalités sont à ce point un mystère que l’eucharistie, en laquelle se concentre tout le mystère de la foi.

 

Le développement de la célébration eucharistique est comme une aventure spirituelle, avec l’écoute de la Parole de Dieu qui se rend présente, non pas de manière statique, mais dynamique. C’est le Christ s’offrant, qui est rendu présent, pour que nous puissions apprendre à nous offrir avec lui.

 

Sybille: Au cœur de la consécration, le mouvement d’action de grâce lui aussi est primordial, pouvez-vous nous expliquer pourquoi? Le sacrifice et l’action de grâce, cela paraît assez éloigné non?

 

Mgr Rougé: Cette dynamique d’offrande, elle doit se comprendre dans sa profondeur comme une dynamique d’action de grâce.

 

Le Christ a reçu totalement et parfaitement sa vie du Père pour la lui offrir, par amour pour son Père et par amour pour ses frères.

 

Ce mouvement de l’action de grâce, ce n’est pas, comme on le dit parfois un petit «merci», c’est beaucoup trop court de dire les choses comme cela. L’action de grâce, c’est Jésus qui, accueillant sa vie du Père, l’offre en réponse d’amour au Père et cette réponse est aussi bienfaisante pour nous, ses frères.

 

Eh bien, c’est la même chose pour nous: par le Christ, avec lui et en lui, en chaque eucharistie, nous recevons notre vie comme un don que Dieu nous fait, pour que nous puissions la partager, l’offrir. Le cœur de toute réalité, c’est ce don qui vient du Père et qui remonte à lui en portant des fruits de charité. C’est cela, l’action de grâce, le sacrifice de louange, l’offrande des dons reçus qui donne tout son sens à nos vies.

 

 

Sybille: On voit bien le mouvement entre le Père et le Fils, dans lequel il nous est proposé de nous associer. Mais l’Esprit Saint, où est-ce qu’il est à ce moment-là?

 

Mgr Rougé: L’Esprit Saint, c’est le Père qui se donne au Fils et le Fils qui se donne au Père en réponse d’amour.

 

Voilà pourquoi tout ce mystère du sacrifice de louange, de l’offrande eucharistique, est concentré dans le «Par lui, avec lui et en lui», ce qu’on appelle la doxologie de la prière eucharistique.

 

Par le Christ, avec le Christ, dans le Christ nous offrons toute chose au Père, dans l’unité de l’Esprit Saint.

 

L’Esprit Saint, c’est à la fois l’unité du Père et du Fils, notre unité avec le Père et le Fils et l’unité de tous les fidèles qui deviennent le corps du Christ, pour s’offrir comme le Christ et avec lui.

 

L’Esprit Saint est aussi celui qui fait que la Parole du Christ, la mémoire du Christ sont rendues présentes de manière dynamique pour nous aujourd’hui.

 

Sybille: On est donc appelés à un mystère de communion avec la Sainte Trinité. Monseigneur, une autre dimension très présente dans la messe, c’est la dimension de la louange.

 

Mgr Rougé: La dimension de la louange est inséparable de la dimension de l’action de grâce parce que le sacrifice d’action de grâce, c’est aussi ce que l’Écriture et la liturgie appellent «le sacrifice de louange».

 

La louange, ce n’est pas simplement un petit chant joyeux, c’est profondément se recevoir du Père et s’offrir à lui en reconnaissance de ce qu’il nous donne.

 

Et donc toute la messe est l’acte de louange par excellence. La louange véritable, elle est ce sacrifice vivant de l’offrande des dons reçus.

 

Alors vous avez raison, il y a un esprit de louange qui traverse toute la messe. Mais déjà, chaque fois que l’on proclame «Amen», c’est l’Amen de gloire dont parle l’Apocalypse: on dit «oui, je crois», on dit aussi «oui, merci», dans une attitude de reconnaissance joyeuse et aimante de l’amour du Père. C’est vrai pour tous les «Amen» qui scandent la liturgie.

 

Le signe de croix est le premier acte de louange qui soit: l’invocation de la Trinité, dans le souvenir de la croix, qui nous ouvre les portes de la vie.

 

Les psaumes, qui sont notre réponse à la première lecture, sont des textes de louange,

 

et à la fin de la messe, quand nous proclamons: «Nous rendons grâce à Dieu»,c’est aussi un cri de louange.

 

Donc, de part en part, la célébration de la messe est une célébration de louange.

 

Sybille: Au début de la messe dominicale, il y a un chant de louange, le Gloire à Dieu. Pourquoi seulement le dimanche?

 

Mgr Rougé: Le Gloire à Dieu est une hymne qui donne une intensité de louange particulière au dimanche, en dehors de l’Avent et du Carême, où l’on «jeûne» en quelque sorte du Gloire à Dieu pour le retrouver avec plus de force au moment de Noël et de Pâques.

 

Et puis on chante aussi le Gloire à Dieu aux solennités et aux grandes fêtes: fêtes d’apôtres, fêtes de la Vierge Marie, fête des saints principaux.

 

Le Gloire à Dieu, il faut nous rappeler que ce n’est pas un chant inventé par l’Église, il nous met toujours devant le mystère de l’Incarnation: c’est le chant des anges dans la nuit de Bethléem et c’est par ce chant des anges, qui nous permet de faire mémoire de l’Incarnation, que nous pouvons entrer dans la rédemption perpétuée par le sacrifice eucharistique

 

.Sybille: Quand vous parlez de la louange, c’est beaucoup plus vaste que ce que j’avais en tête. J’avoue que j’ai quand même un peu du mal à dissocier louange et action de grâce. C’est normal?

Mgr Rougé: Ces deux mots disent la même réalité sous des modes légèrement différents, mais la louange, ce n’est pas simplement un chant, c’est une attitude, et l’action de grâce s’exprime dans la louange.

Il y a quelque chose de décisif parce que, quelles que soient nos difficultés, nous sommes toujours en situation de louer le Seigneur, de «vivre dans l’action de grâce» pour reprendre la consigne de saint Paul (Col 3, 15). Et le fait même, dans la difficulté, de chercher des bonnes raisons de louer le Seigneur et de lui rendre grâce, c’est déjà entrer dans la puissance de la résurrection.

Et donc l’eucharistie, qui est exemplaire de toute notre vie chrétienne, nous aide à percevoir cela. En toutes circonstances, si nous louons le Seigneur dans l’action de grâce, nous entrons dans la puissance de sa vie.

Sybille: Monseigneur, est-ce que ce serait juste de dire qu’en réponse à Dieu qui se donne à nous pour nous unir à lui, nous sommes appelés à une triple réponse d’amour: l’offrande de nous-mêmes, pour nous unir à son sacrifice et recevoir sa vie, l’action de grâce, en entrant dans l’action de grâce du Christ au Père, et finalement la louange, qui nous ouvre déjà à une participation à sa vie divine?

Mgr Rougé: Cela me semble très juste. On pourrait ajouter, et on aura l’occasion d’en reparler, que l’eucharistie nous met aussi dans la perspective de la vie éternelle vers laquelle nous marchons, et puis de notre vie de charité qui, dans le temps présent, nous dispose à la vie éternelle.

 

Le Quizz :

 

La procession des offrandes à la messe signifie avant tout que :

Nous offrons au Seigneur ce que nous avons gagné par nos propres mérites.

Nous apportons notre vie au Seigneur pour qu’il la transforme.

Nous manifestons notre solidarité au corps de l’Eglise.

 

 

S’unir au sacrifice du Christ, c’est une formule un peu excessive :

Vrai.

Faux.

 

 

Au cœur de la messe, la prière Eucharistique est réservée au célébrant qui est le seul habilité à la prier :

Vrai.

Faux.

 

 

Un mystère, en langage chrétien, c’est :

Une réalité impossible à comprendre.

Une hypothèse qu’il ne faut pas chercher à comprendre.

Une réalité que l’on n’a jamais fini de découvrir.

 

 

Le sacrifice et l’action de grâce sont intimement liés : Jésus accueille sa vie du Père et l’offre par amour au Père :

Vrai.

Faux.

 

 

Mgr ROUGE nous dit que la louange c’est profondément :

Une attitude : se recevoir du Père et s’offrir à lui en reconnaissance de ce qu’il nous donne.

Un petit chant joyeux qui célèbre le Seigneur.

Un état d’esprit d’ouverture à la grâce.

Rencontres des 7 / 8 / 9 décembre le MOOC de la messe -Suite

Cette rencontre devait être la Troisiéme rencontre sur le MOOC de la messe.

Comme la fois précédente, nous vous proposons de couper la rencontre en 3 rencontres plus petites.

7/12 : La disponibilité spirituelle et la conversion du cœur

8/12 : Se laisser transformer

9/12 : Tous les sens au service de la liturgie

 

Une prière commune pour commencer les rencontres :

Chant :

Viens Esprit de Sainteté,

Viens Esprit de lumière,

Viens, Esprit de feu,

Viens nous embraser.

Fais-nous reconnaître l’amour du Père

Et révèle-nous la face du Christ.

 

Prière : oraisons du temps de l’AVENT

Seigneur tout-puissant et miséricordieux, ne laisse pas le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de ton Fils, mais éveille en nous cette intelligence du cœur qui nous prépare à l’accueillir et nous fait entrer dans sa propre vie. Par Jésus, le Christ notre Seigneur. AMEN.

 

 

A la fin de la rencontre : 

Dieu qui as envoyé ton Fils unique dans ce monde pour libérer l’homme de son péché, accorde à ceux qui t’appellent du fond du cœur d’être vraiment libres pour t’aimer. Par Jésus-Christ, ton Fils bien-aimé. AMEN.

Rencontre du 7 /12 : La disponibilité spirituelle et la conversion du cœur

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1). La disponibilité spirituelle et la conversion du cœur

Sybille: Bonjour Monseigneur, on a vu que c’est toujours Dieu qui a l’initiative de cette rencontre. Alors, une fois qu’on a décidé de venir à la messe, est-ce qu’il faut faire quelque chose de spécial?

 

Mgr Rougé: Ce qui est important à bien intégrer, en effet, c’est que la célébration de la messe n’est pas un rituel dont on serait simplement les spectateurs passifs.

Avant toute préparation, l’important, c’est de se dire que l’on va participer à une rencontre. Et donc, le Christ va se rendre présent par sa Parole et par le pain et le vin consacrés. Et nous avons, nous aussi, à être présents au Seigneur.

Je me souviens d’une très belle méditation du pape Benoît XVI quand il est venu à Lourdes, dans un temps d’adoration eucharistique dans l’après-midi, sur la prairie face à la grotte, il a dit: «Seigneur, tu es présent, permets que nous aussi, nous soyons présents.»

Et donc, je pense que la première des attitudes à cultiver, c’est être vraiment présent, avec une disponibilité intérieure au Seigneur qui veut nous parler, qui veut nous éclairer, qui veut nous encourager.

 

Sybille: Autrefois on disait qu’il fallait toujours se confesser avant d’aller à la messe, maintenant on ne le fait plus. On a abandonné l’idée?

 

Mgr Rougé: Comme le dit la parabole des invités aux noces, on ne peut pas être présent à la noce sans avoir revêtu l’habit de noces, pour pouvoir accueillir le Christ qui se donne à nous comme un époux se donne à son épouse.

Alors, autrefois en effet, tout le monde s’endimanchait, ce n’est plus toujours l’usage sous nos latitudes. Mais qu’est-ce que c’est vraiment, «l’habit des noces»? Ce n’est pas nécessairement un nœud papillon ou un chapeau à fleurs, c’est notre tunique baptismale. Si le prêtre, le diacre, le servant portent un vêtement blanc, c’est pour que toute l’assemblée se rappelle qu’elle est appelée à porter l’habit blanc du baptême. Et, aujourd’hui comme hier, quand notre habit immaculé de baptisé est entaché de nos manques d’amour, d’esprit de service, de miséricorde, il est très important de pouvoir laisser le Seigneur nous renouveler par le sacrement du pardon.

Ce qui a évolué, c’est peut-être une présentation un peu juridique, un peu contraignante, mais se demander si on est vraiment disponible intérieurement à la rencontre avec le Seigneur, c’est plus que jamais d’actualité.

 

Sybille: Dans la messe, il y a des moments de réconciliation prévus, au début de la célébration, avant de communier...c’est redondant? À quoi ça sert?

 

Mgr Rougé: D’abord, c’est tellement grand, la rencontre avec le Christ, que l’on s’en approche pas à pas. Et la messe est un cheminement progressif pour pouvoir vraiment entrer en communion intime avec le Seigneur. C’est un peu comme dans la vie amicale, où quand on se rencontre, on entre d’étape en étape de la conversation dans quelque chose de plus profond. On commence par parler de la pluie et du beau temps, et c’est nécessaire, pour pouvoir ensuite aller à l’essentiel. Et donc il y a dans la liturgie une pédagogie de l’approche progressive du Christ. C’est vrai aussi dans la relation entre les époux qui ont besoin de s’ajuster l’un à l’autre avant de pouvoir se donner pleinement l’un à l’autre.

Et c’est cela, la liturgie de la messe. Et puis quand on prend le temps, au début de chaque messe, de se reconnaître pauvre, pécheur, devant Dieu, c’est parce que, quoi qu’il en soit d’actes particuliers plus ou moins graves, nous avons besoin sans cesse de nous ajuster au Seigneur qui vient.

Et puis quand on fait monter vers le Seigneur une demande de miséricorde, elle est pour nous mais aussi pour tout le peuple chrétien, pour toute l’humanité, qui a besoin de vivre de la miséricorde, de la bienveillance du Seigneur pour pouvoir avancer.

 

Sybille: Du coup, la manière dont on se prépare va avoir, j’imagine, une influence sur la manière dont on va vivre la messe?

 

Mgr Rougé: Imaginez que vous ayez un rendez-vous d’embauche, vous allez vous préparer à ce rendez-vous. Qu’est-ce que vous voulez dire de votre projet professionnel? Vous n’allez pas arriver les mains dans les poches.

Et bien, de la même manière, aller à la rencontre du Christ (il nous embauche déjà d’ailleurs pour être serviteurs de la mission), c’est un rendez-vous tellement important qu’on ne peut pas arriver comme si de rien n’était ! Il vaut mieux y arriver comme si de rien n’était que de ne pas y aller du tout, bien sûr, mais se préparer, c’est d’abord avoir un désir de disponibilité intérieure. Venir aussi avec tout ce que l’on est, parce que tout peut être déposé devant le Seigneur. Il ne s’agit pas de faire le vide en se coupant de la réalité, mais d’entrer vraiment avec tout ce que l’on est.

Et puis ce qui peut beaucoup aider, c’est de préparer les lectures, les lire avant la messe, s’en nourrir au cours de la semaine, parce que le micro peut plus ou moins bien marcher, le lecteur, avoir une voix plus ou moins bien posée, et puis, quoiqu’il en soit, même si le micro est parfait et le lecteur excellent, ça va vite, d’entendre un texte! Le texte porte d’autant plus de fruits qu’on est déjà un peu préparé à l’accueillir. Comme lorsqu’on relit une pièce de Molière avant d’aller la voir au théâtre, le texte prendra plus de force si on s’est déjà un peu éveillé à l’écouter.

 

Sybille: On est dans le temps de la préparation, est-ce que c’est juste, quand on a le choix, de choisir l’horaire qui nous convient le mieux, ou le prédicateur qu’on aime le plus?

 

Mgr Rougé: L’important, c’est évidemment de s’ouvrir au Christ, quoiqu’il en soit de tout.

Mais vous savez, la logique chrétienne, c’est vraiment une prise en compte des personnes telles qu’elles sont, avec leur histoire, leur sensibilité, tout ce qu’elles sont.

Et donc il me semble légitime de participer, quand il y a différentes possibilités dans sa paroisse, à la messe qui parle et qui nourrit le plus et le mieux.

Et encore une fois, il ne s’agit pas d’être simplement consommateur, on peut aussi s’engager pour faire en sorte que les choses soient belles et bienfaisantes.

Mais quoi qu’il en soit, il y a un moment où la rencontre eucharistique, quelle que soit sa forme extérieure, vaut la peine pour elle-même.

 

Rencontre 8/12 : Se laisser transformer

ACCUEILLIR LE SEIGNEUR DE TOUT SON COEUR

 

2). Se laisser transformer

 

Sybille: Bonjour père, nous poursuivons, à la suite de Mgr Rougé, cette semaine sur l’accueil du Seigneur, de tout notre cœur, à la messe. Alors, se préparer, y aller, être là, se présenter en habit de noces, c’est un bon début. Mais, une fois qu’on est là, on n’a plus grand-chose à faire qu’à écouter, si?

 

Père Drouin: On va faire un peu de théologie. Le concile Vatican II, pour dire ce qu’on doit faire à la messe, a beaucoup insisté sur une grande idée, celle de la participation active. Il faut donc PAR-TI-CI-PER, et participer activement, nous dit le concile. Mais qu’est-ce que cela veut dire?

On a parfois pensé qu’il s’agissait de faire quelque chose, de chanter. Évidemment, c’est très important de chanter, de poser des gestes, c’est également important car on ne prie pas qu’avec notre tête, ni même avec simplement notre cœur, mais avec tout notre être, tête, cœur et corps!

Mais le concile définit, une fois seulement, au n°48 de son grand texte sur la liturgie, le premier texte du concile, ce qu’est la participation active.

Il s’agit de se laisser former, au sens fort, comme l’argile se laisse former par le potier, par la Parole de Dieu, et d’entrer dans le mouvement d’offrande du Christ qui se donne pour nous. Rien de moins. Se laisser former par la Parole et s’offrir pour que, peu à peu, la communion entre nous et entre Dieu et nous s’approfondisse.

C’est à la fois beaucoup et peu. Beaucoup, car ça mobilise toutes nos facultés, toute notre intelligence, notre cœur, notre corps aussi, et peu car il ne s’agit pas d’abord de faire quelque chose mais d’ouvrir notre être le plus profond à Dieu qui agit. Car c’est lui et d’abord lui qui agit dans la liturgie, et dans la messe en particulier.

 

Sybille: Je crois que je comprends théoriquement ce que la participation active veut dire. Mais je suis vite rattrapée par des distractions ou par l’envie de tout contrôler. Comment me laisser former par Dieu, ce n’est pas si simple?

 

Père Drouin: Bien sûr, il y a les distractions, le chantre qui rate une note, ma voisine ou mon voisin qui fait du bruit, le curé qui n’a pas l’air sympa ce matin, et toutes les autres distractions... Pour moi, c’est souvent l’agenda, moi qui suis un hyperactif... On n’est pas des anges. Peut-être bien que les anges, eux, n’ont pas de distractions, peut-être.

Mais voilà l’horizon qui nous est proposé: se laisser former, une fois encore comme la terre, comme l’argile se laisse former par les mains du potier. C’est une image qui vient de saint Irénée de Lyon. La terre, c’est l’homme, le potier, c’est Dieu le Père et ses deux mains sont l’Esprit Saint et le Fils. L’Esprit Saint, c’est sa main intérieure qui nous façonne du dedans, l’image est belle. Et le Fils, le Verbe, c’est sa main extérieure qui nous façonne par sa Parole, par son exemple. J’aime cette image du potier qui nous dit ce que nous avons à faire: nous laisser faire, non pas comme une abdication de la volonté, un laisser-faire mou. Pas du tout, il y a une différence entre la souplesse de l’argile et la mollesse. Essayez de faire un vase avec une terre flasque, ça ne marchera jamais. Par contre, il faut qu’elle soit souple. Et c’est ce que nous avons à faire, mettre toute notre intelligence, toute notre volonté, toute notre corporéité, notre présence, au service de la disponibilité à l’action de Dieu qui se donne.

C’est cela au fond, participer activement.

 

Sybille: Donc l’accueillir, c’est vraiment consentir à ce que Dieu agisse en nous .Mais ce n’est pas facile de laisser les rennes... même à Dieu. Comment faire?

 

Père Drouin: Saint Augustin le dit à sa manière en commentant l’Amen que l’on prononce à la fin de la prière eucharistique, après le «Par Lui, avec lui et en lui», et puis cet Amen que l’on dit à nouveau quand on reçoit le corps du Christ.

Amen, c’est un mot hébreu, qui veut dire: «OK, je suis d’accord et ce que tu me dis, j’y crois, c’est du solide.» Un amen, dans la Bible, c’est un roc sur lequel on peut s’appuyer. Et Augustin d’interroger les nouveaux baptisés: «Quand tu dis Amen, que dis-tu?»Dis-tu «OK je crois que Jésus est présent dans cette hostie»? Donc OK, je crois que je reçois le corps du Christ. Mais Augustin va plus loin et demande:«Est-ce que tu dis “OK je crois que je suis à mon tour reçu dans le corps du Christ, dans le grand corps dont le Christ est la tête et dont nous sommes les membres”?»

Recevoir le corps du Christ, mais aussi être reçu dans le corps du Christ. Si vraiment nous prenions conscience qu’à la messe, nous entrons de plus en plus profondément dans le corps du Christ, ça déplacerait probablement ces questions.

Les questions seraient moins des questions de distraction, de lâcher prise au sens superficiel du terme. La question est d’entrer en profondeur dans le mouvement du Christ qui se donne à nous. Et de nous donner à notre tour. C’est cela en profondeur, se laisser façonner, transformer par le mouvement profond de l’eucharistie.

 

Sybille: C’est un peu comme le «Oui» de la Vierge Marie?

 

Père Drouin: Oui, vous avez raison.

Saint Bernard de Clairvaux, un autre grand maître, le dernier des pères de l’Église, était un grand amoureux de la Vierge Marie et il disait d’elle qu’elle avait tellement ruminé, mastiqué, intériorisé la Parole de Dieu que le Verbe, la Parole, avait fini par prendre chair en elle.

C’est exactement cela, Marie s’est laissé former intérieurement par le Verbe, tellement en profondeur qu’elle a fini par donner le Verbe au monde. Nous ne finirons jamais de méditer la densité, ni de mesurer l’importance du «Oui» de Marie. De fait, Marie n’a pas fait grand-chose, au plan des activités, dans l’Évangile, mais elle a dit oui, du plus profond de son être, sans jamais faire semblant, c’est ça qui est important. Alors que, évidemment, trop souvent quand nous disons oui, c’est un peu un petit oui, du bout des lèvres...

 

Sybille: C’est ce «Oui» de la Vierge Marie qu’on est tous appelés à dire à chaque messe. Il ne suffit pas seulement d’écouter et de répondre au prêtre, il faut activement consentir. Le Seigneur respecte trop notre liberté pour s’imposer à nous. Sans ce «Oui», on risque de passer à côté de ce qu’il veut nous donner, on risque de passer à côté de lui...

 

Père Drouin: Oui, vous connaissez peut-être la belle image de l’Apocalypse, une image eucharistique, qui nous dit que le Seigneur frappe à la porte de notre cœur, il veut venir y souper (le mot précisément est celui de la Cène le dernier repas de Jésus), et le texte ajoute: «Moi près de toi et toi près de moi» avec une grande tendresse. Le Seigneur frappe , il n’entre jamais par effraction. Et ce que nous avons à faire, c’est précisément décadenasser la porte de notre cœur, le laisser entrer. Et pas seulement dans le vestibule mais dans les recoins, y compris les moins ragoûtants de notre cœur, vous savez, ces troisièmes sous-sols que nous révèle par exemple la psychanalyse et que nous évitons soigneusement de visiter et encore plus d’aérer.

Eh bien, le Seigneur dit: «Je ne suis pas venu pour les bien-portants mais pour les malades», il ne cesse de nous le dire.

Eh bien, aujourd’hui encore, quand il se donne à nous, laissons-le entrer au plus profond, au plus intime de notre être. Ce point qui est le sanctuaire le plus inviolable de notre être et qui peut, peut-être aussi, être le point le plus blessé de notre histoire. C’est là que le Seigneur veut venir nous transformer. C’est pour cela qu’il se donne à nous, pour nous sauver.

 

 

 

 

 

Rencontre 9/12 : Tous les sens au service de la liturgie

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3) Tous les sens au service de la liturgie

 

Sybille: Bonjour ma sœur, merci d’être avec nous! Nous venons de voir ce que veut dire accueillir le Seigneur de tout son cœur. Ça passe d’abord par une préparation intérieure, se reconnaître tout petit et accueillir le pardon de Dieu. Et puis, faire vraiment un pas de plus, accepter de se laisser transformer, finalement, de le laisser faire. Alors, tout ce chemin spirituel, bien sûr, s’incarne à la messe, le corps est tout entier engagé, à travers des gestes, des attitudes, c’est important, non?

 

Sœur Marie-Aimée: Oui, Dieu nous a créés corps, âme, esprit, dans une unité qui s’appelle la personne et qui fait qu’il y a une correspondance entre tout cela en nous. Quand vous avez mal aux dents, vous vous concentrez plus difficilement, quand vous ressentez une contrition réelle ou une allégresse spirituelle, il se peut qu’elle se traduise dans votre corps en larmes de repentir ou de joie.

À la messe, et dans chaque liturgie, Dieu s’adresse à nous tout entier et il veut nous unir à lui tout entier. Alors pour toucher le cœur de notre être, Dieu en passe aussi par notre corps, notre intelligence, notre sensibilité, rien n’est oublié. Et il se donne aussi lui-même tout entier: pour nous donner son cœur, Dieu nous donne son corps, et tout ça se passe par la puissance invisible et mystérieuse de son Esprit d’amour.

Parce qu’il n’y a pas d’autre chemin d’alliance possible pour nous, humains, êtres incarnés. Dieu s’est incarné pour pouvoir avoir un corps à nous donner. C’est ça, l’eucharistie.

Alors notre corps aussi, on va le donner à la messe, on va l’offrir en réponse comme réceptacle du corps de Dieu. Nos mains ouvertes, notre silence attentif, notre voix qui s’élève, le corps qui s’incline ou qui s’avance, tout va montrer dans la simplicité d’un cœur qui aime notre disponibilité à accueillir le grand don qui nous est fait.

 

Sybille: On n’a pas tous la même envie d’engager nos corps à la messe, il y a quelque chose qui relève de la culture d’abord, mais aussi de notre éducation, de notre sensibilité de foi, et même de la pudeur. Qu’est ce qui est important en fait, est-ce que le Seigneur attend de nous des gestes précis? Est-ce qu’il faut être démonstratif?

 

Sœur Marie-Aimée: Nous nous offrons, mais pas tout seuls, et pas pour nous tout seuls. La liturgie, ça se vit à plusieurs, en communion d’âme et en formant aussi ensemble un corps, qu’on appelle l’assemblée, l’Église (ekklesia en grec). Alors c’est ensemble que nous accueillons la vie divine, que nous entrons dans le don du Fils unique pour le monde.

Et cela passe par des gestes, des paroles, des attitudes qu’on n’a pas choisis mais qu’on a reçus de la Tradition de l’Église, et qui ainsi ont pris un sens fort à force d’être répétés au cours du temps.

Alors on se reçoit des autres, on se reçoit de l’Église. C’est beau, ça: on n’est pas autosuffisants pour prier (mes gestes à moi, ma façon à moi, ce que je ressens, ce que j’aime, moi...non), on est enfantés par les autres.

Par exemple, le signe de croix en entrant dans l’église, la main dans le bénitier, est un geste qui dit en même temps la foi en Dieu un et trinité, le mystère pascal de Jésus mort en croix pour nous, le rappel du baptême avec l’eau bénite qui ruisselle à nouveau sur notre front et puis cet appel baptismal à devenir un autre Christ en aimant comme il nous a aimés. Se couler dans ces gestes nous apprend par notre corps une attitude d’âme faite d’amour et d’adoration. Cette attitude a façonné des générations de priants, plus ou moins consciemment d’ailleurs.

En ce sens, la liturgie est aussi une école de mesure, de sobriété, de beauté: il ne faut en faire ni trop ni trop peu pour que ce soit ajusté à l’Esprit de Jésus. Nos cinq sens sont invités à être comblés mais sans être sursaturés pour autant (on n’est pas dans la transe).

La vue est invitée à être comblée par la beauté des pierres, des vêtements, des vitraux, de la lumière;

L’écoute par les lectures, les chants, la musique, les silences;.

Le toucher par le geste de paix, parfois l’imposition des mains.

Le goût par la communion; l’odorat par l’encens, etc.

 

Sybille: Dans la liturgie et le déroulé de la messe, le chant a une place toute particulière. Parfois dans notre semaine, la seule occasion que nous avons de chanter, c’est d’ailleurs la messe du dimanche. Quand on aime ça, on voit que ça fait du bien, ce n’est pas anodin?

 

Sœur Marie-Aimée: La liturgie, c’est comme la poésie, ça prend corps à voix haute. Votre voix, c’est celle de personne d’autre: tout de suite on vous reconnaît au téléphone. Et pourtant elle peut s’harmoniser avec celles des autres, et ça, c’est merveilleux. Ça dit quelque chose du projet de Dieu: chacun reste lui-même sous son regard, chacun le devient même de plus en plus.

Et en même temps, il est appelé , ce faisant, à faire corps avec les autres. La respiration devient unanime, on n’entend plus qu’une seule voix, et ça, c’est la beauté du chant grégorien. Ou bien les voix se mêlent en gardant leur spécificité masculine ou féminine, et c’est le grand jeu de la polyphonie. Nous chantons Dieu pour chanter Dieu; pas d’abord parce que c’est sympa, ou pour nous retrouver, mais parce que Dieu est Dieu, c’est notre Sauveur et ça, c’est vraiment notre joie.

 

Sybille: Les chants de la messe, comment est-ce qu’on les choisit, il y a des règles, des incontournables?

 

Sœur Marie-Aimée: Là-dessus, on n’a pas tous la même sensibilité spirituelle.

Parfois, les essais «poétiques» ne sont pas très heureux ou bien ils se démodent. Alors que la Parole de Dieu, elle demeure.

 

Après ,il y a des chants d’entrée ou d’envoi, et d’autres plus méditatifs pour l’offertoire ou la communion.

Pour ce qui est des airs, il y a des tonalités caractéristiques qu’on devrait ne pas oublier: feutré ou chaleureux pour l’Avent, carillonnant ou majestueux pour Noël, suppliant voire pathétique pour le carême, triomphal et joyeux pour le temps pascal, réservé et élégant pour les fêtes de la Vierge.

Nous avons besoin de beauté, de vraie beauté. La beauté et l’espérance sont liées. Ça manque tellement de nos jours dans nos sociétés que les gens doivent vraiment trouver ça dans nos églises!

 

Sybille: Quand il y a une chorale, souvent le chant est plus beau mais l’assemblée participe moins, est-ce que c’est un problème? Et puis d’ailleurs, si personne n’est formé dans ma paroisse?

 

Sœur Marie-Aimée: Tout est une question de charité, vraiment.

La liturgie, c’est un état d’esprit, c’est une union aux sentiments qui sont dans le cœur de Jésus. Il s’agit de se former et de former à voir comme Jésus, sentir comme Jésus, ce qu’aime Jésus, prier comme Jésus et avec lui. Et lui, il nous a dit dans l’Évangile que ce qu’il aime, c’est l’unité.

C’est toute une conversion mais c’est aussi toute une aventure, pour toute une paroisse!

 

Sybille: Et la place du silence?

 

Sœur Marie-Aimée: La messe, c’est accueillir le don de Dieu pour y entrer, pour y être incorporé. On le célèbre, on le chante, et puis à un moment donné, on reste bouche bée...C’est ça, le silence, le silence liturgique. On n’est pas dans un silence disciplinaire parce que c’est marqué dans les rubriques et donc tout le monde doit se taire à ce moment-là.

Le vrai silence liturgique, c’est un silence d’adoration, de contemplation. Après la consécration, on devrait vivre ce silence-là parce que ce qui s’y passe, c’est plus qu’un miracle, c’est plus que tous les miracles réunis. C’est Dieu qui vient à nous, qui se met à notre portée, si petit, si proche, si intime... Il y a vraiment de quoi nous laisser sans voix quand on y pense.

Le silence, il va aussi de pair avec la musique. Elle ne le rompt pas, elle l’honore. Elle n’a pas à remplir le silence mais à y conduire

QUIZZ

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QUIZ :

La messe est une célébration au cours de laquelle :

1-Il est demandé aux fidèles d’être spectateurs.

2-Certains peuvent être invités ponctuellement à être acteurs.

3-Tous les fidèles sont appelés à être pleinement acteurs.

 

Au début de chaque messe, nous prenons un temps pour nous reconnaître pécheurs et demander le pardon du Seigneur :

1-Pour être vraiment présents à ce que nous faisons et démarrer dans de bonnes conditions.

2-Parce que nous avons sans cesse besoin de nous ajuster au Seigneur et de nous laisser renouveler par lui.

3-C’est une tradition ancienne qui n’a plus trop de sens.

 

La liturgie permet d’entrer pas à pas dans la rencontre avec le Christ, c’est une pédagogie de l’approche progressive :

Vrai.

Faux.

 

Participer activement à la messe, c’est :

1-Prier avec tout notre corps : chanter, poser des gestes, etc

2-Ouvrir notre être le plus profond pour laisser le seigneur agir en nous.

3-Tout faire pour éviter les distractions.

 

 

Dire « AMEN » c’est comme dire « OK, je suis d’accord, j’y crois et j’y adhère. »

Vrai.

Faux.

 

Réponses lors de la prochaine session.

Rencontre du 18-19-20 novembre : LE CHRIST NOUS DONNE SA VIE ET SON CORPS POUR NOTRE SALUT

Cette rencontre devait être la seconde rencontre sur le MOOC de la messe.

Nous n'avons pas le droit de mettre en ligne les différentes videos, toutelfois, nous vous mettons les textes des videos.

La rencontre de cette semaine va se décliner en 4  petites renocntres afin que ce ne soit pas trop lourd à lire:

- le 18/11 : Dieu se donne dans l'Eucharistie

- le 19/11 : Le Christ est réellement présent

- le 20/11 : Les objets liturgiques

- le 21/11 : Quizz

 

Une prière commune à faire en début de chaque séance :

 

Chant : Le Seigneur est ma lumiére et mon salut 

 

Prière :

Oraison

 

 

Une jolie vidéo à partager, qui résume toute cette séance de l'école de la Foi

 

3- Les objets liturgiques

Sybille: Aujourd'hui on va aller plus loin dans notre exploration ou plutôt plus près. Vous nous avez expliqué la semaine dernière ce que signifie le siège de présidence, l'ambon, l'autel, et on va s'approcher de chacun pour découvrir ses attributs et les objets de culte qui s'y rattachent. On va commencer par le siège de présidence. Je ne vois pas du tout quel objet y est propre...

Père Toury: C'est un livre, le Missel. Le livre qui contient toutes les prières de la messe, à part les prières universelles, composées par les fidèles. Ce livre est très important puisqu'il nous rappelle qu'on s'inscrit dans une tradition. La liturgie n'est pas quelque chose que l'on invente chaque dimanche. On la reçoit. Il y a des oraisons composées il y a 1500 ans, traduites en français. On s'inscrit dans ce lignage.

La prière déployée dans le Missel va nous conduire tout le temps de l'année liturgique. C'est elle qui va nous accompagner dans les différents moments : l'Avent, le temps de Noël, le temps ordinaire, le Carême, le temps pascal...et puis ce long temps ordinaire qui mène jusqu'à la fête du Christ-Roi.

Ces différents temps liturgiques vont être marqués par les changements de couleurs liturgiques .Il y a les parements sur l'ambon, quelque fois sur l'autel, et les vêtements liturgiques que portent les prêtres, les diacres, ces 4 couleurs bien connues.

Le violet pour les temps de pénitence: la pénitence c'est l'idée de revenir à Dieu, le temps de l'Avent ou du Carême.

Le blanc, pour les temps de fête: Noël, le temps Pascal, les solennités.

Le vert pour le temps ordinaire, le temps de l'espérance, vécue au quotidien, dans l'ordinaire des jours.

Et le rouge, la couleur de la Passion et de l'amour pour les fêtes des martyrs, pour le dimanche des Rameaux, le vendredi saint, le jour de la Pentecôte.

Il y a aussi des différences de vêtements. Le prêtre pour l'eucharistie porte non seulement l'étole, mais d'ordinaire la chasuble, qui signifie la primauté de ce sacrement sur l'ensemble des sacrements célébrés dans la vie chrétienne. L'eucharistie est le sacrement duquel tout découle et auquel tout conduit. Cette chasuble rappelle aussi la tunique sans couture du Christ, qui symbolise l'unité de l'Église. La fonction du prêtre c'est d'aider la communauté à vivre la communion.

L'étole, par-dessous la chasuble, rappelle qu'il est pasteur. C'est ce vêtement que portaient les bergers pour porter les brebis ou les agneaux. Chez le diacre, l'étole est en diagonale, portée plus comme le vêtement que Jésus noue autour de ses reins au soir du jeudi saint pour le lavement des pieds.

Sybille : Pour l'ambon, c'est facile, l'objet, c'est l'Évangile !

Père Toury: Non, l'objet c'est le Lectionnaire ici. Le Lectionnaire, c'est ce livre qui réunit toutes les lectures bibliques qui vont être proclamées au cours des trois années liturgiques:

L 'année A, qui suit plutôt l'évangile de Matthieu, l'année B, plutôt l'évangile de Marc et l'année C, l'évangile de Luc. Et un certain nombre de passages de l'évangile de Jean sont répartis dans les trois années.

Dans le Lectionnaire, on trouve différentes choses.

On trouve les premières lectures, qui sont en temps habituel tirées de l'Ancien Testament, sauf pendant le temps pascal où elles sont tirées des Actes des Apôtres.

Le psaume responsorial, qui n'est pas un chant à proprement parler, même si c'est la réponse de l'assemblée à la première lecture. C'est tiré de la Bible elle-même, on ne remplace pas le psaume par un cantique.

La deuxième lecture est toujours tirée du Nouveau Testament. C'est suivi de l'Alléluia avec le verset chanté qui précède l'Évangile,

Puis l'Évangile à proprement parler.

On trouve aussi dans le Lectionnaire les Séquences, qui sont ces hymnes qu'on chante aux grandes fêtes, aux solennités, qui sont traditionnels. Par exemple, le Veni sancte spiritus qu'on chante à la Pentecôte .

L'autre livre, c'est l'Évangéliaire. Il n'a pas tout à fait la même fonction. C'est moins un livre fonctionnel, c'est plutôt un livre symbolique. On est dans l'ordre du symbole. C'est le livre qui représente le Christ, Parole de Dieu qui s'adresse à nous. C'est le livre que le prêtre va vénérer, qu'on va porter en procession, qui va être proposé à la vénération des fidèles, le livre qui va être encensé avant la proclamation de l'Évangile, qui est accompagné par les servants qui portent les cierges. Cela dit bien l'importance du Christ, Parole de Dieu, adressée à chacun d'entre nous.

Sybille : Merci beaucoup pour toutes ces explications, je ne connaissais pas trop la différence entre le Lectionnaire et l'Évangéliaire. C'est beaucoup plus clair.

Pour l'autel, il y a beaucoup d'objets de culte. Par quoi commencer ?

Père Toury: Peut-être par les objets qui sont autour de l'autel.

On rappelle qu'il y a une croix dans l'espace du sanctuaire et il y a des cierges sur l'autel. Il peut y avoir des fleurs, mais il est préférable qu'elles ne soient pas sur l'autel. A minima, elles ne doivent pas gêner la vue de ce qui est célébré. Elles sont juste là pour honorer l'autel. Ce n'est pas l'élément essentiel du décor.

L'autre objet, qui nous vient du siège de présidence, c'est le Missel qui nous permet de vivre la prière de l'Église. La prière eucharistique, c'est la prière de l'Église. Le prêtre n'est pas habilité à y changer un mot. On est dans cette communion ecclésiale

.Après, on a les linges, de trois types. Le corporal, qu'on déplie au moment de la présentation des dons, et qui délimite l'espace sur lequel on pense consacrer les offrandes, le pain et le vin. Par exemple, si je pose cette coupe d'hosties en-dehors du corporal, au fond, elle ne sera pas consacrée (ce qui permet de s'adapter à la taille de l'assemblée, quelquefois en cours de liturgie).Un autre linge, le purificatoire est plié un peu différemment. Il servira à nettoyer les bords du calice après avoir communié. Et puis le manuterge, comme son nom l'indique, qui sert au moment où le prêtre se lave les mains, avant d'entrer dans la prière eucharistique, et de prendre dans ses doigts le Corps du Christ et le calice.

Venons-en aux éléments autour du pain. La patène est une petite assiette ou bien la coupe eucharistique, qui contient les hosties. Hostia veut dire "victime" en latin. Donc on est bien dans le sacrifice.

C'est aussi du pain non fermenté, qui nous rappelle la sortie d'Égypte, n'ayant pas eu le temps de faire lever le pain, le peuple est parti en toute hâte. Le pain, c'est l'aliment de l'homme pécheur. C'est ce que Dieu donne à l'homme et à la femme juste après la Chute (Gn 3) :"Désormais, tu ne mangeras plus des fruits, mais tu gagneras ton pain à la sueur de ton front".

Autre aliment utilisé, le vin. Le vin, et l'eau. Au moment de la présentation des dons, le prêtre dit cette prière :"Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l'Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité."

La pale est ce petit objet qui sert en fait de couvercle au calice, qui va le protéger des insectes qui pourraient être attirés par l'odeur du vin pendant la célébration.

Et le calice lui-même, qui est une autre forme de coupe, plus élevée, qui a une double symbolique, nous rappelant la Passion de Jésus, le moment, dans la prière à Gethsémani où il demande à son Père :"S'il est possible que cette coupe s'éloigne de moi" (Mt 26,39),et qui rappelle aussi la Résurrection, de manière très forte. Un des songes interprétés par le patriarche Joseph est le songe de l'échanson. Il est interprété comme "dans trois jours , tu seras restauré dans ta charge, et tu pourras présenter la coupe à Pharaon"(Gn 40). Donc c'est vraiment un objet qui rappelle cette annonce de la Résurrection de Jésus.

Sybille : Merci beaucoup Père de nous avoir fait entrer dans le chœur. C'est une chance de découvrir le sens profond de chaque objet, de chaque lieu de l'église. Cela nous éclaire beaucoup sur tout le sens de la Messe.

 

Télécharger le document ICI : Les objets liturgiquesLes objets liturgiques 

 

En résumé: 

Les objets lithurgiques e2d3f

2- Le Christ est réellement présent

Euchar10 1Sybille: Nous avons compris que dans l’eucharistie, le Christ se donne en nourriture pour nous donner sa vie. Le Christ est donc réellement présent dans le pain et le vin? C’est ça que l’on appelle la présence réelle?

Mgr Rougé: Quand on parle de présence réelle dans l’eucharistie, on veut affirmer que pour notre foi, en effet, le Christ est réellement présent dans le pain et le vin consacrés.

Mais attention, il ne faut pas comprendre cette expression de travers ! Nous n’avons pas à faire comme si, après la consécration, on voyait de la chair et du sang. Le corps et le sang du Christ sont présents sous l’apparence du pain et du vin consacrés.

Par ailleurs, le Christ n’est pas présent seulement dans l’eucharistie. Il est présent par sa Parole, il est présent dans nos cœurs par son Esprit, il est présent dans les pauvres. «Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait» (Mt25,40).

Mais la présence du Christ dans l’eucharistie est sa présence par excellence. Elle nous permet de mieux reconnaître et de mieux accueillir tous ces modes de présence. Et ce qui est extraordinaire, c’est que le Christ est présent d’une manière adaptée à chacun, comme dans l’Ancien Testament quand la manne reçue dans le désert a un goût particulier pour chacun de ceux qui la mangent.

Le Christ est présent pour chacun, avec sa parole, avec son corps, d’une manière qui nous rejoint.

Quand nous accueillons sa présence, nous apprenons aussi à être nous-mêmes présents aux autres, avec la même qualité de disponibilité, de don et de générosité. C’est la présence qui nous transforme pour que nous-mêmes, nous soyons présence de l’amour de Dieu auprès de nos frères.

Sybille: Pour désigner cette présence, on emploie parfois un mot assez compliqué: la transsubstantiation. Qu’est-ce que ça veut dire?

Mgr Rougé: C’est un mot qui n’est pas simple en effet, mais je crois que nous pouvons faire confiance à la capacité de compréhension des croyants et il ne faut pas chercher à simplifier au point d’être simpliste, mais permettre à chacun d’entrer dans la richesse du mystère.

Le mot «transsubstantiation» veut dire que le pain et le vin gardent l’apparence de pain et de vin, mais qu’il ne s’agit plus que d’une apparence et que cette apparence voile et signale en même temps la présence réelle du Christ lui-même.

Sybille: Ce n’est quand même pas facile, ça demande un gros effort de la raison et aussi de la foi...Pourquoi est-ce tellement voilé?

Mgr Rougé: Nous sommes dans le temps de l’histoire où Dieu nous a parlé. Dieu se rend présent pour nous conduire à la vie éternelle, où tout sera dévoilé. Et la part de voile de notre foi nous est donnée parce que nous sommes libres, pour que nous puissions entrer librement dans la découverte de la profondeur de Dieu. Et puis, Dieu est si grand que s’il se manifestait directement à nous, nous serions submergés par sa grandeur.

Et en même temps, il est très important de ne jamais opposer présence réelle et dimension symbolique de l’eucharistie.

Le pain, qui est la nourriture de base, révèle que le Christ est celui qui nous fait vivre.

Le vin, qui suscite la joie, révèle que, par sa présence, le Christ nous donne de la joie! C’est ce que les auteurs anciens appelaient la «sobre ivresse», que nous vivons dans l’eucharistie.

Donc vous voyez, on n’est pas simplement dans le voile, il y a un mystère de voilement et de dévoilement qui révèle l’amour de Dieu d’une manière qui respecte notre liberté et qui nous permet de grandir progressivement dans l’amour du Seigneur.

Sybille: Donc ce voilement et dévoilement, c’est avant tout pour nous laisser libres dans notre chemin vers le Seigneur. Mais il y a aussi des miracles eucharistiques, de temps en temps on a l’impression que le voile se déchire?

Mgr Rougé: De temps en temps, le voile se déchire, en effet. À travers l’histoire, il y a eu des miracles eucharistiques. Par exemple un linge d’autel sur lequel on a vu une tache de sang ou un fragment d’hostie qui prend l’apparence de chair. Ces miracles ont pu stimuler la foi des fidèles.

En même temps, je pense toujours à cette histoire qu’on raconte de la vie du roi Saint Louis, à qui on dit: «Venez vite, le Christ apparaît dans l’hostie consacrée!» et Saint Louis de répondre: «Mais je n’ai pas besoin de le voir apparaître pour savoir qu’il est présent.»

Sybille: Vous parlez de voilement, de dévoilement, de différents modes de présence du Christ... Avec le pain et le vin, on voit qu’il y a quelque chose de très physique. Communier, c’est «manger» l’hostie consacrée. Est-ce que c’est important que ce soit charnel?

Mgr Rougé: Nous sommes des êtres de corps et de cœur, et une des réalités magnifiques de la foi chrétienne, c’est qu’elle ne s’adresse pas simplement à nos esprits, elle s’adresse à nos personnes, corps et cœur.

Manger, c’est transformer en soi, c’est le principe de la digestion. Par le fait de manger le corps du Christ, c’est un peu l’inverse qui se passe: nous sommes progressivement transformés dans le Christ, habités par son amour.

Vous voyez, l’acte d’intégrer en soi, c’est une manière corporelle d’assumer l’attitude spirituelle d’accueillir le Christ. Le Christ se donne dans l’eucharistie pour que nous puissions le reconnaître et l’adorer comme notre Seigneur et notre Sauveur. Il nous nourrit pour que nous puissions vivre en sa présence avec la force qu’il nous communique. Il nous conduit pour que nous puissions marcher toujours plus loin dans le service de Dieu et le service de nos frères.

Sybille: Quand vous dites que le fait de communier au Christ va nous permettre de nous transformer progressivement, que se passe-t-il quand on ne peut pas communier? Quel chemin pour nous? Et puis d’ailleurs pourquoi est-ce que tout le monde ne peut pas communier?

Mgr Rougé: D’abord, nous avons tous à travailler à communier mieux et plus profondément avec le Christ. La communion parfaite, ce sera dans la vie éternelle. Ensuite, la communion, c’est aussi d’être rassemblés pour la célébration de l’eucharistie. Donc la communion au sens large ne se limite pas au fait d’aller communier sacramentellement.

Après, en effet, certaines personnes sont à la messe et ne vont pas communier. Les enfants qui n’ont pas fait leur première communion, des catéchumènes, qui n’ont pas encore reçu le baptême et la confirmation, et donc l’eucharistie. Il y a aussi des personnes qui, ce jour-là, parce qu’elles sortent d’une terrible colère, ou parce qu’elles n’ont pas été attentives, ne se sentent pas d’aller communier en pleine vérité, et puis il y a des personnes qui, en raison d’une étape de leur vie, ne sont pas en phase avec l’eucharistie au point de pouvoir y communier. Mais personne n’est rejeté.

Et la tradition, qui maintenant s’est beaucoup développée, que des enfants, mais aussi des adultes, puissent avancer les bras croisés sur les épaules pour recevoir une bénédiction, dit bien qu’en fait, nous sommes tous en chemin vers la plénitude de la communion.

Et je crois que le fait que tous n’aillent pas communier, même si, bien sûr, la communion est offerte très largement, aide l’ensemble des fidèles à mesurer le sérieux, la profondeur, la beauté de l’acte d’aller communier.

 

Télécharger la séance ICI:Le christ est reellement presentLe christ est reellement present 

1- Dieu se donne dans l'Eucharistie

Sacrement eucharistie communion3 e1523358947669Sybille: Bonjour père, après avoir découvert que le Seigneur m’appelle personnellement et qu’il se donne déjà à moi dans sa Parole, à la messe, Dieu se donne dans l’eucharistie: qu’est-ce que ça veut dire?

Père Drouin: C’est de fait assez mystérieux et en même temps absolument extraordinaire. Après s’être adressé à nous dans la liturgie de la Parole, Dieu se donne à la messe dans le pain et le vin, un corps livré, un sang versé. Livré, versé, c’est-à-dire donnés gratuitement par amour, pour nous qui, évidemment, ne méritons aucunement ce cadeau, cette grâce ! Vous savez, quand Jésus a partagé son dernier repas avec ses disciples, un repas d’à-Dieu en quelque sorte, il ne leur a pas d’abord laissé un message, comme testament, comme le font les grands personnages. Certes, il nous a laissé le commandement de l’Amour, aimez-vous les uns les autres, ce n’est pas si mal. Mais comme testament, il leur a donné, il nous a donné, son corps. Corps livré, sang versé. Joignant les actes à la parole. Comme toujours chez Jésus, il n’y a aucun écart entre ce qu’il dit et ce qu’il fait. Il se donne à nous, à la messe, exactement comme il l’a fait à la Croix, et comme il l’a fait tout au long de sa vie, par amour!

Sybille: Le pape François nous dit que participer à la messe, c’est aller à la rencontre de la passion et de la résurrection du Seigneur. On comprend alors qu’il nous dise que la messe n’est absolument pas un spectacle! On parle d’ailleurs de mémorial, non? Dans quelle mesure un mémorial est différent du fait de faire mémoire, ou de se souvenir à plusieurs d’un événement passé?

Père Drouin: Un mémorial, c’est beaucoup plus qu’un simple souvenir. Prenons un exemple: quand on fait mémoire du 14 juillet, on se souvient d’un événement passé. Mais qui est définitivement passé.

Le mémorial, au contraire, est une mémoire vive, vivante, agissante et ouverte sur l’avenir. Dans la Bible, le mémorial c’est ce que faisaient et que font encore les Juifs pour le repas pascal. Quand le père de famille raconte aux enfants le passage de la mer Rouge, il leur dit: «Ce que Dieu a fait [nous libérer de l’esclavage], il veut et il peut le refaire pour nous aujourd’hui.».«Les événements de l’Exode sont rendus présents à la mémoire des croyants afin qu’ils y conforment leur vie», nous dit le Catéchisme de l’Église catholique (CEC1363).C’est la même chose pour la messe, ce n’est pas un pieux souvenir du dernier repas que Jésus a pris avec ses disciples ni même un pieux souvenir de la Croix. À la messe, on est au pied de la Croix, comme les Juifs quand ils célèbrent la Pâque sont au bord de la mer Rouge. De manière très réaliste, car Dieu continue à agir, à nous sauver, comme il l’a fait pour son peuple poursuivi par les Égyptiens en ouvrant la mer, comme il l’a fait par amour sur la Croix en tuant la mort et la haine dans son propre corps (Ep2, 16).

Sybille: Et la messe est donc le mémorial de la Pâque du Christ, la messe nous rend participants de la victoire du Christ sur le péché et sur la mort. À la messe, ce qui s’est passé il y a deux mille ans est rendu présent, actuel, c’est ça?

Père Drouin: Les prêtres autrefois disaient que quand ils célébraient la messe, ils étaient au pied de la Croix. C’est très beau et en même temps très juste. À la messe, l’événement sauveur, c’est-à-dire le don radical de soi consenti par Jésus à la Croix, est présent, actif pour nous aujourd’hui. C’est cela, un mémorial: la mémoire vive, actuelle, d’un événement passé, et qui, de plus, ouvre un avenir. Car le salut nous remet en marche et rend l’avenir à nouveau possible, à nouveau vivable!

Sybille: En quelque sorte, à la messe, c’est comme si on se retrouvait au Cénacle pour la Pâque, puis à Gethsémani et au pied de la Croix, et finalement devant le tombeau vide du Christ ressuscité. Mais pourquoi c’est si important que nous, nous soyons là? Dieu l’a très bien fait il y a deux mille ans, sans nous, non?

Père Drouin: Vous avez tout à fait raison. À la messe, on est au pied de la Croix mais aussi, et peut-être surtout, on y fait la rencontre bouleversante de Jésus vivant. C’est magnifiquement mis en récit dans la belle scène des disciples d’Emmaüs dans l’évangile de Luc (Lc24, 30). Une scène qui est construite comme une eucharistie. Dans un premier temps, Jésus chemine avec les deux disciples (qui d’ailleurs ne l’ont pas reconnu) et leur ouvre l’esprit (qui était cadenassé, bouclé à double tour) à l’intelligence des Écritures. Puis, nous dit le texte, il se fait reconnaître «à la fraction du pain». Et il disparaît. Ses disciples reconnaissent sa présence au creux même de son absence. C’est cela, l’expérience eucharistique: une expérience de rencontre avec le Ressuscité. C’est ce que nous faisons à chaque messe, faire l’expérience de la présence du Christ ressuscité alors même qu’il est physiquement absent. C’est cette expérience bouleversante qu’ont faite les premiers disciples en rompant le pain, et qu’ils nous ont transmise, génération après génération, jusqu’à nous aujourd’hui.

Sybille: C’est important que nous soyons là parce que le Seigneur veut, dans chaque eucharistie, nous donner sa vie?

Père Drouin: Les conséquences sont évidemment immenses. L’eucharistie est certes une expérience de présence, une expérience de rencontre... mais ça va plus loin, elle est aussi une expérience de communion. De communion à la vie divine qui, en quelque sorte – et c’est l’image biblique du sang –, désormais coule dans nos veines. C’est comme si nous étions inoculés par la vie plus forte que la mort, cette vie de Dieu qui a relevé Jésus d’entre les morts et qui nous est offerte, gratuitement, gracieusement, à chaque eucharistie.

Sybille: Donc si je comprends bien, en plus d’être invitée personnellement, d’être nourrie par sa Parole, c’est la propre vie de Dieu que je reçois à chaque messe, comme si on me mettait une perfusion de son sang. Ça change tout!

 

Texte à télécharger ICI : Dieu se donne dans l eucharistieDieu se donne dans l eucharistie 

Rencontre du 4 novembre 2020 : Tous appelés à la sainteté !

Prière :

Guerison lepreuxSeigneur Jésus me voici devant Toi, avec ma vie partagée, avec ma soif de Te suivre et mes résistances à Tonappel à être un saint, avec mon désir d'aimer mon prochaine et mes égoïsmes, avec ma quête de lumière et mes obscurités, avec ma foi et mes peurs. Me voici devant Toi, tel que je suis et Tu m'appelles, chaque jour, à changer de regard et de coeur. Tu m'appelles à me tourner vers Toi, Tu m'appelles à déposer mes craintes et mes lâchetées, Tu m'appelles à me dépouiller de mes illusions, Tu m'appelles à laisser ta lumière se poser sur mes ténèbres, me voici devant Toi tel que je suis? Je veux te suivre, Seigneur. Enracine-moi dans la confiance.

 

chant : Jésus me voici devant Toi .

 

Quelques paroles de Saints

"Si tu veux être grand, commence par te faire petit " St Augustin

"Qu'est-ce que la sainteté , c'est le retranchement et l'éloignement des choses de la terre et en même temps, une affection à Dieu et une union à la Divine volonté" St Vincent de Paul

" Les saints sont saints pour avoir marché sur les traces de Notre Seigneur, pour avoir renoncé à eux mêmes et s'être mortifiés en tout" St Vincent de Paul.

 

 

Enseignement : 

Il avait été demandé un enseignment sur la Sainteté mais aussi sur les différents " échelons hierarchiques " qui améne au statut de saint. Je vais donc commencer par parler de cela afin d'ouvrir notre réflexion au sens de la sainteté et vous parler de ce chemin à partir de plusieurs questions.

1- Vénérable, bienheureux… Il existe plusieurs étapes avant d’accéder au statut de saint. Mais à quoi correspond la première étape, lorsqu'un "serviteur de Dieu" est reconnu vénérable?

L’assistante sociale, poète et mystique Madeleine Delbrêl a été déclarée vénérable par le pape François le vendredi 26 janvier 2018. Cette décision ouvre la voix à sa béatification, puis peut-être à sa sainteté. Mais que signifie la vénérabilité ?

C’est la première étape du processus de canonisation. «La vie de la personne proclamée vénérable est proposée en exemple aux chrétiens, mais sans aucun culte public», explique l'encyclopédie Théo. Ce statut atteste de l’héroïcité des vertus du «serviteur de Dieu». Cette héroïcité signifie un don de soi total et durable dans l’amour, selon la Conférence des évêques de France. Elle est décrétée par le pape, suite à l’étude d’un dossier complet sur le candidat par la Congrégation pour la cause des saints, à Rome.

Le dossier est constitué par un tribunal chargé d’enquêter sur la vie du candidat à la sainteté, saisi par l’évêque du lieu de sa mort (ou bien du lieu où il a vécu) s’il a jugé sa cause recevable. Lui-même a été alerté par un postulateur qui s’est appuyé sur la réputation de sainteté - exemplarité, rayonnement spirituel, influence positive, fécondité apostolique…-  de la personne. Pour ne pas confondre réputation de sainteté et enthousiasme populaire passager, un délai de cinq ans est demandé avant l’enquête (sauf dispense comme pour Jean-Paul II ou Mère Teresa), après la mort du candidat.

Le procès contradictoire

Le tribunal, composé d’un délégué de l’évêque, d’un promoteur de justice et d’un notaire actuaire, aidé de notaires adjoints si besoin, recueille sous serment les témoignages de ceux qui l’ont connu, et étudie le travail d’une commission historique chargé d’attester de la véracité des écrits qui l’entourent (les siens, les documents qui le concernent). Une fois rassemblée et scellée, l’instruction est transférée à Rome.
A Rome, la Congrégation pour la cause des saints organise un procès contradictoire réunissant rapporteur, postulateur, promoteur de la foi (également surnommé « avocat du Diable »), historiens et théologiens. Les cardinaux et évêque de la Congrégation donnent ensuite leur avis et si celui-ci est favorable, transmettent le dossier au pape, qui déclare alors l’héroïcité des vertus.

La reconnaissance comme bienheureux ?

Pour accéder au second statut, celui de bienheureux, un miracle doit être reconnu par une commission de médecins, puis de théologiens. Si le candidat est mort martyr, nul besoin de miracle car le candidat témoigne par sa mort d’une aide spéciale reçue de Dieu. Une fois bienheureux, le serviteur de Dieu peut être inscrit au calendrier liturgique de son diocèse ou de sa famille religieuse, à la date de sa mort. Un deuxième miracle, survenu après la béatification, doit être reconnu pour que le candidat soit déclaré saint et inscrit au calendrier de l’Église universelle.

Mais une fois que l'on dit cela, on ne peut s'arrêter ou alors nous aurions une foi de dictionnaire. Posons-nous la question de la sainteté de  vie: comment vivre en saint ou comment tendre à la sainteté ?

Remontons un peu l'histoire

2-Canonisation ou béatification ?

   Le culte des saints apparait spontanément au premier siècle dans les communautés chrétiennes. Et rapidement, ce culte se répand. Aujourd'hui, saints et bienheureux sont pléthore.

Quand commence donc la canonisation des saints ?

Aux premiers siècles de l'Église, le culte des saints est né spontanément autour d'une tombe de martyr et était le fait de la communauté chrétienne locale.

Vers 160, l'Église de Smyrne écrit aux Églises voisines après le martyre de l'évêque Polycarpe : "Là (sur sa tombe) peut-être le Seigneur nous accordera de nous réunir dans la joie et l'allégresse pour fêter l'anniversaire de son martyre".

Mais, rapidement, le culte d'un saint déborde les limites locales : dès le IVe siècle, l'Église romaine fête des saints d'Afrique : Cyprien, Perpétue et Félicité de Carthage.

Et l'Église d'Afrique fête saint Laurent de Rome et saint Vincent de Saragosse. C'est une sorte de canonisation de fait.

Peu à peu, les évêques s'estiment responsables du culte à rendre sur place à des martyrs, à leurs propres prédécesseurs, à d'autres personnages locaux, et veillent à écarter des abus venant de la crédulité populaire.

Assez souvent, à partir du IXe siècle, on voit le Pape intervenir, soit de son propre chef, soit à la demande des évêques pour donner plus de poids à leur décision.

Progressivement la canonisation va être réservée au Pape. C'est chose faite en 1234. Pour qu'un fidèle défunt soit déclaré saint, le Pape fait instruire un véritable procès sur sa vie, ses vertus et les miracles qu'il a accomplis de son vivant et après sa mort.

En canonisant saint Antoine de Padoue en 1232, Grégoire IX résume en deux mots ce qui est requis pour une canonisation : les mérites et les miracles. L'élan populaire pour le culte d'un saint personnage est nécessaire, mais contrôlé et même endigué par une procédure (un «procès») de plus en plus sévère.

Depuis plus de quatre siècles (1588), les procès de canonisation sont conduits jusqu'à leur terme par un organisme romain permanent, qui a pour titre (depuis Paul VI) Congrégation pour les causes des saints.

Leur nombre est en progression constante : 25 canonisés de 1588 à 1700, 29 au XVIIIe siècle, 79 au XIXe, 168 de 1900 à 1978. Mais Jean-Paul II a battu tous les records dans ce domaine : 482. Ce chiffre se caractérise notamment par le nombre des martyrs, par les groupes importants canonisés ensemble (103 en Corée, 117 au Vietnam, 120 en Chine), par l'universalité de la sainteté sur tous les continents, particulièrement le prix du sang versé par les jeunes Églises. A ce jour, Benoît XVI a canonisé 22 personnes.

À côté des canonisés, il y a les bienheureux.

Ce ne sont pas des saints de deuxième classe, mais la béatification constitue une étape avant la canonisation. Malgré la réserve de la canonisation au Pape, les évêques ont continué à reconnaître le culte de saints personnages dans leur propre diocèse : on parle alors de culte «restreint», ou «mineur» ; l'usage les fait appeler «bienheureux», pour les distinguer des «saints» canonisés.

Là aussi la centralisation, surtout après le concile de Trente, a joué. Les Papes aussi ont concédé( et bientôt eux seuls ) un culte local.

À partir du XVIIe siècle, la béatification a été accordée comme anticipation d'une canonisation prévue, mais retardée pour divers motifs. Puis, rapidement, comme degré indispensable dans le processus qui conduit normalement à une canonisation. Assez souvent, cependant, le processus s'arrête à ce degré.

Comme pour les saints canonisés, le nombre de «bienheureux» n'a cessé de s'amplifier : 77 au XVIIe siècle, 269 au XIXe, 799 au XXe jusqu'à 1978 et sous le seul pontificat de Jean-Paul II, le chiffre atteint 1 291..

La béatification ne faisait au début que l'objet d'un décret. L'insistance des évêques de France a obtenu, pour la béatification de François de Sales, une cérémonie à Saint-Pierre de Rome, la première du genre.

Ce devint bientôt la règle. Aujourd'hui, le procès de béatification est conduit avec la même rigueur que celui de canonisation, et les deux cérémonies (présidées par le Pape) ne se distinguent plus guère qu'à des yeux experts. Certains souhaitent même qu'on reconnaisse à la béatification actuelle la valeur d'une vraie canonisation.

D'autres se demandent si l'accroissement numérique des canonisés et béatifiés n'a pas un autre nom : l'inflation.

Béatifications : quel est le rôle du postulateur ?

Théologien, historien, enquêteur... Le postulateur est un acteur essentiel dans la décision de l’Église de béatifier ou de canoniser une personne.

Dans le véritable procès que constitue une cause en béatification ou en canonisation, le postulateur a un véritable rôle d’«avocat» du futur saint ou bienheureux. Selon les normes de la Congrégation des causes des saints, il «suit le déroulement de l’enquête au nom de l’acteur», c’est-à-dire le diocèse ou la congrégation religieuse qui porte la cause, et a la charge de conduire «les recherches utiles à la connaissance de la réputation de sainteté ou de martyre» du Serviteur de Dieu et de mettre en valeur les éventuels miracles ".

«Si des obstacles apparaissent, son rôle est de les faire lever, explique le trappiste Thomas Georgeon, postulateur de la cause de Mgr Pierre Claverie, des moines de Tibhirine et des autres martyrs d’Algérie. Mais nous avons le devoir de défendre la vérité : un bon postulateur ne doit jamais chercher à cacher les obstacles.» Ainsi pour la cause de Mère Teresa, où le postulateur polonais a dû faire avec la «nuit spirituelle» qu’a traversée la sainte, ou pour le martyre de Mgr Romero où il a fallu démontrer que l’évêque salvadorien avait bien été tué «en haine de la foi».

Dans la phase romaine, le principal travail du postulateur est de rédiger la positio, le rapport démontrant le martyre ou les «vertus héroïques» du futur bienheureux qui sera étudié par les théologiens de la Congrégation des causes des saints.
«Il s’agit d’être le plus synthétique possible, surtout quand on part d’une documentation de 15 000 pages», témoigne le père Georgeon. La congrégation demande aujourd’hui que la positio n’excède pas 500 pages. «Mais comme j’avais 19 martyrs, j’ai pu aller jusqu’à 1 500», explique le religieux.

Comment est choisi le postulateur ?

C’est l’acteur de la cause qui désigne le postulateur qui sera son représentant auprès des autorités ecclésiastiques tout au long de la procédure. «Le postulateur doit être expert en théologie, en droit canonique et en histoire, il doit connaître également les usages de la Congrégation des causes des saints», explique cette dernière qui a mis en place, à l’Université pontificale urbanienne, une formation de six mois mêlant histoire, théologie et droit canonique. «Quand vous sortez de là, vous savez comment vous débrouiller, reconnaît le père Georgeon. On y reçoit tout ce qui est nécessaire pour travailler à une cause.»

Spirituel, le travail du postulateur est aussi extrêmement juridique et, normalement, bien encadré par la congrégation. Pendant la rédaction de la positio, un postulateur est ainsi suivi par un rapporteur, comme un thésard avec son directeur de thèse. Chaque positio étant ensuite validée par le rapporteur général de la congrégation avant d’être transmise au congrès des théologiens présidé par le promoteur de la foi (l’ancien « avocat du diable » chargé de soulever toutes les objections possibles). «Le promoteur m’avait prévenu qu’il m’attendrait sur la démonstration du martyre, et le rapporteur m’a permis de bien cadrer mon travail, de ne pas me disperser et de vraiment me concentrer sur les éléments qui allaient aider les théologiens à travailler.» Ceux-ci ont rendu chacun un rapport de 150 pages avant d’approuver, à l’unanimité, la positio aujourd’hui transmise à l’assemblée des cardinaux et évêques membres de la Congrégation des causes des saints qui devra ensuite se prononcer sur le martyre.

Une partie du travail du postulateur est aussi de «se montrer» à la congrégation où un dossier – il y en a 2 500 en attente – peut parfois rester enterré vingt ou trente ans. «Le postulateur doit aller à la rencontre du préfet et du secrétaire pour leur montrer l’intérêt de la cause et la faire avancer», résume le père Georgeon, pour qui « être postulateur est un métier passionnant». «Il y a un vrai compagnonnage avec ces personnes ordinaires dont vous demandez que la sainteté soit reconnue, raconte-t-il. Les dix-huit mois passés à rédiger la positio ont été pour moi une expérience spirituelle et une vraie grâce, car ils m’ont accompagné tout ce temps.»

Combien coûte une cause ?

Le postulateur est aussi chargé d’administrer les biens de la cause. Celle-ci génère des frais, ne serait-ce que pour payer le travail de la congrégation ou les expertises demandées, y compris médicales quand il faut étudier une guérison miraculeuse. Certaines causes, qui font appel à la générosité des fidèles, peuvent ainsi générer beaucoup d’argent.

On estime qu’aujourd’hui les frais d’une procédure de béatification s’élèvent à 70 000 €, mais le journaliste Gianluigi Nuzzi a montré dans son livre "Chemin de croix" les dérives de certaines causes : ainsi 750 000 € pour Ces deux postulateurs (sur 450 accrédités par la congrégation) administraient à eux seuls 90 causes sur 2 500… Dans ce «business», certains postulateurs se seraient même vu proposer 15 000 € pour que l’on rédige la positio à leur place…

Face à ces dérives, le pape François a imposé une plus grande transparence et un contrôle des comptes des causes par la congrégation, les postulateurs devant aussi rendre compte régulièrement aux acteurs. L’argent subsistant sur les comptes des causes terminées est aussi reversé à un fonds de solidarité qui finance les causes pauvres. Les paiements en liquide ont aussi été bannis et une grille tarifaire de référence (non publique) a été mise en place. «Il y a aussi un véritable effort de transparence et on sait exactement ce qu’on va payer et quand», témoigne le père Georgeon, également postulateur de la cause du père Jean Bazin (1767-1855), prêtre du diocèse de Séez et fondateur des Sœurs de la Miséricorde.

 

3-Comment devient-on saint ?

   La sainteté est le don de Dieu se communiquant à nous : nous ne nous faisons pas saints, nous sommes "sanctifiés" ou, comme dit Paul, "justifiés", au-delà de nos défaillances.

Paradoxe : nous entrons dans la sainteté en croyant à notre sanctification, en croyant à l'amour de celui qui nous a aimés le premier. Ensuite en laissant le champ libre à cet amour qui nous est communiqué comme notre propre bien, notre propre dynamisme ; c'est bien ce que signifie le don de l'Esprit.

L'Esprit ne nous fait pas produire directement des actions concrètes conformes à l'Amour : il est «Conseil» et ne nous remplace pas en notre liberté, faute de quoi la «sainteté» de Dieu ne deviendrait pas nôtre. Mais croire en l'Amour sous le souffle de l'Esprit nous fait changer d'optique, de sagesse. Cette sagesse est celle des Béatitudes.

On remarquera que les Béatitudes ne nous prescrivent pas d'actions particulières mais nous ouvrent les portes d'un autre monde, celui des «Heureux», celui d'un bonheur dont on ne peut prendre conscience de l'extérieur. Seuls le connaissent ceux qui acceptent d'entrer dans ce «Royaume». On l'a répété, la Toussaint est la célébration de la victoire de Dieu qui est aussi la victoire de l'homme, de l'humain.

Canonisation: faut-il un miracle?

   À l'occasion de la canonisation de Jean XXIII et Jean-Paul II, un entretien avec Mgr Boccardo, archevêque de Spolète-Nursie et membre de la congrégation pour les causes des saints. Publié le 20 avril 2014. Mgr Boccardo a longtemps été cérémoniaire pontifical, responsable des JMJ et section jeunes (1991-2001), secrétaire du gouvernorat du Vatican et organisateur des derniers voyages du Pape Jean-Paul II et des premiers de Benoît XVI.

Voilà résumée sa pensée :

Pour qu’un saint puisse être canonisé, on a besoin de miracles authentifiés (sauf pour les martyrs). Or, voilà que le pape François décide de canoniser Jean XXIII sans miracles.  Pourquoi ?

La sagesse de l’Eglise demande qu’un  miracle confirme ce qu’elle affirme. Proclamer quelqu’un saint,   c’est  le proposer comme exemples aux autres chrétiens. Bien sûr, on sait qu’un   saint n’est pas parfait, qu’il a des défauts, comme chacun, mais le saint est celui qui aura  essayé de mettre en pratique le message de Jésus.  Par le processus de canonisation, on reconnait que dans sa vie il a engagé toutes ses possibilité pour suivre le Christ. Mais quand on a tous les témoignages, que l’on a suivi tous les parcours, on attend « une confirmation du ciel » on attend que grâce à sa prière, Dieu intervienne d’une manière extraordinaire dans la vie de quelqu’un. C’est un miracle. L’Eglise confirme ainsi la sainteté de la personne.  Cela se passe ainsi pour la majeure partie des saints. Mais il y a des cas ou le pape de par  son autorité, dispense de cette formule classique, faisant ainsi confiance au  sens du peuple de Dieu qui attribue à certains une  puissance d’intercession. On fait confiance à  une attitude spontanée des fidèles qui reconnaissent  qu’une personne est  sainte,  qui disent la prier et avoir ainsi   recours à elle. Ce consensus spontané  permet au pape de reconnaitre que c’est  l’Esprit saint qui  inspire le peuple. La personne est ainsi déclarée sainte.

Cela arrive t-il souvent?

Ce genre de canonisation sans miracles reste très exceptionnelle..  Elle s’est  appliquée récemment  à l’un des fondateurs des jésuites,  Saint Pierre Fabre et à la mystique  Angèle de Foligno, dont la  réputation de sainteté était tellement répandue que le pape n’a fait que l’accueillir et la confirmer.   C’est ce qui se passe aujourd’hui  pour Jean  XXIII à qui est attribuée une grande puissance d’intercession et dont la réputation  de sainteté demeure, s’approfondit et se répand dans l’Eglise entière.

 Le pape François, comme d’ailleurs ses prédécesseurs, béatifie et canonise en grand nombre. L’Eglise a-t-elle tellement besoin de saints ?

 Aucune canonisation n’est indispensable. C’est l’Évangile de Jésus-Christ  et les sacrements qui le sont. Les saints nous  aident,  nous  rapprochent de Dieu. Ils nous disent que l’Évangile les a rendus heureux. L’Église produit de saints, c’est la mère des saints, et l’Evangile continue après 2000 ans de porter  des fruits de sainteté. La sainteté ce ne sont donc pas les miracles, c’est la vie chrétienne vécue saintement

 

4-Qu'est-ce qu'un saint ?

   Les saints nous semblent souvent des êtres à part, inaccessibles, qui planent dans les hautes sphères de la perfection. Et pourtant, ce sont bien des hommes et des femmes comme nous.

"Les saints ne sont pas des héros, des supermen, comme Napoléon, Toutankhamon ou Tarzan"

Ce sont des hommes et des femmes ordinaires, qui ont dit oui à Dieu. Dieu seul est saint, il est la sainteté. Et les saints, comme le disait saint Paul, ne sont que le reflet de sa gloire. Ce sont des aventuriers de l'essentiel. Ils se donnent à Dieu et se laissent envahir par lui. Un peu comme Abraham.

On ne sait pas trop où l'on va, si on savait, on ne partirait peut-être pas. Il faut d'abord se donner à Dieu. Dans la première partie de sa vie, Vincent de Paul cherche à mettre Dieu dans ses affaires, à faire une belle carrière. Puis il se donne à Dieu. Et c'est lui qui se met aux affaires de Dieu.

Les saints ne sont que des hommes, avec leurs défauts, leurs faiblesses.

Saint Paul est casse-pieds, invivable. Saint Pierre met sans cesse les pieds dans le plat. Ce ne sont pas des hommes parfaits. Ils sont appelés à la perfection, à la sainteté, comme nous tous. Il y a du divin dans chaque homme. De temps en temps, l’Église désigne tel ou tel. Aujourd'hui, on pense à l'abbé Pierre ou à Mère Teresa.

Mais cela ne signifie pas que telle petite sœur qui fait la cuisine depuis soixante ans dans son couvent et que personne ne connaît, n'est pas aussi sainte. L’Église propose des «top-models» en quelque sorte. Il ne faut pas les imiter tels quels mais s'en inspirer. Celui que nous devons imiter, c'est le Christ, comme les saints ont essayé de l'imiter. C'est un appel. On y répond. Ou pas. À condition de ne jamais oublier Dieu. Le seul modèle c'est le Christ. Si on le suit, on est en bon chemin vers la sainteté !

 

VeuvePrière 

"Dieu notre Père, des hommes et des femmes de tous les temps ont essayé d'être des saints pendant leur vie passée sur cette terre, en suivant les pas de Jésus ton fils bien aimé, notre Seigneur. Nous Te louons en communion avec tous ces saints. Nous Te demandons de vivre maintenant dans la joie de ceux qui ont mis le Christ au centre de leur vie dans l'espérance de la Résurrection. AMEN

chant : Mets ta joie dans le Seigneur

 

 

Pour terminer une litanie des saints qui nous vient du congo 

 

Date de dernière mise à jour : 23/03/2021

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